Avec à l’affiche la diva Lana Del Rey, le groupe de rock italien Måneskin, le producteur de musique pop électro Fred Again, la reine du rock anglais PJ Harvey, ou encore l’accueil d’une étape du relais de la Flamme Paralympique, le festival Rock en Seine a battu son record de fréquentation en rassemblant 182.000 festivaliers.
Nouveau record pour le festival Rock en Seine, qui a rassemblé 182.000 festivaliers pour son 21e anniversaire, battant ainsi le précédent record établi lors de sa 18e édition en 2022 avec 150.000 festivaliers sur quatre jours. Il faut dire que la programmation de cette édition 2024 qui comprenait des têtes d’affiche comme Lana Del Rey, qui a joué à guichets fermés le soir d’ouverture, ou encore le passage de la flamme olympique le dernier soir, entre le concert de la reine du rock anglais PJ Harvey et celui des LCD Soundsystem sur la grande scène, avait de quoi susciter beaucoup d’intérêt.
Entre la grande scène, la scène Cascade, la scène du Bosquet, la scène Firestone et la scène Île-de-France, il y en avait pour tous les goûts sur les plus de 90 artistes qui ont défilé sur les cinq scène du festival, qui réunit chaque année le meilleur de la scène électro pop rock française et internationale. Retour sur une édition historique.
Mercredi 21 août |Lana Del Rey, Pomme, Towa Bird …
Le coup d’envoi de cette nouvelle édition a été donné le mercredi 21 août peu après 17h. À l’image de l’année dernière avec l’américaine Billie Eilish, la journée d’ouverture était 100% féminine et affichait complet depuis huit mois, avec au menu une autre américaine et pas des moindres, la diva internationale Lana Del Rey. Une exclusivité Rock en Seine dont on vous en parlait le lendemain de sa prestation, jeudi dernier.
Bien avant le show en majesté de la star américaine, c’est avec l’ancienne guitariste de Olivia Rodrigo, en la personne de la chanteuse et musicienne Towa Bird, que nous avons débuté cette édition anniversaire. Notre arrivée tardive et l’affluence monstre, ne nous ont pas permis d’apprécier sa proposition, mais ce n’est que partie remise.
Avec plusieurs Victoires de la Musique au compteur, Pomme était la dernière artiste à précéder Lana sur la grande scène avec son Consolation Tour. Difficile pour elle de capter toute l’attention du public quand on sait pour qui les 40.000 personnes on fait le déplacement, mais l’artiste ne s’est pas avouée vaincue pour autant. Devant son décor composé de champignons, elle a eu une pensée pour les personnes queers présentes dans l’assemblée et dédie une chanson à Barbara, qui l’a très souvent inspirée.
Jeudi 22 août | Måneskin, Gossip, The Hives, Destroy Boys, The last dinner party …
Avant leur concert à l’Olympia à paris en octobre prochain, le groupe anglais The last Dinner Party, composé de cinq musiciennes, a montré au public francilien à quoi il fallait s’attendre, en livrant l’une des prestations les plus emblématique de cette édition. Alors qu’on cherchait à étancher notre soif, nous sommes tombés sur le groupe punk Destroy Boys, qu’on avait découvert une semaine plus tôt au festival le Cabaret Vert. Toujours aussi électrique et trash, la chanteuse et guitariste Violet Mayugba, grâce à sa tenue très osée et ses interactions sans équivoque.
De l’autre côté de la grande scène, le groupe suédois The Hives ne se faisait pas trop d’illusions, il savait très bien que la majorité du public présent sur la pelouse ne lui était pas acquis. Ce qui n’a pas empêché le chanteur Pelle Almqvist de fédérer toute cette foule autour de leur univers, en jouant les chauffeurs de salle, et dans la langue de Molière s’il vous plaît. Un exercice très olympique et énergique, qui a fait « Tick tick boom » à la fin.
De retour après douze ans d’absence, le groupe américain de rock Gossip, emmené par sa chanteuse Beth Ditto, s’est produit pour la première fois à Rock en Seine. Ramenant dans ses bagages son dernier album Real Power, la formation a peiné à convaincre le public qui s’attendait à un show à la hauteur de leur réputation. Quittant la pelouse de la scène Cascade comme beaucoup pour le show de Måneskin sur la grande scène, on entendra au loin Beth Ditto reprendre « L’homme à moto » d’Edith Piaf, mais c’était trop tard.
