Dernier single avant la sortie d’Atlantis, le 29 août « Sedna » d’Anne Paceo est un hymne de métamorphose féroce et viscéral venu des profondeurs, à écouter fort, très fort.
Une dernière étincelle avant le grand plongeon. Anne Paceo allume la mèche d’un album à venir qui promet de brûler lentement mais sûrement, avec « Sedna ». Troisième et dernier single avant la sortie d’Atlantis, prévu pour le 29 août, ce nouvel extrait agit viscéralement, comme un cri venu des profondeurs. Depuis son dernier projet, Anne Paceo s’est aventurée loin des sentiers balisés du jazz contemporain. Exploratrice sonore, batteuse surdouée et compositrice insatiable, elle continue de creuser un sillon personnel entre envolées organiques et textures électroniques. Là où d’autres cherchent un genre, elle construit un monde. Son prochain album s’annonce déjà comme une œuvre-monde, et « Sedna » en est sans doute la carte la plus saisissante à ce jour.
Le souffle et la morsure
Le morceau s’ouvre comme une lame qui fend l’air, et très vite, la voix magnétique de Gildaa s’élève, portée par un texte incandescent signé Billie Bird. L’histoire, inspirée de la déesse inuit des océans, parle de perte, de renaissance et de puissance retrouvée. C’est brut, presque chamanique. Les couplets rampent, sombres et tendus, avant d’exploser dans des refrains féroces. Un banger pop, oui, mais avec les crocs. Pas de mièvrerie ici : on est dans l’intensité, la transformation, la fureur belle et salvatrice.
Le clip signé Hugo Pillard sublime cette énergie : une danseuse en blanc incarne Sedna, seule dans un vaste espace presque nu, entre course à rebours caméra en mains et mouvements habités. Son corps trace la métamorphose, tantôt fragile, tantôt fulgurant. Longtemps seule à l’image, elle finit par rejoindre Anne Paceo, tapie dans un coin, derrière sa batterie, haletante, comme possédée par le rythme. Le final vire à l’élémentaire, la danseuse tournoie jusqu’à l’oubli, tout se dissout en eau. Le clip se clôt sur une mer vivante, un ciel bleu, comme une renaissance accomplie.
Ce nouvel extrait est une claque, une montée fulgurante, une invitation à écouter le reste en apnée. Si le reste de l’album est de ce niveau-là, alors Anne Paceo ne revient pas, elle surgit. Plus libre, plus frontale, plus vivante que jamais. À écouter fort, très fort, jusqu’à réveiller les déesses.
