On était tombés sous le charme de son clip « One Way », chroniqué dimanche dans nos clips de la semaine. Alors on a replongé dans Tales of a Guitar Woman, le nouvel album de Nina Attal… et quelle claque ! Guitares en feu, textes à vif, émotion à fleur de peau : un disque intense, vibrant, habité. Chronique d’une artiste qui joue chaque note comme si c’était la dernière.
C’est un clip qui a fait basculer notre attention, comme un coup de foudre en pleine ligne droite : « One Way », ce clip flamboyant de Nina Attal, a réchauffé nos esprits et réveillé l’envie d’écouter son 5e album Tales of a Guitar Woman. C’était dimanche, au détour de notre chronique des clips de la semaine, et là, un déclic. Pas juste un clip de plus, mais une petite bombe qui, en quelques secondes, nous replonge dans l’énergie brute de la guitare, de la course folle, de la passion, et surtout de la guitare. Oui, encore et toujours cette guitare qui vibre dans tous les coins de l’album.
La guitare en étendard
Parce que l’album ne ment pas : c’est un véritable manifeste pour la guitare. On parle ici de Nina Attal, une guitariste qui maîtrise son instrument depuis deux décennies, qui a su s’imprégner de ses racines rock, blues, folk, et qui tisse des mélodies où chaque note respire la liberté. Rien que « One Way », ce morceau qui balance entre l’adrénaline de la Formule 1 et l’extase d’une scène en transe, témoigne de cette quête sans fin de la vitesse, de la liberté pure qu’elle trouve dans les cordes de sa guitare. Un véritable concentré d’énergie, parfait pour entamer l’album.
Des inédits à cœur ouvert
Si certains morceaux avaient déjà annoncé la couleur (Backdoor, I Dance Through the Night, Pas la peine, Keep on Running), c’est dans les inédits que Tales of a Guitar Woman révèle ses trésors les plus intimes. À commencer par « Can’t Be Undone », hymne grave et poignant où un pays en guerre murmure à ses enfants de fuir pour survivre. La guitare y devient appel, cri, espoir. Les accords s’étirent comme un adieu, sans pathos, juste la nécessité de dire.
De l’autre côté, « The Sun Is Rising », vous cueille comme une douce mélancolie qui n’a rien de larmoyant. Le thème de la maladie d’Alzheimer est abordé ici avec une sagesse tranquille, une guitare presque paisible qui déroule son arpège comme une caresse, tandis que les souvenirs s’effacent doucement. Rien n’est forcé dans ce morceau, l’émotion s’installe sans faire de bruit, comme une mélodie qu’on accepte à contrecoeur. C’est du blues pur, mais celui qui fait du bien au cœur.
Il y a aussi « Missed Something » en duo avec Victor Mechanick, chronique moderne de l’aliénation numérique. Jane scrolle, s’oublie, rate sa vie réelle. Là encore, la guitare s’insinue comme une tentative de réveil. Un riff comme une secousse, une dernière chance de se reconnecter.
L’album touche aussi un autre aspect très personnel de Nina : la nature. « I Dance Through the Night » est un cri chamanique, un hymne vibrant aux forces primales qui régissent notre monde, un appel aux éléments, à la terre, à l’eau, à l’air. Là, la guitare se fait presque sauvage, elle s’élance comme une flamme vivante dans la nuit, porteur d’un message écologique profond et sincère. Ce n’est plus simplement de la musique, c’est un manifeste, un appel à rétablir l’équilibre entre l’humanité et la nature.
L’une des pépites du disque se cache dans « Through Your Window » morceau d’une simplicité désarmante, enregistré en une prise, chez elle à Zurich et qui clôt l’album. Rien n’a été retouché. Pas besoin : l’émotion y est intacte, la guitare y parle pour elle. Une photo sonore, sans filtre.
L’album comme territoire
Rien de tout cela ne serait possible sans la touche de modernité apportée par la production de Mathieu Gramoli. Il a su donner à l’album un son brut mais soigné, un son qui garde l’âme de Nina tout en l’amenant vers de nouveaux horizons. La guitare reste le cœur battant, mais la production laisse des espaces, des respirations, qui permettent à chaque morceau de s’épanouir sans surcharge.
Sur la pochette, Nina tient sa guitare comme on tient sa vérité. Derrière elle, la nature, au loin la ville. Tout est là : l’appel du monde, le besoin d’ancrage, la volonté de bâtir un pont entre l’organique et l’électrique.
Alors, oui, on se souvient aujourd’hui de Tales of a Guitar Woman grâce à ce clip, cette bombe « One Way », mais ce qui fait qu’on l’écoute encore et encore, c’est cette alchimie parfaite entre la guitare, la voix et une production moderne qui ne sacrifie jamais l’authenticité. On s’est jeté sur l’album, et chaque morceau nous envoûte davantage. Si la guitare est l’instrument de Nina Attal, cet album est son poème. Un poème qui, à chaque accord, nous rappelle pourquoi on aime tant cet instrument.
