Lundi, au bar Kinagua à Paris, Thérèse nous a présenté « True Punks », un single pop qui fait de la sobriété un geste punk.
Sorti mardi 13 janvier, « True Punks » marque la première pierre d’une nouvelle ère pour Thérèse, après L’Attente (2024). Un retour qui ne cherche ni l’escalade ni la surenchère, mais une forme de lucidité joyeuse. Présenté lors de son lancement presse lundi au bar Kinagua, à Paris, ce nouveau single s’est accompagné d’un clip que l’artiste a pris le temps de décrypter, notamment à travers certains choix forts, comme la présence visible mais non revendiquée de personnes d’origine asiatique. Une normalité assumée, intégrée à la pop culture sans discours surplombant.
Être punk aujourd’hui
Connue pour ses projets hybrides et engagés, à la croisée de l’hyperpop, du hip-hop et de l’électro, Thérèse poursuit ici son travail d’orfèvre pop philosophique. « True Punks » s’attaque frontalement aux injonctions festives et aux artifices d’une sociabilité anesthésiée par l’alcool, les drogues ou la surconnexion. Sur un beat aux accents 2000’s signé Adam Carpels et Jules Minck, elle inverse les rôles : la vraie dissidence consiste à boire de la camomille, manger des aubergines et se réveiller sans téléphone.
Au cœur du titre, il y a cette idée simple et radicale : être punk aujourd’hui n’a plus grand-chose à voir avec une crête ou une 8.6, mais beaucoup avec la capacité à s’émanciper de ce qu’on nous pousse à consommer. Alcool omniprésent, drogues, téléphone, porno, réseaux sociaux : l’aliénation change de visage mais reste la même. Thérèse insiste : il ne s’agit ni de morale ni de police des comportements. « J’ai consommé moi-même. La question, c’est à partir de quand tu deviens aliéné à la substance. »
Une pop intime et politique, portée par un clip coloré
Ce discours prend une dimension intime lorsqu’elle évoque sa transplantation, survenue il y a trois ans. Une sobriété d’abord subie, devenue peu à peu une force. « Au début, je la vivais comme une contrainte. Aujourd’hui, elle me renforce. » L’arrêt des substances, combiné à un travail thérapeutique assumé, lui a permis de stabiliser ses rythmes, de mieux habiter son hypersensibilité, et surtout de se réapproprier sa vie sans échappatoire artificielle.
Le clip, comédie satirique ultra-pop réalisée par Marie-Laure Blancho, traduit cette réflexion par une galerie de personnages : trad wife, mini-Thérèse burlesque, punk, mafiosa, figure kawaii inspirée de Kuromi… Autant de facettes d’une même personne, autant de manières d’exister sans se laisser enfermer. « On est plein de choses, mais on nous met toujours dans des cases », rappelle l’artiste, qui dit continuer à chanter la liberté tant qu’elle ne sera pas réellement possible.
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