Durant les deux premiers jours du Cabaret Vert, Charleville s’est muée en capitale des émotions. De la douceur d’Adèle Castillon à la transe envoûtante de Zaho de Sagazan, de l’ouragan Sean Paul à l’apothéose Booba, sans oublier les sets hypnotiques de Jamie xx et DJ Snake … Ces premières soirées ont offert des instants de pure communion, gravés dans les mémoires.
Charleville-Mézières a beau être paisible le reste de l’année, le temps du Cabaret Vert, la cité ardennaise se mue en une gigantesque scène à ciel ouvert. Jeudi après-midi, les premiers accords retentissent et le ton est donné pour quatre jours d’énergie, de poussière, de basses et d’ivresse collective. Deux jours seulement ont suffi pour comprendre que cette 19e édition allait rester gravée dans les mémoires.
Zanzibar, entre délicatesse et explosions
Sur Zanzibar, Adèle Castillon ouvre le bal avec sa pop lumineuse. Sa voix cristalline flotte au-dessus des têtes, attirant les curieux qui s’approchent pas à pas, comme happés par une douce évidence. Quelques heures plus tard, l’ambiance change brutalement : Bigflo & Oli débarquent et transforment le parc en gigantesque karaoké. Bras en l’air, chants à l’unisson, complicité palpable avec un fan qu’ils font monter sur scène. Et quand Adèle revient les rejoindre, la foule chavire. Un moment suspendu, une communion totale.
Razorback, l’énergie brute des découvertes
Pendant ce temps, la scène Razorback joue la carte des sensations fortes. Les guitares de Sprints déchirent l’air, les Lambrini Girls déclenchent des pogos improvisés et des bières qui s’entrechoquent. CMAT surprend par son univers décalé, tandis que Warietta impose sa voix habitée, véritable révélation. Ici, tout est plus proche, plus direct : les regards, la sueur, la vibration brute qui circule entre scène et public.
Nuit électrisante avec Jamie xx et DJ Snake
À la tombée de la nuit, le festival change de visage. Jamie xx enveloppe la foule d’un set hypnotique, entre nappes éthérées et beats subtils, comme une transe fragile.
Puis place à l’ouragan DJ Snake : stroboscopes aveuglants, drops assassins, basses qui secouent le sol. Chaque montée déclenche un cri collectif, comme une vague incontrôlable qui submerge la foule.
Vendredi, nouveau souffle, nouvelle intensité
Le lendemain, tout recommence, mais différemment. Suki Waterhouse berce Zanzibar d’une pop rêveuse, douce transition pour des festivaliers encore marqués par la veille. Puis Zaho de Sagazan prend possession de la scène pour une transe collective. Sa voix bouleverse, sa présence magnétise, et le public se laisse happer comme par une vague irréversible.
Sean Paul, l’ouragan des années 2000
20h40. La foule se compacte, Sean Paul débarque, et d’un coup tout s’embrase. Les hits des années 2000 résonnent, ça danse, ça saute, ça crie. Les refrains de « Temperature » et « Get Busy » deviennent des hymnes intergénérationnels. Charleville devient Kingston l’espace d’une heure.
Pendant ce temps, sur Razorback, Théodora enflamme un autre public, et le choix devient cruel : impossible de tout vivre, mais chaque camp repart avec le sentiment d’avoir saisi le moment de la soirée.
SDM, Lucky Love… avant le sacre de Booba
La soirée monte encore d’un cran. SDM galvanise la foule, imposant un rap puissant qui prépare le terrain. Dans l’ombre des grandes scènes, des noms comme Lucky Love ou Fat Dog intriguent et séduisent par leur fraîcheur.

Mais le clou de la soirée reste l’arrivée du Duc en outfit bleu blanc rouge. Booba s’impose en maître absolu avec sa silhouette massive, son flow implacable et ses punchlines scandées par une foule en transe. Chaque mot résonne comme un ordre, chaque refrain comme un cri de ralliement que la majorité semble « Valider » à la fin de sa prestation.
Un festival qui se vit, plus qu’il ne s’écoute
Ces deux premiers jours condensent ce qui fait l’âme du Cabaret Vert entre des têtes d’affiche qui rassemblent, des découvertes qui marquent, et surtout cette impression d’être happé dans une expérience collective. Ici, la musique se vit dans les corps, dans la poussière, dans les sourires. Deux jours, et déjà un tourbillon d’émotions qui promet une suite encore plus intense, à découvrir ce vendredi.
