Pour sa 33e édition qui s’est déroulée du 10 au 13 octobre dernier dans le cadre idyllique du J4 à Marseille, la fiesta des Suds a envoûté un public de mélomanes en quête de nouvelles découvertes musicales

Depuis son lancement en 1992, la Fiesta des Suds est devenue un événement culturel incontournable qui se tient chaque année à Marseille au mois d’octobre. Connu pour son esprit inclusif et sa capacité à rassembler différentes cultures et genres dans un environnement festif, le festival, qui tenait sa 33e édition du 10 au 13 octobre dernier, a attiré un public diversifié en proposant un large éventail de styles musicaux, de la musique du monde, du reggae à l’électro, au rock et au hip-hop.

Invitée spéciale de la Cité des Minots, la star internationale de musique africaine Angélique Kidjo était la principale tête d’affiche de la dernière journée dédiée aux familles. Avec le soutien de la ville, toutes les générations étaient invitées à se retrouver au cours de « La Fiesta des Familles », gratuite pour l’occasion, le dimanche de clôture. Retour sur l’édition 2024 de cet événement majeur de l’automne dans la cité phocéenne, réputée pour son mélange des musiques du monde entier avec les talents locaux.

Face à la mer, les musiques du monde

Selon ses propres aveux, c’était le premier concert où elle était obligée de se vêtir. Face à la mer et sur l’esplanade J4 où elle se produisait jeudi dernier en ouverture du festival, Ayo a réchauffé le public avec sa voix gracieuse et ses paroles sincères. Une prestation chargée d’émotion et pleine d’âme, au cours de laquelle l’auteure compositrice connue pour son mélange de musique folk, reggae et soul, a abordé les thèmes de l’amour, de l’espoir et de la résilience. « Face à la haine, toujours choisir l’amour (…) C’est grâce à vous que que je fais ce que j’aime. Merci du plus profond de mon cœur… ». Un instant Royal, à l’image de son dernier disque sorti en 2020 et de son tube Down on my knees, qui s’inscrit dans l’esprit du festival de célébrer la diversité culturelle.

Selon ses propres mots, c’était le premier concert où elle était obligée de se vêtir. Face à la mer, sur l’esplanade J4 où elle se produisait jeudi dernier en ouverture du festival, Ayo a réchauffé le public avec sa voix gracieuse et ses paroles sincères. Une prestation chargée d’émotion et pleine d’âme, au cours de laquelle l’auteure-compositrice, connue pour son mélange de folk, reggae et soul, a abordé les thèmes de l’amour, de l’espoir et de la résilience. « Face à la haine, toujours choisir l’amour (…) C’est grâce à vous que je fais ce que j’aime. Merci du plus profond de mon cœur… ». Un instant royal, à l’image de son dernier disque sorti en 2020 et de son tube « Down on my knees », qui s’inscrit dans l’esprit du festival de célébrer la diversité culturelle.

Le même soir, l’icône du rap français MC Solaar faisait un tabac devant un public intergénérationnel, comme nous en faisions écho ici même dès le lendemain. Une soirée d’ouverture qui affichait complet, avec 8 000 personnes présentes sur le site.

Lire aussi : MC Solaar a rendu dingue le public de la Fiesta des Suds

De retour sur scène après huit ans d’absence avec un sixième album, La Réplique (sorti le 1er mars 2024), la chanteuse pop latino Olivia Ruiz, révélée par la Star Academy en 2001, était de passage à Marseille vendredi 11 octobre pour la Fiesta des Suds. Une occasion pour l’artiste, connue pour son célèbre album à succès La Femme Chocolat (qui lui a valu une Victoire de la Musique), de revenir sur ses titres emblématiques comme Elle panique, mais aussi d’interpréter des nouveautés à l’instar de « Le Sel », sa déclaration d’amour à son fils. La star brésilienne Flavia Coelho a, quant à elle, offert un moment solaire aux festivaliers, aidée par son nouvel album Ginga.

