Chaque fin de semaine, la rédaction de Phenixwebtv.com vous propose de découvrir les nouveaux clips qui font actuellement la Une.
Julien Clerc – Les parvis
Julien Clerc rend un hommage bouleversant dans « Les Parvis », extrait de son nouvel album Une vie. Inspirée par le geste poignant du mari d’Agnès Lassalle (cette professeure tuée en 2023, dont le mari avait dansé sur le parvis de l’église lors des obsèques) la chanson évoque dignement le deuil, l’amour, la dignité et la lumière que l’on tente de faire surgir dans l’obscurité. Porté par une voix fragilisée mais toujours habitée, l’artiste touche juste, dans une sobriété qui transcende l’émotion.
Réalisé par Aurélie Ullrich, le clip opte pour la sobriété. On y suit d’abord les pas de l’artiste dans une pièce aux reflets mouillés, avant de le retrouver face à un micro, entouré de ses musiciens. À mesure que le morceau s’élève, les instruments se joignent avec délicatesse : guitare, batterie, piano, puis les cordes, entrées discrètement comme pour ne pas déranger. Trois néons diffusent une lumière douce, créant un cocon simple et juste, à l’image de cette chanson pudique mais déchirante.
Ycare – Mon pays c’est la vie
Ycare revient avec un huitième album éponyme sorti le 6 juin 2025, pensé comme une œuvre en deux temps : Ciel et Terre. L’auteur-compositeur, déjà reconnu pour ses collaborations avec de grands noms de la chanson française, explore ici des thèmes universels comme la spiritualité, l’amour et la résilience. En ouverture, le titre « Mon pays, c’est la vie » agit comme un manifeste humaniste. Son refrain solaire donne à l’album un élan rassembleur, porté par une volonté farouche de croire encore en la beauté du lien humain.
Le clip qui accompagne ce single traduit cette énergie généreuse. Tourné à Lille, ville chère au cœur de l’artiste, il suit Ycare dans ses déambulations quotidiennes : dans les rues, sur les marchés, dans les parcs, toujours au plus près des gens. Bouquet de fleurs en main, guitare à l’épaule, il partage des instants simples et sincères. Capté par la caméra d’Alexandre Saltiel, ce moment de vie culmine sur scène, devant un public conquis, comme un prolongement naturel de l’échange entamé dans la rue.
Cheikh Ibra Fam – Sali
Après le succès de « Xam Xam », chanson hommage à la transmission et à l’oncle Coly Cissé, Cheikh Ibra Fam dévoile « Sali », nouveau titre lumineux et amoureux. Porté par des rythmes mbalax décontractés et des guitares aux accents makossa, le morceau célèbre la grâce des femmes africaines avec simplicité et chaleur. Le timbre enveloppant de Cheikh y fait éclore un message d’amour qui dépasse le cadre romantique, pour embrasser l’authenticité, la beauté du quotidien et l’acceptation de soi.
Le clip, tourné à Saint-Louis du Sénégal, suit le personnage de « Sali » (interprété par Leanne Nackobiane) dans une déambulation pleine de vie dans cette ville classée au patrimoine de l’Unesco. Elle croise des enfants, échange avec des anciens, sourit aux passants. Tout respire la lumière, la douceur, et l’humanité dans cette vidéo solaire et naturelle, qui épouse parfaitement l’intention du morceau. L’artiste y célèbre un idéal de simplicité fière, loin des clichés, dans ce qui s’apparente à un portrait vibrant d’une Afrique moderne, sensible et ancrée.
Rudi Zygadlo – Eurasia
Troisième extrait de son prochain album Auto Fiction à paraître le 12 septembre, «Eurasia» nous offre une facette solaire de l’univers de Rudi Zygadlo. Après les titres plus introspectifs que sont «Finasteride» et «Loner», le musicien britannique livre ici une parenthèse pop aussi sensuelle que contemplative, et dans laquelle tout évoque le plaisir simple d’un voyage sans destination précise. Il y est question de liberté, de désir, de paysages mentaux aussi vastes que les steppes évoquées. Une chanson hédoniste où le supercontinent eurasien devient un décor imaginaire pour repenser l’intimité.
Réalisé dans un format visuel audacieux, le clip adopte un triple écran pour démultiplier les points de vue. On y suit Rudi dans des décors désertiques, au ralenti, comme suspendu dans un road trip atemporel. L’esthétique, à mi-chemin entre rêverie rétro et anticipation, culmine dans un final typographique où apparaissent des messages en lettres rouges : somewhere in Eurasia, we will come together, make it happen. Ce dernier message, répété jusqu’à l’obsession, résonnent comme une promesse intime et collective, une ode à ce qu’il reste encore à vivre ensemble.
Clara Néville – Beaux Sauvages
Clara Neville signe un retour marquant avec « Beaux Sauvages », titre dansant aux accents gospel-pop qui interroge notre rapport à la légèreté en temps de crise. Commandée pour le prochain film d’Igor Péjic, Vacances sur Terre, la chanson joue des contrastes entre groove solaire, chœurs exaltés, et paroles pleines de lucidité. Clara y chante l’insouciance comme une forme d’aveuglement joyeux, face à un monde qui vacille. Dans les arrangements, on entend l’écho d’un Michel Berger ou la ferveur d’un Charles Bradley, et l’ensemble est à la fois généreux, mélancolique et politique.