Mais celui qui a fait déplacer les foules le deuxième jour, c’est le groupe de rock italien Måneskin, vainqueur de l’édition 2021 de l’Eurovision devant notre Barbara Pravi nationale. Devant un public relativement jeune, le chanteur Damiano David a prouvé qu’il était une rock star, même si on l’a préféré au moment d’interpréter leur tube en italien « Zitti e bueno », que lorsqu’il enchaînait les titres en anglais. Lors de ces quatre-vingt-dix minutes de show, la bassiste Victoria De Angelis fut impressionnante en allant plusieurs fois au contact du public dans la fosse, tandis que le guitariste Thomas Raggi, abreuvait le public de ses solos de guitare interminables, comme en fin de prestation lorsqu’il a eu du mal à couper le son de son instrument, révélant ainsi une bande son préenregistrée. Pour les absents, faudra prendre sa mal en patience, car c’était la dernière date de leur tournée.
Vendredi 23 août | Fred Again, Soulwax, Thomas de Pourquery …
Comparé à l’affluence de la veille, il n’y avait pas grand monde à notre arrivée au Domaine National de Saint-Cloud le 3e jour peu avant dix-sept heures. Sur la grande scène, c’est Thomas de Pourquery, dont le dernier album Let the Monster fall, a été dévoilé en mars dernier, qui nous attirait avec sa voix qui oscillait entre grave et aiguë. Accompagné de ses trois musiciens et parfois du chœur de Radio France, l’artiste au crâne rasé était le digne représentant du courant jazz de la journée avec sa maîtrise du saxophone. Sa reprise du titre « Heroes » de David Bowie, a achevé de nous convaincre qu’il méritait une audience beaucoup plus importante que celle devant laquelle il s’est produit vendredi dernier.
En clôture de la scène Cascade, les frères belges Stephen et David Dewaele, qui forment le duo Soulwax, ont livré un set très dansant durant une heure. Aidé de trois batteries montées sur un échafaudage et de leurs musiciens, le tandem ne s’est pas fait prier pour livrer une prestation du tonnerre à rendre sourd, avec notamment leur remix « Work It » de Marie Davidson.
Pour sa seule date de l’été en France, c’est sur la grande scène de Rock en Seine que le chanteur et Dj Londonien Fred Again, a posé ses valises vendredi dernier, deux ans après son dernier passage. Il n’en fallait pas plus au public pour savoir qu’il allait se déchaîner sur le set endiablé du producteur de musique électronique, après son arrivée sur une nacelle géante. Durant quatre-vingt-dix minutes, il régalera les amoureux d’électro avec ses tubes dont « leavemealone » et retournera la fosse en la transformant en club géant à ciel ouvert. Pour nous ce ne fut pas une surprise car on avait encore en tête sa prestation dantesque en clôture de la 30 édition du Sziget festival.
Samedi 24 août | Massive Attack, Nation of Language, Blonde Redhead …
Comme annoncée depuis le début de cette édition, la pluie s’est invitée sur le festival l’avant dernier jour pour jouer un peu les troubles fête. Mais c’était sans compter sur la détermination des festivaliers, qui avaient pris leur précaution à l’avance. Ni sur les artistes à qui cette averse a soudainement donné un coup de chaud, à l’instar Kazu Makino, la chanteuse du groupe new-yorkais Blonde Redhead, qui est allée jusqu’à faire tomber la chemise durant sa prestation sur la scène Cascade. Accompagnée de ses deux acolytes, les frères jumeaux Amadeo et Simone Pace, le trio a fait tout son possible afin que la température ne descende pas en dessous de « 23″. Une référence à leur 7e album sorti en 2007 et dont il était beaucoup question ce jour-là.
