À l’approche de leur nouvel album, marcel balance « basho basho basho », un trip noise-punk aussi hypnotique qu’obsédant. Une boucle infernale, une basse qui engloutit tout, et un clip à la frontière du cauchemar et de l’absurde.

À quelques semaines de la sortie de ô fornaiz (21 mars, Luik Music / Géographie Records), marcel lâche « basho basho basho », un ultime avertissement sous forme de déflagration noise-punk. Un morceau tendu, où une basse hypnotique tourne en boucle comme un trou noir avalant toute certitude.

Inspiré du concept japonais de basho, cher à l’école philosophique de Kyoto, le titre joue sur l’idée que tout surgit du vide avant d’y disparaître. Une vision que marcel traduit en son avec une économie radicale : rythmique martiale, textures abrasives et urgence presque primitive. Ici, pas de mélodie réconfortante, mais une pulsation obstinée, un mantra chaotique qui ne cherche ni échappatoire ni résolution.

Le clip de Patxi Endara prolonge cette boucle existentielle avec une quête absurde. Une femme suit un pendentif jusqu’à croiser son double, sous l’œil narquois de quatre cavaliers-bouffons de l’Apocalypse. Une mise en scène à la lisière du grotesque et du tragique, où l’éternel retour prend des allures de danse macabre joyeuse. La Un précipité d’énergie punk et de vertige philosophique, qui annonce un album aussi implacable qu’intrigant.