Malgré les annulations en cascade, l’édition 2024 du Cabaret Vert a rassemblé 107000 festivaliers durant quatre jours à Charleville-Mézières, attestant de la singularité de cet événement qui se renouvelle d’année en année. Retour sur une édition pas comme les autres

L’édition 2024 du Cabaret Vert s’est achevée par un sold out le dimanche 18 août à Charleville-Mézières. L’affiche de ce dernier jour qui se voulait plus rock et métal, avec des têtes d’affiche comme Shaka Ponk, Louis Tomilison ou encore Korn, a rassemblé 32.000 personnes. C’était d’ailleurs le seul jour complet de cette 18e édition qui aura attiré au total 107.000 festivaliers sur quatre jours. Retour sur les deux premiers jours de cette édition pas comme les autres autour de Macklemore, JP Harley, Fontaines D.C, Shay, Kaaris, 21 Savage ou Irène Dressel.

De nouveaux aménagements

En décidant d’agrandir son site cette année, le Cabaret Vert avait pour objectif d’accueillir plus de monde. C’est ainsi que la scène Zanzibar a été déplacée du stade Bayard vers le site de la Macerienne, avec pour objectif de pouvoir recevoir 40.000 spectateurs. Mais cet objectif est loin d’avoir été atteint, puisque le dimanche, seule journée sold out de cette édition, ils n’étaient que 32. 000 festivaliers. « On ne veut pas aller au-delà de 32.000 festivaliers pour l’instant, parce qu’on ne veut pas griller les étapes… » reconnaissait en conférence de presse bilan le dimanche en fin d’après-midi, le directeur du festival, Julien Sauvage. Et c’est avec raison. Cette seule journée sold out a vu affluer un monde considérable, rendant les déplacements sur le site, presque impossible, la gadoue provoquée par la pluie de la veille, n’arrangeant pas les choses. La scène des Illuminations a de son côté été positionnée sur le stade Bayard

Au-delà de cet aspect, les festivaliers étaient plutôt satisfaits du nouvel aménagement qui a nécessité de nombreux changements en commençant par l’entrée du festival qui a déménagé de l’autre côté de la rue Voltaire, « le premier jour n’était pas satisfaisant, mais on a travaillé avec la municipalité pour améliorer les choses » tempère Julien Sauvage. Cette année, c’était donc du vert, du jaune et du bleu, avec des scènes réaménagées autour de la Meuse, qu’il fallait traverser grâce à deux passerelles. Deux espaces de restauration avec tables et assises étaient à disposition du public, donc la nouvelle zone installée sur une partie du stade Bayard.

Annulations en cascade

Deux semaines avant le début de l’édition 2024, l’une des têtes d’affiche de la première journée, le groupe de rock alternatif Queens Of The Stage Age, ouvrait le bal en annulant sa venue. Une déconvenue que certains fans appréhendaient déjà, puisque le groupe avait dû annuler ses dates en Europe pour cause d’incapacité de son guitariste blessé. Malgré les efforts de l’organisation pour trouver un remplaçant, aucun des artistes contactés n’était disponible. Prevue à l’affiche le deuxième jour, la rappeuse Meryl a dû renoncer à cause d’un problème de logistique. Elle a été remplacé au pied levé par le rappeur Kaaris, « on a voulu montrer qu’on ne se fout pas de la gueule des festivaliers », abonde le directeur. De son côté, l’artiste Tif qui était prévue à l’affiche du vendredi, a annulé sa venue et a été remplacé au pied levé par le gagnant de la 3e saison de l’émission Nouvelle École sur Netflix, Youssef Swatt’s.

l’assomption du premier soir

L’histoire retiendra que la 18e édition du Cabaret Vert a démarré un jeudi 15 août, jour de l’assomption. Un jour férié où généralement les gens se retrouvent en famille. Mais ce qu’il faut savoir avec le festival ardennais, c’est qu’il ressemble à une véritable famille où ces membres sont heureux de se retrouver chaque année pour faire la fête durant 5 ou 4 jours. Cette année, les sanglichons se sont donnés rendez-vous du 15 au 18 août à Charleville-Mézières, pour vibrer au rythme de leur festival préféré.

