Alfs balance Lâche-toi, un EP six titres qui cogne là où ça fait du bien. Du rock frontal, des textes affûtés, et une énergie taillée pour foutre le feu aux certitudes.

Bruit de bottes sur le bitume, une gratte crache son premier riff, et la voix d’Alfs déboule comme un type qui n’a plus rien à perdre. Lâche-toi, c’est pas juste un titre d’EP, c’est une injonction, une urgence. Un doigt tendu à la résignation, et un coup de pied à la tiédeur ambiante.

Ancien soldat des studios toulousains, vétéran des tournées et des sessions à Paris, Alfs revient en solo, bardé de riffs nerveux et de textes qui visent juste. Ses influences ? FFF, Silmarils, No One is Innocent, Daran, Ultra Vomit. Bref, le rock français dans ce qu’il a de plus frontal, de plus barré, de plus vivant.

Six titres, pas un seul de trop

« Lâche-toi » plante le décor d’entrée, comme une gifle bien placée, comme on enfonce une porte à coups de Doc Martens. Pas de fioritures, juste une furieuse envie de mordre dans la vie et de gueuler pour ceux qui n’osent plus. Ça parle de libération, de foutre le feu aux œillères qu’on se colle soi-même. C’est brut, frontal, libérateur. Suit « Con Sommation », satire électrisée d’un monde qui consomme jusqu’à l’overdose, avec un groove sale et addictif.

« Comédienne » débarque ensuite, plus théâtral, plus vicieux dans son écriture. Une critique fine et mordante des faux-semblants, servie par une ligne vocale presque cabotine et un instrumental qui fait monter la tension comme une scène qui dégénère.

« Le saut des sots » monte d’un cran en tension du chant retenu qui explose sur un refrain crasseux, parfait pour lever le poing. « Sing in French too » vient briser les réflexes anglophiles à coups de riffs bien français, sans snobisme mais avec conviction.

Et quand arrive « La chanson qui sert à rien », tu souris, parce que tu sais qu’elle va te rester dans le crâne toute la journée. Un dernier baroud d’honneur, entre autodérision et lucidité. Fin du bal, mais t’as encore le goût du feu dans la bouche.

Lâche-toi ou passe ton chemin

Ce disque ne se veut pas parfait, il veut être vrai. Direct, entier, vivant. Pas de vernis, pas d’électro aseptisée, pas de frime. Juste un mec qui balance sa vérité en six titres, et t’invite à en faire autant.