Chaque fin de semaine, la rédaction de Phenixwebtv.com vous propose une sélection des nouveaux clips qui font l’actualité. Entre découvertes, coups de cœur et retours d’artistes confirmés, on vous embarque dans le meilleur de la création musicale en images
Oklou (feat. FKA Twigs) – Viscus
Oklou invite FKA Twigs sur son dernier morceau : une collaboration qu’on attendait depuis (très) longtemps. Les deux icônes de la scène pop alternative et expérimentale viennent livrer un texte introspectif, sincère et fragile, porté par leurs voix délicates et une mélodie éthérée. « Viscus » traite des questionnements et angoisses au plus profond de soi, viscérales. Au cœur du projet : la relation complexe, parfois obsessionnelle, avec leurs corps : un sujet à la fois intime et universel, qui rend l’écoute d’autant plus touchante. D’ailleurs, étymologiquement, viscus désigne les organes internes, renforçant ce mal-être physique.
La symbolique de la maison vient illustrer le conflit intérieur d’Oklou dans le clip. Cet endroit, source de chaleur et de réconfort, prend ici une dimension froide, sombre et chaotique, reflétant son état d’esprit. Malgré la banalité du décor, on ressent tout de suite un malaise, quasi claustrophobique. Enfermée dans l’obscurité, l’artiste ne réussit pas à sortir de chez elle. Un parallèle avec une prison qu’on se forge soi-même. Elle tourne en rond, sans but précis, jusqu’à l’apparition lumineuse de FKA Twigs. Entre fragilité et compassion, et un échange de regard intense en émotions, sa présence brise le sentiment d’isolement et de solitude. En tendant la flûte à Oklou, elle lui offre une lueur d’espoir. La vidéo se clôt sur le tableau d’une forêt paisible, signe d’une guérison possible.
Chet Faker – This Time For Real
En prélude à la sortie de son nouvel album « A Love For Strangers », attendu le 13 février 2026, Chet Faker revient avec « This Time For Real », un single radieux et plein d’assurance. Fidèle à son univers entre groove feutré et pop électro contagieuse, l’artiste australien signe un morceau à la fois introspectif et euphorisant, où la voix caressante s’élève sur des lignes de basse souples et un beat irrésistible. Derrière la légèreté du rythme, ce titre évoque la sincérité retrouvée, le désir d’aimer sans artifice et de renouer avec soi-même.
Le clip, aussi décalé que solaire, prolonge cette énergie avec un humour désinvolte typiquement fakerien. Chet Faker y sillonne New York en jet-ski, en voiture de sport et même en vélo-taxi disco, transformant la ville en un immense terrain de jeu. Entre plans cinématiques sur la baie de Manhattan, virées au milieu des gratte-ciel et errances parmi les touristes, l’artiste promène son allure nonchalante et son pull arc-en-ciel comme un manifeste de liberté. La séquence finale, où il s’éloigne les mains dans les poches, achève le clip sur une note douce et ironique : celle d’un homme qui avance, sans se retourner.
Alexandre Deschamps – Le cycle des Saisons
Alexandre Deschamps livre, avec « Le Cycle des Saisons », une ballade lumineuse où la mélancolie se mêle à l’élan du renouveau. Sur un refrain entêtant, il chante le besoin de s’échapper, de tout recommencer, de suivre le fil du temps comme une promesse de transformation. Entre douceur pop et éclats rock, le morceau capte l’instant fragile où l’on quitte l’hiver pour retrouver la lumière. Sa voix, tour à tour vulnérable et pleine d’élan, en devient le souffle conducteur.
Réalisé comme une traversée symbolique, le clip suit Alexandre dans un périple entre glace et océan. On le découvre arpentant des paysages froids, entre montagnes enneigées et cascades figées, avant de rejoindre la mer et ses reflets mouvants. Chaque décor semble marquer une étape, une saison intérieure. À la fin, l’artiste s’éloigne sur une terre aride, silhouette minuscule dans l’immensité, comme s’il bouclait son cycle avant d’en entamer un autre.
Debono – Les autres
Le duo Debono continue d’observer notre époque avec lucidité et humour. Ce second souffle donné au single « Les autres » à travers un clip décalé renforce le propos d’une chanson déjà bien ancrée dans son temps. Celle d’un monde obsédé par le regard des autres, où la comparaison constante finit par étouffer l’authenticité. Clara et Victor signent ici un titre à la fois pop et critique, plein d’ironie douce et d’énergie contagieuse, qui nous invite à lâcher prise, à rire de nous-mêmes et, surtout, à vivre pour soi.
