Chaque fin de semaine, la rédaction de Phenixwebtv.com vous propose une sélection des nouveaux clips qui font l’actualité. Entre découvertes, coups de cœur et retours d’artistes confirmés, on vous embarque dans le meilleur de la création musicale en images.

RosalíaLa Perla

Avant ses dates à l’Accor Arena les 18 et 20 mars 2026 avec le Lux Tour, Rosalía dévoile « La Perla », l’un des morceaux les plus tendus de son nouvel album Lux. Souvenez-vous, nous vous parlions de ce nouvel opus à la grâce solaire, que nous avons préféré au précédent. Dans ce dernier, l’artiste s’évade un peu pour régler ses comptes avec une personne toxique, qu’elle décrit sans détour, à travers cet extrait vidéo. Derrière les mots durs, il est surtout question de protection, de survie, et du moment où l’on décide de ne plus encaisser.

Signé Stillz, le clip suit cette idée à la lettre. Rosalía apparaît souvent équipée, presque blindée : tenue d’escrime dans une pièce blanche, sur la glace, dans un skate club, entourée de chines dans un parc. Elle conduit, fume, marche seule en ville, écoute de la musique. Peu de gestes spectaculaires, pas de confrontation, juste une présence droite, concentrée, qui avance. A la fin, on la retrouve seule sur la piste de glace déserte, et dans une posture qui n’appelle pas à la revanche, mais juste celle d’une femme qui tient debout et s’éloigne lentement.

Sam SauvageJe ne t’aime plus

Sam Sauvage confirme qu’il est l’un des visages qui comptent sur la scène française actuelle. Avant la sortie de son premier album Mesdames, messieurs, attendue le 30 janvier 2026, il dévoile « Je ne t’aime plus », un titre frontal né d’une phrase entendue par hasard dans un café. La chanson parle de ces amours qu’on laisse traîner par peur de dire la vérité, jusqu’à se faire mal à soi comme aux autres. Sans pathos inutile, le jeune artiste met des mots simples sur une lâcheté très humaine, avec une justesse qui touche.

Le clip accompagne cette idée de flottement et d’hésitation. Entre une gare, des trajets nocturnes en voiture et des moments à deux pris sur le vif, les images alternent souvenirs heureux et solitude silencieuse. On sent la rupture arriver bien avant qu’elle n’ait lieu, dans les regards, les gestes, les trajets en boucle. La gare devient le point final, celui où l’on finit par se séparer, à travers une mise en scène discrète, presque banale, qui rend le propos encore plus vrai.

Clou – Chant de Noël

À quelques jours des célébrations de Noël, Clou dévoile le clip de « Chant de Noël », extrait de l’album À l’évidence, et prend le contrepied des fêtes bien rangées. Elle y chante sans détour son rejet de Noël, des réunions forcées et des traditions qui sonnent creux. Pas de faux-semblants ici, elle préfère la famille qu’on choisit, l’amour présent, la vraie chaleur. Une façon simple et honnête de rappeler que la magie n’est pas toujours là où on l’attend.

Le clip ressemble à un carnet de route. Clou roule, regarde l’horizon, pendant que défilent des images prises sur le vif lors de la tournée d’automne. Des moments partagés, des visages, des rires, comme un karaoké improvisé pour tenir à distance le blues du dimanche soir. Rien de figé : juste le mouvement, l’équipe, et cette impression de liberté douce qui colle à la chanson.

AjarPas cömpris 

Depuis sa « Maisön » dévoilé en début d’été dernier, Ça faisait un moment qu’on n’avait plus eu de nouvelles de notre Ajar. Et maintenant on comprend un peu pourquoi si l’on en juge par son nouveau single « Pas cömpris », à travers lequel il raconte une rupture qui laisse sans mode d’emploi. Sa copine, qui dort dos à lui depuis quelques temps, est partie pour une fille, et lui fait semblant de ne pas comprendre, alors que tout est déjà clair. Les mots sont simples, parfois crus, souvent drôles, toujours un peu amers. Le tréma dans le titre dit bien ça du décalage, du bug, et l’impossibilité de digérer.

Le clip signé Matias Sahnoune reste à hauteur d’homme. Ajar chante face caméra, entre ombre et lumière, assis sur un lit ou debout dans ce qui ressemble à une chambre épurée. Puis il sort, traverse la ville, chante sur un passage clouté au milieu des passants, et ensuite revient à l’intérieur, où ça danse, ça déborde, puis il disparaît du cadre. Derniers mots à l’écran « pas compris », de manière basique et simple comme dirait l’autre.

NoKlichéTouch

On vous emmène à la découverte du duo NoKliché, qui signe un morceau fait pour les fins de nuit, quand le corps lâche prise et que l’esprit flotte encore. « Touch » avance sans brusquer, entre house soyeuse et souvenirs dance des années 90-2000. La basse disco déroule, les synthés enveloppent, et cette voix samplée qui répète « turn off the light » agit comme un mantra. C’est sensuel, chaleureux, parfaitement dosé : un titre qui installe une tension douce et donne envie de rester sur la piste un peu plus longtemps.