Le premier soir en question, c’est le groupe punk Destroy Boys qui a eu l’honneur d’inaugurer la scène Zanzibar dans son nouvel emplacement. La reine du rock anglais PJ Harley a pris la suite pour une heure quinze de show sans véritable saveur. Revisitant une partie de sa longue carrière, elle n’aura pas de véritable interaction avec le public, hormis quelques mots échangés, et quittera la scène quinze minutes plus tôt que l’horaire indiquée.

Les irlandais de Fontaines D.C. nous ont prouvé une fois de plus qu’ils étaient maîtres dans l’art de jongler avec des guitares bien aiguisées.

Cette première journée s’est achevée en beauté sur la grande scène avec le show explosif et très engagé de la star américaine Macklemore. Débarquant sur scène en arborant une veste avec un drapeau palestinien, le rappeur originaire de Seattle a livré de nombreux messages sur les conflits qui embrasent une partie du monde actuellement. Il a évoqué la situation au Congo, au Soudan après avoir milité pour la fin des bombardements sur Gaza, « je veux qu’ils sachent qu’on ne les oublie pas ». Moment de vive émotion quand il a interprété son titre « Hind’s Hall » sur le conflit israélo-palestinien, où lorsqu’il a fédéré le public autour de son tube « Thrift Shop ». Très heureux d’être de retour dans le pays où ses grands-parents se sont dit oui, l’artiste auréolé de plusieurs Grammy Awards et défenseur des droits civiques, a ramené dans ses bagages son dernier album Ben sorti en 2023.

Le rap en majesté le deuxième jour

Après une première journée explosive, la deuxième comme à son habitude, était très teintée rap ou rnb. Vainqueur de la 3e édition de Nouvelle Ecole, la compétition de rap diffusée sur Netflix, le belge Youssef Swatt’s, qui se produisait sur la scène du Greenfloor vendredi en milieu d’après-midi, a prouvé selon ses termes, que « le meilleur rappeur de France vient de Belgique ».

En début de soirée, c’est une autre belge en la personne de la « Jolie go » Shay qui imprimait son style unique sur la scène Zanzibar. Arrivée dans un décor sous forme d’échafaudage, précédée par ses guerrières de danseuses, la rappeuse fera monter la température grâce à ses atouts de charmeuses qui a appâté le public. Que ce soit à cheval sur une moto ou collée serrée avec ses danseuses, sa prestation sera teintée de sensualité. Normal nous diriez-vous, quand on peut s’offrir le même chorégraphe que Madonna.

Quant au rappeur américain 21 Savage, dont c’était la seule date française de l’été, il semblait bien seul sur la grande scène où des images étaient projetées sur écran géant pour accompagner sa prestation, devant un public clairsemé. À noter qu’avant son entrée sur scène, il a eu droit à une première partie assurée durant quinze minutes par un autre rappeur dont on ne connaît toujours pas l’identité.

Annoncé la veille pour le lendemain en remplacement de Meryl, le rappeur Kaaris, qu’on aime ou qu’on déteste, a créé la surprise en rassemblant une foule immense devant la scène des illuminations où il se produisait. Une scène qui a semblé très petite pour la guerre que le rappeur était venu livrer, alors que l’on n’était pas préparé à ça.

Tandis que le rappeur marseillais Sch était chargé de clore cette 2e journée sur la grande scène, nous on a préféré aller s’ambiancer au milieu des arbres de la scène greenfloor et au rythme de la techno qui tabasse de Irène Dresel. Un spectacle à la fois visuel et sonore derrière ses platines, qui a fait le bonheur des noctambules et de ceux qui cherchaient une alternative à cette journée rap.

Rendez-vous demain pour la suite de cette escapade ardennaise, avec les journées du samedi et dimanche.