Agathe Plaisance revient avec « Black-Haired Boy », une ballade nocturne où la folk vacille sous les ombres électroniques et un clip à la fois simple et bouleversant. Premier extrait de son prochain album Deep Rest, à paraître le 28 novembre.

On se souvient encore de cette présence magnétique, en décembre dernier, lorsqu’Agathe Plaisance ouvrait les Bars en Trans. Une voix fragile et dense à la fois, des arrangements qui caressaient l’échine, et cette capacité rare à suspendre le temps. Depuis, le silence. Le genre de silence qui travaille en profondeur.

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Un cri doux-amer

La revoilà, et elle n’a rien perdu de son intensité. « Black-Haired Boy », nouveau single et prélude à son deuxième album prévu en novembre (Deep Rest), s’impose comme une ballade sombre, presque cinématographique. Il s’agit d’un portrait, celui d’un homme seul au comptoir, en naufrage silencieux. Cheveux noirs, verre trouble. Il boit, pas pour la fête, pas pour oublier les autres, mais juste pour s’effacer un peu plus chaque jour.

Sur la pochette, une silhouette noire coupe l’image en deux, figée sur un parking vide, sans visage. Le bitume humide reflète à peine la présence. Lignes blanches, asphalte nu, rien ne vit, rien ne semble prévu ici, sauf l’attente. Un lieu neutre, presque sans mémoire, parfait décor pour ce garçon aux cheveux noirs qu’Agathe Plaisance convoque, dans une chanson qui sonne comme un ralenti sur la perte.

L’écriture reste fine, viscérale, mais les textures ont changé. La folk laisse entrer des pulsations synthétiques, des ombres électroniques, sans trahir l’émotion qu’on lui connaît. Une mue douce mais tranchante, qui fait glisser sa mélancolie vers des terrains plus contemporains, plus insidieux aussi.

Un bar en veille

Le clip, co-réalisé avec Yvan Cahagne, fonctionne comme un écho visuel parfait. Un plan-séquence, un bar, une inertie ordinaire. L’homme, figé dans sa tristesse, ne bouge plus. Et puis un geste sec, frontal, Agathe entre dans le cadre comme on entre dans une vie, sans prévenir, sans mode d’emploi. C’est un sursaut, presque une supplique. Pour ceux qui se sont tus trop longtemps, qui n’y croient plus, qui se sont eux-mêmes rayés des listes.

Ce premier extrait de son futur projet n’essaie pas de consoler. Il nomme, il montre, il tend la main sans promesse, mais avec une honnêteté qui serre. Raconter sans détour, mais sans détourner les yeux non plus, c’est peut-être ça la vraie force d’Agathe Plaisance et on a hâte de découvrir la suite.