Tourné à Montréal en fin d’automne, le clip réalisé par SENUSI capte cette énergie de liberté simple. Un couple traverse la ville et la nuit sans but précis : route, appartement, magasin, station-service, danse spontanée à chaque arrêt. Les gestes sont naturels, les moments suspendus, comme une parenthèse hors du temps. Puis tout se referme, le dernier plan renvoie au point de départ, solitaire. Une illustration qui raconte l’intensité des instants partagés, et ce qu’il en reste quand les lumières s’éteignent.

SEX SHOP MUSHROOMS – Today my Girlfriend’s Dead

Nous les aimons beaucoup ces petits champignons, depuis que nous les avions découverts directement sur scène à l’occasion de la deuxième édition du Kreiz Y Fest, en mai 2024. Ils nous avaient ramenés à l’époque de nos 17 ans, alors que la musique grunge et le punk occupaient une bonne partie des bandes musicales de nos soirées entre potes. Depuis, Timothée (chant/guitare), Giulia (batterie), Victor (guitare lead), et Cyprien (basse), ont parcouru du chemin à défendre, sur scène, leur premier album « God Doesn’t Exist » (sorti en avril 2024) et s’apprêtent à dévoiler son successeur “131217”, le 30 janvier prochain. 

« Today my Girlfriend’s Dead », le troisième extrait de ce second disque, évoque les regrets qui nous hantent lors de la perte subite d’un être cher et la colère qui en résulte. Le timbre de voix éraillé de Timothée prend aux tripes tant par le désespoir qui habite les premières minutes que par le cri de colère déchirant qui clôture ce morceau. Le clip, réalisé par Adrien Marcel, met en scène un vieil homme qui semble revivre, à travers un ancien poste de télévision, ses souvenirs déformés semblables à des fantômes et se laisse emporter dans une danse libératrice.  

Dirty Rodeo – Summer

Tiens, une chanson pour dire qu’on y croit encore, qu’il n’est pas trop tard !? Cette note d’optimisme n’a pas manqué d’attirer notre attention, à plus forte raison sur une musique porteuse de tensions et de sonorités sombres, le tout accompagné d’images de dinosaures extraites du film The Lost World (1925) réalisé par Harry O. Hoyt, inspiré du roman du même nom de Sir Arthur Conan Doyle. La froideur de l’ambiance contraste étrangement avec la chaleur du titre « Summer » et du message délivré Let’s unit and work to make ourselves freeDirty Rodeo, ce sont deux frangins unis par la même passion qui les pousse à défendre ensemble leur musique depuis maintenant 10 ans.

Cette invitation à nous serrer les coudes, ils l’appliquent à la lettre, puisqu’ils ont proposé à d’autres artistes de remixer leur musique pour en faire une compilation dont le bénéfice des ventes fut reversé, pendant le confinement, au collectifChabatz d’Entrar (soutien aux réfugiés). Pendant 3 ans, ils ont également participé à un spectacle pour la prévention des risques auditifs (dispositif Agi-son). Allez, les petits ruisseaux font les grandes rivières, suivons leur exemple et n’oublions pas que chaque action bienveillante représente un pas en avant vers un monde meilleur. Dirty Rodeos’apprête à sortir un nouvel album intitulé « AT LEAST WE TRY », à paraître le 13 février 2026.

SUNBlood

Longue chevelure blonde au vent, robes claires et bouffantes, voici la tenue de scène de SUN, princesse du metal, dont l’univers musical revendique une mélange de sonorités pop, par moment déchirées d’un scream ou de grosses guitares. Sa fragilité n’est qu’une apparence et ses chansons traitent de thèmes combatifs. Les deux derniers singles Warrior Riot Grrrl et Krystal Metalabordent respectivement les sujets d’un mouvement punk féministe des années 90 et de l’adolescence accompagnée de son apprentissage des vertus cathartiques de la créativité.

Ce nouveau clip illustre le morceau Blood issu du premier album de SUN, Krystal Metal, paru au printemps dernier. Il y est question de se défaire des liens du sang s’ils nous apparaissent toxiques, de trouver une voie vers la libération de ces entraves, ici illustrée par une porte rouge au milieu d’un champ. Les images réalisées par Jonathan Lhote donnent corps au récit : visage sanglant puis douche purificatrice illustrent de manière métaphorique l’affranchissement de ces liens familiaux néfastes. SUN se produira sur la scène de l’Élysée Montmartre, le 28 mars 2026.  

Echo Says EchoStuck in Eternity

Echo Says Echo franchit clairement un palier avec « Stuck in Eternity », premier aperçu de l’album Aithaleia attendu fin février. Le quatuor parisien pousse ici le post-rock dans une dimension plus ample et cinématographique, où la montée en tension se fait lente mais implacable. Les guitares étirent le temps, la rythmique impose une gravité sourde, et l’ensemble dégage un magnétisme presque hypnotique. On sent un groupe plus sûr de lui, techniquement affûté, capable de conjuguer puissance brute et atmosphère éthérée sans jamais tomber dans la démonstration.

Le clip animé réalisé en 3D par Thomas Baratte (batteur du groupe) et sans intelligence artificielle accompagne parfaitement cette sensation d’enfermement. On suit un personnage casqué, prisonnier d’un décor en feu, condamné à revivre la même trajectoire encore et encore. L’apparition d’un double renforce l’idée de boucle et de face-à-face intérieur. Sans narration appuyée, la vidéo laisse surtout une impression persistante, celle d’un monde figé, brûlant, dont on ne sait pas vraiment comment sortir.