Réalisé par Alban Sapin, le clip installe cette tension avec malice : dans une salle de danse saturée de couleurs, Clara évolue au milieu d’un ballet exubérant de corps en fête. Cocktails, ralentis chorégraphiés, sourires et friction. La scène glisse doucement de l’euphorie à l’étrange, et culmine sous une pluie de confettis, faussement joyeuse. Une vision douce-amère, où la pulsion de vie flirte avec l’inconscience collective, et une entrée marquante pour un premier album à venir, à la fois solaire, inquiet, et profondément incarné.
Checler – Léa
Checler continue d’esquisser les contours de son prochain album Ces gens qui aiment, prévu pour le 26 septembre. Dans « Léa », son dernier titre, il explore la question de l’identité de genre à travers une narration sensible et nuancée. Une instrumentation soignée, entre piano mélancolique, synthés vaporeux et bruits de clochettes, installe une ambiance presque théâtrale. Le texte alterne les portraits de Léon, personnage cabossé, et de Léa, femme assumée, libre et solaire. Deux figures opposées, deux facettes d’un même être peut-être, que la chanson entremêle avec finesse.
Le clip, réalisé par Léa Rouaud, accentue cette tension entre ombre et lumière. Léon apparaît seul, submergé par ses démons dans un décor rouge puis gris. Sa chute intérieure est rythmée par des gestes répétitifs, des objets symboliques (cartons, cigarettes, whisky) et l’irruption furtive d’une femme. De l’autre côté, Léa évolue dans une esthétique miroir : robe à paillettes, gants rouges, danseurs démasqués. Les deux trajectoires se croisent brièvement sans jamais vraiment se rejoindre. Dans une dernière séquence, Léon est soulevé dans l’ombre par une troupe de danseurs comme une offrande ou un adieu. Un clip aussi troublant qu’élégant, qui accompagne le morceau d’une charge émotionnelle puissante.
Bops – Sustainable Life
Bops revient là où on ne les attendait pas tout à fait, avec « Sustainable Life », une virée folk teintée d’ironie. Porté par une guitare acoustique et un mellotron qui semble flotter hors du temps, le morceau s’amuse à gratter la façade bien lisse de la croissance verte. Sans renier leur énergie, les Rennais adoptent ici un ton plus désabusé, alignant des arrangements subtils et des variations rythmiques savoureuses. Il flotte dans l’air un parfum à la fois 70s et contemporain, quelque part entre désillusion joyeuse et satire mélodique.
Pour accompagner cette ballade douce-amère, le groupe a sorti une vidéo tournée devant les décors les plus symboliques de l’agro-industrie bretonne. On y voit le chanteur, guitare en bandoulière, lunettes de soleil et sourire narquois, poser sa voix devant des panneaux solaires, sur des parkings ou au bord d’un champ en jachère. L’humour visuel s’invite sans forcer, porté par la réalisation de François Le Gouic. Le tout se termine sur une course absurde, un demi cercle tournoyant autour du chanteur, comme pour mieux souligner le décalage entre le discours sur le durable et la réalité du terrain. Derrière le sourire en coin, c’est une chanson militante qui préfère la finesse à la démonstration
Chrystelle – Comme un garçon
Chrystelle poursuit son chemin singulier en dévoilant « Comme un garçon », un titre sensible et épuré, tiré de son prochain EP Middle, attendu pour le 5 septembre. Cette ballade douce-amère dit tout d’une histoire d’amour impossible, lorsque les sentiments s’emmêlent face à une orientation qu’on ne peut changer. Portée par une voix claire et posée, Chrystelle touche au cœur en racontant sans détour, mais sans violence, ce moment suspendu où l’on comprend qu’aimer ne suffit pas.
La vidéo qui accompagne le morceau épouse cette émotion feutrée. Sur les bords d’une mer calme, elle chante entre ciel et pierre, parfois seule, parfois dans une chorégraphie silencieuse avec un garçon aux traits doux, aux gestes complices. Les corps s’observent, se frôlent, se répondent sans se confondre. Les plans se succèdent comme autant de souvenirs d’une proximité réelle, mais fragile. Une mise en scène simple et élégante, à l’image du morceau.
Be My Wife – Me Cuesta
Be My Wife, projet musical de Federico Nessi, livre un nouveau single à la fois dansant et troublant, prélude à un second EP prévu pour la rentrée. Sur un groove post-punk hypnotique teinté de funk, il construit une transe pop qui ne cherche pas à séduire, mais à désorienter. Chanson d’amour et de rupture adressée à son pays natal, l’Argentine, « Me Cuesta » évoque la tension entre l’attachement profond et le besoin de distance. Dans cette effervescence sonore, on perçoit l’ombre d’un Bowie, l’esprit d’un exil, et l’intensité d’un corps en mouvement.
Le clip, signé Antoine Asseraf, mise sur une esthétique minimaliste et déroutante. Un homme glisse des objets (guitare, éventail, appareil photo…) dans une valise métallique. Tandis qu’il la pousse dans la rue, une version de lui-même y reste enfermée, chantant repliée sur elle-même. L’effort physique devient métaphore : cravate arrachée, souffle court, l’autre finit par abandonner. Retour au point de départ. La valise s’ouvre à nouveau, les objets sont libérés, mais l’inertie persiste. Une mise en scène poignante d’un tiraillement intérieur.
