Du 5 au 7 décembre, Rennes a vibré au son des talents émergents. De Frieda à Thea, en passant par O’o, Médicis et bien d’autres, cette édition a offert trois jours de découvertes musicales intenses et éclectiques.
Du 5 au 7 décembre, Rennes a accueilli une nouvelle édition des Bars en Trans, offrant un panorama éclatant des talents de demain. Avec une programmation riche et éclectique, le festival a une fois de plus prouvé qu’il est la vitrine incontournable de l’émergence musicale. Retour sur une édition audacieuse et inspirante, où chaque concert fut une promesse tenue.
Jeudi 5 décembre : Une entrée tout en délicatesse
Les festivités ont débuté sur une note hautement émotionnelle grâce à Agathe Plaisance, qui a enchanté la Salle de la Cité. Avec son single « Witches Boom », elle a donné le ton d’un festival placé sous le signe de l’audace. Sa folk électronica nostalgique, mêlant influences de Cat Power et Elliott Smith à des touches synthétiques des années 80, a immédiatement capté l’attention. Ses arpèges mélodieux et son interprétation sensible ont plongé le public dans une rêverie où la mélancolie côtoyait l’efficacité pop. Une entrée en matière magistrale.
La Salle de la Cité s’est ensuite transformée en écrin pour le doux univers de Frieda, qui a fait honneur à cette 29e édition avec une performance intimiste et envoutante. Avec sa voix puissante, oscillant entre vulnérabilité et éclat gospel, elle a enveloppé le public dans une pop vibrante, teintée de soul moderne. Derrière des rythmes r’n’b impeccables, ses paroles en français, empreintes d’émotions crues, ont offert une catharsis collective.
Le relais a été pris par Clément Visage, véritable sculpteur d’atmosphères. À travers des morceaux où la chanson se mêle à la new wave et à l’électro, il a exploré les recoins de l’introspection. Les beats réverbérés et ses textes énigmatiques ont transformé la salle en un lieu de méditation sonore.
Un peu plus tard, au Théâtre de la Parcheminerie, Romain Muller a injecté une dose de légèreté électro-pop. Dans une ambiance nu-disco élégante, il a su, avec finesse, lovrer un set épuré, oscillant entre folk et introspection. Une simplicité touchante qui a captivé l’audience. Enfin, Jean, artiste énigmatique a su surprendre par sa présence scénique singulière et ses expérimentations sonores. En équilibre entre rap acoustique et confession poétique, il a clôturé la soirée avec une authenticité désarmante, séduisant le public par sa fragilité assumée.
Vendredi 6 décembre : Entre sensations et subversion
À la Salle de la Cité, le quatuor de post-rock nantais Médicis a littéralement fait trembler les murs. Leur rock nerveux, à mi-chemin entre Queens of the Stone Age et Royal Blood, a donné un coup de fouet au public. Avec une énergie brute et une passion évidente pour le riff, le groupe a enflammé la scène, mais c’est leur nouveau single « Timecrash », premier extrait de leur album Where we dive, attendu en mars 2025, qui a vraiment transcendé l’instant. Un rock très énergique, qu’on pourrait même qualifier de sauvage, et qui a transporté les spectateurs dans un voyage sonore intense.
Au cœur de la Chapelle du Conservatoire, la création exclusive pour les Bars en Trans d’Anaïs MVA a marqué les esprits. Entre douceur et rébellion, sa voix captivante et ses textes ciselés ont transporté l’audience dans un voyage introspectif, ponctué d’éclats émotionnels d’une rare intensité. Une expérience immersive qui restera gravée dans les mémoires.
Au Théâtre de la Parcheminerie, le duo Kokopeli a fait l’unanimité. Jouant avec des harmonies vocales enivrantes et des mélodies lumineuses, les deux artistes ont créé un moment suspendu, où folk américaine et pop européenne se sont magnifiquement entremêlées. Une véritable claque sonore, ponctuée par des moments de communion avec le public.
Plus loin, la Salle de la Cité a été prise d’assaut par Par.sek. Leurs riffs synth-punk et leurs projections visuelles en live ont offert une expérience sensorielle totale, entre dérision punk et critique sociale. Une claque scénique, décomplexée et terriblement efficace. Théa a ensuite pris le relais pour déchaîner les passions avec son univers teenage punk électrisant. Ses morceaux, à mi-chemin entre pop-punk, hyperpop et une bacchanale sonore débridée, ont plongé le public dans une fête où les paillettes côtoient le chaos émotionnel. Elle n’a pas hésité à aborder des sujets sensibles comme la santé mentale, les relations complexes et les oppressions systémiques, tout en offrant une énergie scénique à couper le souffle. Une révélation audacieuse qui incarne une génération en quête de sens et de liberté.
À la Tête de Chou, Max Baby a captivé dans un univers trouble et nocturne, où fiction trash et vérité crue s’entrechoquent. Une performance fascinante et déroutante à la fois.
Parmi les moments forts de la journée, le duo O’o a subjugué avec son mélange captivant de pop indie et d’électronica. Inspirés par leur homonyme, l’oiseau hawaïen disparu, ils ont tissé des harmonies aériennes et mystérieuses qui ont enveloppé le public dans une bulle de douceur automnale. Une découverte précieuse, à la croisée des mélodies et de la subtilité sonore.
Samedi 7 décembre : Une apothéose éclectique
Le 4 Bis a accueilli le duo Felhur x Andro, dont le mélange de trap spectrale et de textes engagés a électrisé l’audience. Entre beats percutants et diatribes poétiques, leur show fut aussi frontal qu’hypnotisant.
Sur la scène de la Tête de Chou, Whisper a impressionné par sa maîtrise émotionnelle, alternant entre ballades folk dépouillées et éclats de pop alternative. Une voix pure pour des textes poignants, sublimés par une guitare aux accents mélancoliques. Plus tard, Oscar Emch a confirmé le renouveau du r’n’b français avec des productions élégantes et une sensibilité à fleur de peau.
Au Théâtre de la Parcheminerie, Sasha Nice a séduit avec sa « néo-pop » multilingue, où les influences rap, latines et américaines s’entrelacent dans un patchwork musical vibrant. Enfin, Tomasi, à mi-chemin entre rap et chanson française, a conclu avec des textes incisifs et une énergie sincère qui ont conquis l’audience.
Non loin de là, à La Place, Jacques et Jacques ont apporté une note de légèreté hilarante. Leurs chansons satiriques, bourrées d’humour et d’ironie, ont déclenché des éclats de rire salvateurs pour clore le festival en beauté.
Une édition inoubliable
De Frieda à O’o, en passant par des artistes comme Anaïs MVA, Parsek ou Théa, les Bars en Trans 2024 ont une fois de plus démontré leur capacité à révéler des talents audacieux et variés. Trois jours de rencontres, d’émotions et de performances qui confirment que Rennes reste un terreau fertile pour l’émergence musicale. Une édition mémorable qui, comme toujours, donne envie de découvrir ce que l’avenir réserve à ces artistes prometteurs.

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