Le clip, aussi absurde qu’intelligent, illustre à merveille cette idée. On y suit un personnage au visage dissimulé par un masque en forme d’émoji « caca », symbole d’un anonymat grotesque et d’une uniformité numérique. Il erre, danse et se libère peu à peu dans différents lieux du quotidien (métro, marché, ruelles, quais de Seine) comme s’il reprenait possession de sa liberté à mesure qu’il se dépouille de ses attributs sociaux. Sa cravate tombe, sa veste s’envole, et c’est en dansant seul, face à la ville, qu’il retrouve enfin un peu d’humanité.
LMA – Employé du mois
Après le succès critique de son premier album Petit Prince, LMA fait un retour retentissant avec Inutile, un nouveau projet réalisé aux côtés de Yoann Lê (M83, Bigflo & Oli, Christophe). Toujours ancré dans un rap à texte, l’artiste toulousain s’affranchit des codes pour explorer des sonorités hybrides, entre électro nerveuse, refrains pop et éclats rock. A l’image de son nouveau single « Employé du mois », à travers lequel il dresse le portrait ironique d’une génération paumée dans un monde absurde, oscillant entre cynisme et tendresse.
Le clip, au ton satirique et visuellement percutant, met en scène LMA dans une succession de tableaux aussi drôles que dérangeants. Chemise blanche, cravate rouge, visage impassible, il incarne à tour de rôle l’employé modèle, le fêtard épuisé, la victime du système ou son bourreau. On le voit tour à tour pédaler dans le vide, se maquiller, être torturé par deux femmes masquées, ou encore recevoir une poignée de main grotesque en tant qu’ »employé du mois ». La mise en scène, surréaliste et crue, dépeint une société où tout se confond jusqu’à l’absurde.
Sacha – Désaccords
Sacha poursuit sa mue avec « Désaccords », un titre pop-rock vibrant où l’amour se consume lentement, entre passion et désillusion. Sur une production à la fois nerveuse et élégante, il chante les fissures d’un couple au bord du gouffre, quand les mots se brisent et que les regards se fuient. Tout en tension et en retenue, sa voix se fait le miroir d’une génération partagée entre désir d’absolu et peur de la rupture.
Réalisé par Antonin Bonicel, le clip s’inspire librement de My Bed de Tracey Emin et traduit visuellement cette lutte intérieure. On y découvre Sacha, seul dans un décor épuré, presque clinique, où le blanc domine jusqu’à l’étouffement. Étendu sur son lit, il semble chercher une échappée, finit par déchirer le tissu qui l’enferme et s’en extirpe, tandis que les plumes s’envolent autour de lui comme les restes d’un rêve. En parallèle, un couple de danseurs incarne la passion et la rupture dans une chorégraphie sensible et fiévreuse. Entre isolement et mouvement, le clip met en scène le chaos amoureux avec une intensité pudique, fidèle à l’esprit du morceau.
Loons – My Way
Loons dévoile un nouveau chapitre de son univers avec « My Way », un titre tendu, incandescent, où l’énergie brute se mêle à une mélodie limpide. Le trio montpelliérain signe une pièce à la croisée du grunge et du post-hardcore, portée par une rythmique nerveuse et des guitares abrasives. Derrière la fougue de ce titre qui sonne comme une déclaration d’indépendance, un cri, mais aussi une promesse, on lit l’urgence d’une génération qui avance sans calcul, portée par une production ciselée signée Amaury Sauvé.
Le clip, tourné entre Vienne et Bratislava, suit cette même énergie. Entre errance urbaine, visages filmés à la volée et extraits live au Rockstore de Montpellier, la vidéo tisse un récit fragmenté, à l’image du morceau. Les contrastes entre solitude et explosion scénique traduisent cette dualité chère au groupe : la mélancolie d’un monde en mouvement et la communion viscérale du live. Porté par une mise en scène nerveuse et poétique, ce nouveau clip capte l’essence du groupe, celui de trois musiciens qui avancent, tête baissée, sans calcul, avec une sincérité rare.
Nicolas Fraissinet – La corrida
Dans le sillage de Joie Sauvage, son projet mêlant musique, poésie et engagement, Nicolas Fraissinet revisite un monument de la chanson française : « La Corrida » de Francis Cabrel. Fidèle à son univers sensible et habité, il en propose une version piano-voix d’une intensité rare, où chaque mot résonne comme une plaie ouverte. Dépouillée de tout artifice, cette relecture met à nu la beauté du texte et sa portée universelle, un cri d’empathie et de révolte face à la souffrance animale.