La pluie, qui s’est abattue sur Marseille le samedi 12 octobre, n’a pas eu raison de la prestation de la guerrière Fatoumata Diawara. Guitare électrique en bandoulière, la diva malienne a fait sensation avec son mélange d’afrobeats, d’électro-pop et de jazz, des saveurs que l’on retrouve dans son dernier album London Ko. Une musique qui dépasse les frontières, portée par la voix douce et puissante d’une artiste engagée, qui n’hésite pas à prendre position contre l’excision, encore pratiquée dans de nombreux villages au Mali.

Le groupe Danakil de son côté ne pouvait pas mieux espérer débuter sa nouvelle tournée, que par un festival qui épouse ses valeurs de fraternité et d’ouverture. Auteur d’un 7e album Demain peut-être, dévoilé le 27 septembre dernier, le groupe phare du reggae français amené par son chanteur et leader Batik, s’est inspiré de l’actualité pour décrire à travers ses textes, le monde dans lequel nous évoluons. N’hésitant pas à pointer du doigt les injustices et les inégalités qui gangrènent la société, afin de pousser à la réflexion dans un esprit fédérateur comme seul le reggae a le secret.

Les atouts cœur de la fiesta

Le premier soir, c’est au rythme de leurs chansons orientales et mélancoliques qu’on a fait corps avec le groupe Orange Blossom. Venu défendre son dernier album Spells From The Drunken Sirens, le groupe a transporté le public avec son mélange d’instruments et rythmes traditionnels divers, créant un son hypnotique et atmosphérique. Une expérience immersive à l’énergie rock débordante et enivrante, qui a surpris plus d’un.

Élue en 2024 meilleure rappeuse de langue espagnole par le magazine Rolling Stone, la Franco-Chilienne Ana Tijoux a livré un show engagé, elle qui a fait de toutes les formes de discrimination son cheval de bataille.

Découvert par hasard aux Transmusicales l’année dernière, le multi-instrumentiste Sami Galbi avait bluffé avec son électro-raï. Depuis, l’artiste basé à Lausanne a pris du galon et ne cesse d’étendre son influence, comme lors de cette dernière Fiesta, où sa prestation n’a laissé personne de marbre. Alors que son répertoire ne comptait encore que trois titres comme « Dakchi Hani », il a pu tester son nouveau single « Kiss », dévoilé un peu plus tôt ce jour-là.

Servant de tremplin aux artistes régionaux, la Fiesta des Suds accueillait cette année deux lauréats de la scène locale. D’un côté, le duo fraternel King Crab, lauréat du tremplin Riffx, dont le nouvel album Tomorrow Can Wait est disponible depuis le 4 octobre dernier. Un projet pop et funk très dansant, porté par le délicieux « The Roof », qui résonnait bien à l’ombre du Vieux-Port, malgré l’absence d’un coucher de soleil qu’il fallait imaginer. De l’autre, le lauréat du tremplin Orizon Sud, Jon Onj, dont le charme à la Prince, couplé à l’ambiance très sexy de son live, a eu raison du public.

Sur la plus petite scène du festival, on a fait la connaissance du duo Benzine, formé par Samir et Farid, et de leur « raï machine » très épicée. Avant d’aller s’ambiancer pendant une heure sur le DJ set de Faïza, alias La Louuve, qui nous a emportés dans un trip house teinté de raï. Une échappée belle durant laquelle on s’est laissé porter par des rythmes entraînants du Maghreb, tandis qu’elle arborait fièrement un drapeau palestinien en soutien à cette cause.

Rendez-vous en 2025

La Fiesta des Suds 2024 a une fois de plus incarné l’esprit d’ouverture et de diversité culturelle propre à Marseille. Rendez-vous est d’ores et déjà donné les 9, 10, 11 et 12 octobre 2025 pour une 34e édition qui promet encore de belles découvertes et de grands moments d’émotion.