Clap de fin pour la 90e Fête de l’Humanité ! Entre l’émotion de Youssou Ndour, la transe de Fishtalk, l’énergie fédératrice de 47Soul et A.A Sarl, la magie de Hoshi, sans oublier l’expérience unique de La Haine et le romantisme pop de St Graal, le week-end a offert un concentré d’engagement, de fête et de découvertes.

Après une première journée marquée par la ferveur de Théodora, l’engagement de Youssoupha et l’hypnose cosmopolite d’Orange Blossom, la 90e édition de la Fête de l’Humanité a poursuivi son chemin ce week-end en Essonne, rassemblant un total record de 610 000 personnes malgré une météo capricieuse. Retour sur nos coups de cœur des deux dernières journées.

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Youssou N’Dour, la voix universelle

Figure incontournable de la musique africaine, Youssou N’Dour a fait vibrer la grande scène avec son nouvel album Éclairer le monde. Entouré de son mythique orchestre, le Super Étoile de Dakar, il a livré un concert où les rythmiques traditionnelles (balafon, kora) se mêlaient à des percussions modernes pour célébrer la paix et l’amour.

Moment fort lorsque résonne « 7 Seconds », repris en chœur par une foule compacte et émue. « On va faire un peu de local », lance-t-il malicieusement avant d’entraîner le public dans les danses africaines. Quelques gouttes de pluie viennent ponctuer l’instant, sans jamais refroidir l’ambiance chaleureuse.

La Haine en live, la claque inattendue

Dimanche après-midi, la scène Angela Davis a offert un moment inédit avec La Haine – Jusqu’ici rien n’a changé, transposition scénique du film culte de Mathieu Kassovitz. Pensé avec Serge Denoncourt, le projet brouille les frontières entre les arts en associant théâtre, rap, danse et projections visuelles. L’ouverture, marquée par l’écho solennel du Chant des partisans, a immédiatement saisi le public avant de laisser place à une succession de tableaux : répliques cultes revisitées, chorégraphies percutantes et performances en direct d’une pléiade d’artistes parmi lesquels Youssef Swatt’s, Doria, Benjamin Epps ou encore Jyeuhair.

Le spectacle a atteint plusieurs sommets d’intensité, notamment avec un tableau dansé sur « Enemy » de The Blaze, ou encore l’arrivée de Médine sur « L’4mour », a transformé le spectacle en véritable ode au vivre-ensemble. Un moment inoubliable de cette Fête de l’Humanité !

Hoshi, l’émotion à fleur de peau

Hoshi avait un rendez-vous particulier avec la Fête de l’Huma. Treize ans après y avoir vu Patti Smith, elle monte à son tour sur la grande scène Angela Davis. Cachée derrière un parapluie, clin d’œil à son dernier album Cœur papillon, elle ouvre avec « Mauvais rêve ». Le public, déjà conquis, lui chante un joyeux anniversaire.

La suite est une montagne russe d’émotions : « Papillon », « Et puis t’as dansé avec moi », puis l’incontournable « Amour censure », titre symbole de son combat contre l’homophobie. L’émotion est à son comble lorsque la foule entonne « Et tout le monde déteste les homophobes ». Elle enchaîne avec des morceaux plus intimes « Tu vas me quitter encore longtemps », « Et même après je t’aimerai » avant le tant attendu, l’hymne générationnel « Ma Marinière », repris par des milliers de voix.

St Graal, la pop romantique déchaînée

Découvert aux Inouïs du Printemps de Bourges 2022, St Graal a confirmé son potentiel scénique. En tee-shirt Buffy et jupe noire, il a livré un set où la pop romantique se mue en défouloir collectif.

Le public reprend « Vampire » en chœur, conspue « Michel » lors du morceau éponyme, et se laisse embarquer dans le chaos joyeux de « Les dauphins ». Les spectateurs sautent, dansent, crient, c’est le bazar, mais un bazar magnifique. Il nous accroche guitare en main sur « Resto basket », comme une confession après la tempête.

Fishtalk, 47Soul et A.A Sarl : trois univers, une même énergie

Du côté des découvertes, trois formations ont particulièrement marqué cette édition. Les Français de Fishtalk ont imposé leur univers singulier, mélange de rock rugueux, de spoken word et de nappes bruitistes. Leur set, tendu et poétique, avait des allures de transe sombre où chaque mot résonnait comme une incantation.

Dans un registre plus festif, les Jordano-palestiniens de 47Soul, inventeurs du Shamstep, ont retourné la foule avec leur fusion détonante entre hip-hop, électro et dabké traditionnelle. Leurs beats lourds, portés par des chants fédérateurs, ont transformé la scène en une grande ronde où se mêlaient danse et revendication politique.

Enfin, lauréat du prix Grand Zebrock, A.A Sarl a défendu son projet avec une énergie communicative, naviguant entre musiques du monde et influences modernes. Une jeune pousse déjà très affirmée, qui incarne à merveille le rôle de tremplin que la Fête de l’Humanité offre aux artistes émergents.

 Maître Gims, la clôture populaire

En guise de bouquet final, Maître Gims a rassemblé la foule autour de ses plus grands succès : « Sapés comme jamais », « Bella », « J’me tire »… Des refrains devenus classiques, scandés par des dizaines de milliers de voix. Une clôture festive, populaire, à l’image de cette 90e édition record.

De la voix planétaire de Youssou N’Dour à la claque théâtrale de La Haine aux hymnes intimes de Hoshi, cette Fête de l’Humanité 2025 aura été une véritable mosaïque musicale et militante. Rendez-Vous l’année prochaine pour une fois de plus, écrire l’histoire.