Entre envie d’ailleurs et tendresse retenue, le duo poursuit son chemin sans bruit mais avec une sincérité rare. Leur nouveau single « Vagabonder » s’écoute comme on prend l’air, pour respirer un peu mieux.

Ils avancent à leur rythme, loin du vacarme, loin des formats. Roulez Jeunesse trace un sillon singulier dans la chanson française, quelque part entre la mélodie limpide et les mots qui touchent juste. Pas besoin d’en faire trop, ça a toujours été leur force. Le nouveau single « Vagabonder » ne déroge pas à cette ligne claire.

« Éternel amoureux », le précédent single, laissait derrière lui une douceur étrange. Une chanson qui racontait l’attachement sans en faire trop, comme une photo un peu floue qu’on garde quand même, parce qu’elle dit l’essentiel. On sentait déjà, dans la manière de poser les mots, un regard juste, une pudeur assumée.

Une chanson pour s’éloigner un peu

« Vagabonder » s’inscrit dans cette continuité. Pas une rupture, pas un virage. Plutôt un pas de côté. Une respiration. Le duo prend le temps, laisse l’espace se créer. Pas de tension, pas d’attente, juste une envie discrète de s’éloigner, de se délester un peu. Le morceau avance sur une ligne claire, lumineuse, sans chercher l’effet. Une rythmique légère, des mots qui coulent sans artifice. Tout repose sur une forme d’équilibre, rien ne déborde, mais rien ne sonne retenu. Ce qui touche, c’est ce mouvement tranquille vers ailleurs, cette manière de suggérer plus que de dire.

Roulez Jeunesse continue à affirmer une écriture sans pose. Pas besoin de détour, pas besoin de masque. Leur musique parle d’instant, de sensation, de ce qui fait lien sans faire de bruit. Ce nouveau titre, en creux, raconte tout ça. Et c’est précisément ce qui le rend précieux.