Entre rencontres professionnelles et découvertes musicales, la 9e édition du Crossroads Festival, qui s’est tenue du 5 au 7 novembre à la Condition Publique de Roubaix, a une fois de plus soutenu la diversité et le dynamisme de la scène musicale émergente.
Le Crossroads Festival, rendez-vous incontournable de la scène musicale indépendante, a tenu sa 9e édition du 5 au 7 novembre 2024 à la Condition Publique de Roubaix. Ce lieu emblématique, avec son atmosphère industrielle et artistique, a une fois encore servi de cadre à un événement dédié aux artistes émergents, principalement venus de France et de Belgique. À travers une programmation variée, le festival attire chaque année un public de mélomanes avertis et de professionnels en quête de nouveaux talents. Conçus pour révéler les voix et les sonorités de demain, les showcases ont permis aux artistes de se produire devant un public mixte de passionnés et d’acteurs du secteur musical.
En plus des performances, le Crossroads Festival offre un espace propice aux échanges et à la collaboration. Durant la journée, les professionnels et les artistes ont participé à des ateliers, des conférences et des rencontres, facilitant ainsi les connexions et encourageant le dialogue autour des enjeux de la musique indépendante.
Une fête musicale éclectique à Roubaix
À la nuit tombée, la Condition Publique se transformait en véritable scène de fête. Les concerts au format court se succédaient, offrant aux artistes émergents une plateforme unique pour se faire connaître davantage. Réputé pour son éclectisme, le Crossroads Festival a, cette année, réuni des talents de tous horizons, explorant des genres variés, de la pop au punk, en passant par le rap, le rock indépendant et l’électro. Cette diversité musicale a permis à chaque groupe de toucher un public varié, contribuant ainsi au succès de cette 9e édition. Le bilan de cette année est prometteur, augurant un 10e anniversaire encore plus mémorable pour le Crossroads Festival en 2025.
Entre poésie introspective et énergie débordante, la première soirée du Crossroads Festival 2024 a tenu toutes ses promesses avec des performances mémorables.
Chahu, ou l’attrait du possible
C’est Chahu qui a eu l’honneur d’ouvrir cette 9e édition du Crossroads Festival, un privilège qui, il y a encore quelques années, aurait pu lui sembler hors de portée. Pourtant, sur scène, ce « Tristo Bambino » incarne une nonchalance captivante, entre détachement et intensité. Ses textes, souvent introspectifs et empreints de mélancolie, résonnent auprès du public. « On s’était dit qu’on passerait juste cinq minutes », confie un spectateur, « mais au bout de trente, on n’avait toujours pas envie de partir. » Par ses mots qui effleurent les maux, Cahu entraîne chacun dans une histoire en filigrane, irrésistible.
Frieda, la révélation de l’édition
La « claque » tant attendue est arrivée avec Frieda, qui a livré une prestation que beaucoup ne sont pas prêts d’oublier. Malgré un léger problème de voix, elle a su fédérer le public pendant trente minutes avec une énergie rare, notamment sur son hymne pacifiste « Freedom ». Par instants, sa voix envoûtante et sa présence scénique faisaient l’effet d’une cérémonie gospel, portant le public dans une expérience quasi spirituelle. Frieda se décrit modestement comme « jamais parfaite », mais pour cette édition, elle a été indéniablement l’une des révélations.
Olkan & La Vipère Rouge : un final envoûtant
Pour clore cette première soirée, le duo Olkan & La Vipère Rouge a emporté le public dans une transe techno immersive. Originaires du sud de la France, les deux amis ont su captiver avec une musique alliant rythmes du Maghreb et mélodies pop, pour un set envoûtant et riche en textures sonores. Leur univers, presque onirique, a transformé la salle en une véritable scène de danse où chaque vibration semblait nous transporter ailleurs. Une clôture parfaite pour cette première nuit du Crossroads Festival, et une promesse de belles découvertes à venir.
Le 6 novembre, la scène du Crossroads Festival s’est enrichie de la présence de talents singuliers et prometteurs, entre poésie folk, introspection et rythmes exotiques.
Moma Elle, souffle poétique venu de Bretagne
Parmi les artistes qui ont illuminé la soirée, Moma Elle a offert au public un moment envoûtant et intime. Forte de son premier album Run, dévoilé le 4 octobre 2024, l’artiste bretonne a littéralement apporté un vent de tempête avec son morceau Hurricane. Sa voix captivante et sa folk délicate ont ajouté une dimension poétique à cette soirée dédiée aux talents en pleine expansion. Dans un set sincère et authentique, Moma Elle a su toucher le public, lui offrant un véritable voyage musical aux accents de sa terre natale.