Pour son 4e passage à Rock en Seine, le duo électro Massive Attack n’est pas venu tout seul, puisqu’il était accompagné de plusieurs artistes avec lesquels il a l’habitude de collaborer. À l’image Déborah Miller sur « Unfinished Sympathy », le groupe Young Fathers sur « Voodoo in my blood » ou encore Elizabeth Fraser dont la voix a envoûté toute l’assistance sur « Teardrop« . Mais le groupe anglais s’est aussi mis une partie du public à dos, en transformant leur show en véritable meeting politique, grâce à des visuels interpellants sur la situation en Palestine et un appel au cessez-le-feu, ou encore des messages anti-Trump. Une prise de position qui n’était pas du goût de tout le monde, certains arguant que ce n’était ni le lieu, ni l’endroit, mais qu’est-ce que ça faisait du bien.
Dimanche 25 août | LCD Soundsystem, Pixies, PJ Harvey, Róisín Murphy …
Le dernier jour de cette 20e édition, nous avons fait la connaissance de la chanteuse irlandaise Róisín Murphy, dont l’univers enchanteur nous a beaucoup séduit. Programmée sur la scène Cascade après la révélation Zaho de Sagazan, elle a su appâter le public avec une prestation au cours de laquelle elle changeait de tenue en passant d’un titre à l’autre.
Pour le dernier concert de sa tournée européenne à Rock en Seine le dimanche 25 août, la reine du rock anglais PJ Harvey, nous a un peu laissé sur notre faim. Évoluant dans un décor très intimiste, l’artiste de 54 ans qui venait défendre son dernier album I Inside the old year dying, semblait dans un monde parallèle. Enchaînant les titres de son répertoire parmi lesquels ses plus grands succès comme « Down by the water » ou « The desperate Kingdom of love », sa prestation manquera d’interaction avec le public entre les chansons. Une entorse qu’elle rattrapera à la fin en remerciant le public de l’accueil chaleureux pour ce qui constitue sa troisième venue au festival.
En remplacement du groupe The Smile, le groupe américain Pixies a fait la joie de leurs fans venus en nombre vivre un set très rock de quatre vingt minutes. En attendant la sortie de leur prochain album prévue avant la fin d’année, la bande a régalé avec ses nombreux hits dont le tube planétaire « Where is my mind », repris en chœur par un public d’aficionados.
En tête d’affiche de clôture sur la grande scène, on appréhendait un peu le concert de LCD Soundsystem qu’on connaissait mal, surtout après avoir été déçu de la prestation du groupe The Strokes, programmé en clôture de la dernière édition. Mais nous avons été agréablement surpris par James Murphy et sa bande. Le groupe a clairement offert au public qu’il considérait ce soir là comme « All my friends », une apothéose des plus remarquables en revisitant les titres issus de son répertoire au rang desquels « You wanted a hit », « New-York I love you » ou « Someone great » que James Murphy dédiera à son ami Justin Chearno, décédé récemment. Un live énergique et fédérateur sur lequel la foule s’est défoulée comme jamais, surtout quand « Dance Yeself Clean » a transformé le parc du Domaine de Saint-Cloud, en discothèque à ciel ouvert avec cette énorme boule à facettes sur la scène. Pour un groupe qui n’a pas sorti d’album depuis American Dream en 2017, il fallait vraiment le faire.
Rock en Seine porte la flamme
Labellisé Olympiade Culturelle avec la promesse de s’ouvrir au monde sportif et olympique, comme annoncé à la fin de son édition 2023, Rock en Seine a tenu sa parole. Une série d’animations en lien avec les jeux paralympiques, était proposée aux festivaliers au niveau de l’espace « Fair play ». Le denier jour, le festival accueillait une étape du relais de la Flamme Paralympique, trois jours avant le lancement de la compétition prévue le mercredi 28 août. C’est ainsi qu’à 21h30, avant le dernier concert sur la grande scène, le passage de relais a été effectué entre la Dj Barbara Butch (victime de cyberharcèlement au lendemain de sa participation à la cérémonie d’ouverture des JO le 26 juillet dernier) pour qui s’était important d’être présente pour « visibiliser toutes les personnes qui sont invisibles… », l’athlète paralympique Hélios Latchoumanaya ( médaillé de bronze Tokyo 2020 et en lice pour les Jeux Paralympiques de Paris 2024 le 7 septembre prochain ), et la dessinatrice franco-iranienne Marjane Satrapi.