Le clip, sobre et intimiste, se concentre sur l’essentiel : l’artiste, son piano, son micro et la lumière fragile qui éclaire son visage. Dans cette semi-obscurité, chaque geste, chaque respiration semble chargé d’émotion contenue. Nicolas ne rejoue pas « La Corrida », il la vit, seul face à l’instrument, comme une prière moderne dédiée à ceux qui n’ont pas de voix.
Los Fanfarons – Ce dragon-là
Écrit et composé par Cléa Vincent et Romain Sanderre, « Ce dragon-là » dévoile toute la fantaisie singulière de Los Fanfarons. Entre pop espiègle et poésie surréaliste, le morceau joue avec les contrastes (douceur sucrée et tension volcanique) pour célébrer ces émotions qui bouillonnent sous la surface. Une chanson pleine de malice et de mystère, à l’image du groupe, qui transforme le quotidien en aventure sensorielle.
Le clip, réalisé par Roberto Cicogna, nous entraîne dans l’univers insolite du Magical Dragon Kitchen, un restaurant hors du temps où chaque plat réveille un souvenir enfoui ou un rêve oublié. À travers une succession de tableaux étranges et colorés, les convives se laissent happer par des mets qui explosent, s’embrasent ou s’évaporent, comme s’ils goûtaient à leurs propres émotions. Entre surréalisme, humour et poésie visuelle, cette mise en scène culinaire devient une métaphore savoureuse de la mémoire et du désir.
Hélène in Paris – Christmas in Paris
Alors que les premiers frimas s’installent, Hélène in Paris fait briller la saison avec « Christmas in Paris », un single élégant et chaleureux qui capture toute la magie des fêtes dans la capitale. Entre piano scintillant, cordes soyeuses et chœurs enveloppants, la chanteuse signe une véritable carte postale sonore de la Ville Lumière en hiver. L’émotion, la convivialité et la grâce d’Hélène s’y mêlent dans un hymne à la joie simple et au partage, tout en délicatesse.
Le clip, tourné dans le cadre somptueux du restaurant Maxim’s, plonge le spectateur dans un décor féérique digne d’un conte de Noël. Entre lumières dorées et décorations scintillantes, Hélène déambule avec élégance parmi les tables, se mêle aux convives, et apporte sa touche de magie au milieu des serveurs qui dansent, plateau en main. Tout respire la fête, la complicité et ce charme typiquement parisien, un instant suspendu, entre raffinement et émerveillement.
Moi & Michael – Arrêtez de faire des gosses
Sous ses airs faussement légers, Moi & Michael revient avec « Arrêtez de faire des gosses », un titre aussi drôle que dérangeant. Sur une pop malicieuse et accrocheuse, l’artiste s’amuse à tourner en dérision l’obsession de la reproduction et les dérives de notre époque. Derrière l’ironie et le sourire, il interroge : que transmet-on vraiment aux générations futures ? Entre provocation et lucidité, l’artiste livre un manifeste absurde et salutaire, quelque part entre Stromae et Philippe Katerine.
Le clip, réalisé par Pauline Dupin et Camille Guillemain, traduit parfaitement cet humour grinçant. Michael, maquillé en clown triste, chante face caméra, cerné par des gestes étranges : des doigts qui effleurent son visage, le mime d’un coup sur la tempe, un petit avion qui vole autour de lui… Peu à peu, on découvre que les auteurs de ces provocations sont… des enfants. Ligoté, impuissant, il subit leurs caprices tandis qu’ils s’amusent à ses dépens. Une fable visuelle cruelle et hilarante, qui rappelle que parfois, les monstres ne sont pas ceux qu’on croit.
Hélène Barbier – Kindness in a cup
Après le rêve éveillé de « Lapin », Hélène Barbier poursuit sa mue avec « Kindness in a Cup », deuxième extrait de son prochain album Panorama, attendu le 14 novembre chez Bonsound. Sur une basse lancinante et un rythme feutré, la musicienne montréalaise déploie une avant-pop subtile, où fragilité et force se répondent. Sa voix, suspendue entre douceur et tension, explore la ligne fine entre le lâcher-prise et la survie. Un morceau apaisant et hypnotique, aussi clair que trouble, qui confirme la singularité de son écriture musicale.
Le morceau s’accompagne d’un visualizer signé Olivia-Faye Lathuillière, entièrement centré sur la nature. La caméra y progresse lentement au milieu de cactus, observant leurs formes et leurs détails comme autant de symboles de résilience. Un décor sobre et vivant, où la douceur du morceau se mêle à la rigueur du désert, un équilibre parfait entre sérénité et âpreté.