Nochka, une introspection à fleur de peau
À seulement 22 ans, Nochka, de son vrai nom Nolwenn Pardon, a marqué les esprits par sa sensibilité et sa profondeur artistique. Son premier album, Paris Capitale de la solitude, prend à contrepied le mythe de Paris comme ville de l’amour et explore les thèmes de l’isolement et de la mélancolie. Avec des mots qui reflètent les défis de sa génération, Nochka plonge l’auditeur dans un univers intimiste, où la vulnérabilité côtoie une lueur d’espoir. Sa performance au Crossroads a été une immersion touchante, capturant le public par la sincérité de ses textes et la justesse de son interprétation.
Sika RLion, la puissance réunionnaise en scène
La Réunion a fait irruption sur la scène de Roubaix grâce à l’énergie débordante de Sika RLion. Artiste à la voix puissante et aux influences éclectiques, elle a électrisé la salle en mélangeant reggae, hip-hop, dancehall et maloya, un genre musical traditionnel de son île d’origine. Son style métissé et engagé a immédiatement captivé l’audience, et son dernier single Fé pété a littéralement fait exploser l’ambiance, propulsant le public dans une euphorie collective. Sika RLion, véritable « lionne » de la scène, a offert une prestation flamboyante et inoubliable.
Le festival s’est achevé le 7 novembre avec une affiche éclectique qui a su ravir les amateurs de musique émergente, oscillant entre électro-pop captivante, rap percutant, et techno immersive.
Béatrice & Mélissa, secret bien gardé
Le duo électro-pop Béatrice & Mélissa a su surprendre le public du Crossroads avec sa présence magnétique et la sensibilité de ses harmonies. Après le succès de leur premier EP l’an dernier, les Strasbourgeoises sont revenues défendre leur univers singulier, annonçant déjà l’arrivée prochaine de nouvelles compositions. Leurs voix, à la fois douces et tranchantes, plongent l’auditoire dans un monde mystérieux où se mêlent les tensions et l’intimité, comme en témoigne leur morceau Fight, véritable dialogue de deux visions artistiques puissantes.
Josy Basar, une échappée céleste
Grâce au Crossroads Festival, des artistes émergents comme Josy Basar ont pu se rapprocher de leur public dans une ambiance intimiste. Auteur-compositeur aux sonorités électro-pop, Josy a su créer une atmosphère enveloppante et énergique, notamment en se rendant dans la fosse pour interagir avec les spectateurs. Ce set, mélange de rythmes dansants et d’influences électroniques, a offert une parenthèse aérienne à un public en quête d’évasion.
Lynx IRL, une odyssée urbaine
Originaire des Hauts-de-France, Lynx IRL nous a proposé un récit immersif de la vie en ville. Depuis le toit de son immeuble jusqu’au sous-sol, où son dernier single ZBL fédère autour de visions percutantes de la société actuelle, Lynx offre une performance singulière. Elle a su entraîner le public à chaque étage de son univers, oscillant entre observations acerbes et introspection, pour un voyage urbain intense.
0 Degré, la rage du rap à l’honneur
La scène rap était bien représentée avec 0 Degré, un collectif qui a électrisé la soirée de jeudi. En dépit d’un répertoire encore limité, le groupe a captivé l’auditoire avec Baltimore, une plongée dans l’univers de leur quartier et une critique acerbe de la société. La prestation, puissante et engagée, s’est ancrée dans la réalité de la jeunesse, suscitant à la fois curiosité et enthousiasme, et confirmant la place du rap dans ce type de festival.
Do Not Do : un clin d’œil à Emily in Paris
Jeudi 7 novembre, Do Not Do a offert une relecture captivante de Heart of Glass de Blondie, popularisée récemment dans la série Emily in Paris. Le duo a apporté une touche électro douce et moderne à ce classique des années 80, tout en conservant l’esprit pop-rock du titre. Au-delà de cette reprise, leur prestation mettait également en avant leur nouvel EP Insérer Titre, avec des éléments scéniques minimalistes, dont deux imposants tournesols, qui ajoutaient une dimension visuelle forte à leur performance.
Queen Ares, en apesanteur
Queen Ares a marqué les esprits avec une performance immersive et intense, propre aux meilleurs groupes de post-metal. Leur live, à la fois lourd et introspectif, a transporté le public dans un voyage émotionnel fait de montées et de descentes, où chaque note semblait suspendue dans l’air. Les jeux de lumière tamisée mettaient en relief l’expérience musicale elle-même, laissant le public dans un état de contemplation, comme en lévitation.
Abran, entre ambient et techno
Pour ceux en quête d’une immersion progressive dans l’univers de la techno, Abran a su proposer un set unique, mêlant musique classique et éléments techno pour créer une ambiance onirique. Avec ses sonorités aériennes et ses explorations inédites, Abran a transporté l’audience dans un voyage musical mémorable. Son univers, flottant entre l’ambient et la techno, a offert une expérience sonore en apothéose pour clore cette 9e édition du Crossroads Festival.

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