Le 31 janvier dernier est sorti La violence et la tendresse, un EP où Ekoms joue sur les contrastes, mêlant rap, pop et folk dans un équilibre subtil entre force et fragilité sincère.
Tête posée sur les carreaux froids d’une salle de bains, un regard pénétrant, et cette main, étrangère, qui inscrit le titre à l’encre rouge sur un cadre photo miroir. La pochette de La violence et la tendresse est une porte d’entrée vers un EP qui frappe là où ça résonne encore longtemps. Ekoms frappe là où ça fait mal, mais aussi là où ça répare. Son nouvel EP dévoilé le 31 janvier dernier, est un mélange subtil d’émotions et de sonorités finement ciselées.
Six titres, zéro concession
À travers sept titres où le rap épouse la pop et flirte avec la folk, il navigue entre force et vulnérabilité, entre les coups reçus et ceux qu’on apprend à encaisser. Son phrasé rythmique, incisif sans être agressif, porte des textes à la fois intimes et percutants, sublimés par une production organique (guitares acoustiques, basses naturelles, batterie rock…). Un mélange qui donne à chaque morceau une texture vivante et sincère.
« Le silence et les mots » ouvre le bal et on sent tout de suite qu’on ne va pas en ressortir indemne. Le morceau est une prouesse d’équilibre entre fragilité et intensité. Ekoms s’éloigne ici légèrement du rap, préférant une interprétation plus chantée, plus posée, qui amplifie l’impact émotionnel. « Tout ce qui nous blesse » s’offre un solo de guitare libérateur, un point d’orgue parfaitement placé. De son côté, « Cent-mille », en duo avec Max Crimson, joue sur les contrastes et oscillant entre fragilité et intensité. Chaque titre est un fragment d’histoire, un instant suspendu entre la tendresse des souvenirs et la violence du réel.
À l’image de sa pochette, cet EP est un jeu de reflet. L’ombre et la lumière, le choc et l’apaisement, l’écriture intime et la production millimétrée. Ce qui le rend si captivant, c’est cette capacité à surprendre. Ekoms ne s’enferme jamais dans un cadre figé, ill sait quand lâcher prise et quand retenir l’émotion, jouant avec précision. Il ne cherche pas l’esbroufe, il cherche la vérité. Et c’est là toute la force de ce projet, court mais intense, qui résonne en nous longtemps après la dernière note.
