Chaque année, Le Printemps de Bourges organise des auditions régionales dans le cadre des iNOUïS : un dispositif dédié à la découverte musicale qui met en lumière les talents émergents. Autrement dit : une occasion rêvée pour les artistes qui souhaitent booster leur visibilité. Pour 2026, près de 162 artistes à travers la France ont participé à ce tremplin dans l’espoir de faire partie de la prochaine édition du festival, qui se déroulera en avril.
Chez Phénix Web Tv, nous portons à cœur la découverte musicale : c’est pourquoi nous avons décidé d’assister à l’audition régionale du Grand Est, qui s’est tenue ce 9 janvier au sein des chaleureux murs de l’espace Django à Strasbourg. Au programme : DAMAGHEAD, NAEKO, Zoe Heselton & Sister Outsider, any et Moss Velveta.
Après une première présélection, ces 5 noms nous ont bien prouvé qu’ils étaient déterminés à passer la prochaine étape, et représenter l’antenne Alsace. Cette envie de vibrer plus haut, plus fort, s’est faite ressentir tout au long de la soirée, et nous rappelle une fois de plus l’importance de soutenir la scène locale.
DAMAGHEAD, un groupe strasbourgeois qui nous avait déjà tapé dans l’œil en octobre dernier, a ouvert le bal. En à peine 30 minutes, le trio de garage punk réussit à électriser la salle à coup de head bangs et de riffs envoûtants. Qu’il s’agisse de titres exclusifs ou de singles déjà dévoilés, comme “College of My heart”, l’adhésion était totale. Le public a été traversé d’une énergie punk, insolente et contagieuse, à l’image de DAMAGHEAD. Entre une attitude décontractée de rockstar et une complicité évidente, les membres ont su élever leur performance scénique, fruit d’une résidence à l’Espace Django, renforçant l’intensité (et l’authenticité !) des morceaux joués.


C’est ensuite au tour de Zoe Heselton de prendre le micro, accompagnée de Sister Outsider à la basse. Dès les premiers instants, le temps s’arrête, comme suspendu. Porté par sa voix profonde et grave, le poème qu’elle nous partage capte immédiatement l’attention de la salle. Le ton est donné : Zoe nous promet un set intime et puissant, où chaque mot a son importance. Grâce à des textes engagés et révoltés, accentués par des passages expérimentaux, sa prestation aura certainement marqué plus d’un esprit. Cette tension palpable, électrique, a fait honneur à son projet Annoter Kind of Suicide, qui a résonné d’une manière inédite.


Après cette parenthèse poétique et crue, la suite de la programmation annonce un changement d’ambiance, plus dansant et festif. NAEKO, qu’on avait repéré sur la scène Greenfloor au Cabaret Vert cet été, nous a éblouis avec sa scénographie et ses jeux de lumières. Si les thématiques de ses titres sont introspectives, intimes et parfois sombres, l’énergie ressentie était pourtant lumineuse et chaleureuse. En bref : une preuve que l’hyperpop fonctionne autant en audio qu’en live. Impossible d’ignorer la fanbase présente pour le soutenir, qui chantait ses morceaux à ses côtés, en particulier pendant “Le son de l’âme”. NAEKO a confirmé sa capacité à créer et maintenir une connexion forte avec le public, totalement conquis.


Les festivités se sont poursuivies avec any et Moss Velveta, qui ont livré des sets électro pour clôturer la soirée comme il faut. Cet enchaînement nous a permis d’apprécier toute la diversité de la scène électronique, passant d’une énergie électro-pop à une atmosphères plus immersive et ambiante. Le public s’est laissé emporter par la musique, tandis que le jury a eu matière à délibérer. Avec des propositions aussi éclectiques que poignantes, le message est clair : Strasbourg et sa région regorgent d’excellents artistes à découvrir.
