Chaque fin de semaine, la rédaction de Phenixwebtv.com vous propose une sélection des nouveaux clips qui font l’actualité. Entre découvertes, coups de cœur et retours d’artistes confirmés, on vous embarque dans le meilleur de la création musicale en images.
Elephanz – Invisible
Elephanz continue d’explorer cette pop élégante et mélancolique qui les suit depuis leurs débuts, à travers leur nouveau single « Invisible ». Le morceau parle de ceux qui avancent sans bruit, avec ce sentiment tenace d’être à côté du cadre, trop discrets pour peser vraiment. Porté par des accents 60’s et une touche glam, le titre joue sur l’autodérision plus que sur le pathos, jusqu’à un final ample et orchestral qui donne soudain de la grandeur à cette invisibilité assumée.
La lyric video prend le contrepied du discours. Sur un court de tennis bleu ciel, le duo s’affiche dans une mise en scène volontairement décalée : assis sur un banc, un peu absents, puis debout à danser, à se faire face raquette en main ou à marcher sous des parapluies. Les paroles s’invitent à l’écran pendant que l’ennui devient chorégraphie. Un décor trop vaste, presque vide, pour deux silhouettes qui s’amusent justement de ne pas être au centre.
St Graal – Contre-soirée
St Graal accompagne la sortie de son nouvel EP Les dernières histoires d’amour de St Graal avec le clip de « Contre-soirée », un morceau qui parle surtout de l’après. Celui qui arrive quand la fête est finie, quand il ne reste plus que le silence et quelques traces au sol. Le titre avance calmement, un peu désabusé, porté par cette sensation de décalage entre ce qui a eu lieu et ce qu’il en reste. Une bonne mise en bouche avant de vous proposer la chronique de ce beau projet, dans les jours à venir.
Le clip se déroule presque entièrement sur un parking vide, au petit matin. St Graal s’y réveille seul, face à une Mercedes immobile, vestige de la nuit passée. Les images de la soirée reviennent par flashes : des corps qui dansent, de la vie, du bruit. Lui reste là, guitare à la main, à jouer au milieu des verres en plastique abandonnés. Une contre-soirée, littéralement, où la musique devient le seul moyen de tenir compagnie au vide.
Laelou – L’île aux cygnes
« L’Île aux cygnes », le nouveau single du projet de Laelou, ressemble à une lettre qu’on n’enverrait jamais. L’artiste y parle d’une rupture en s’accrochant à un lieu précis, comme on s’accroche à un souvenir pour ne pas tomber. Le morceau avance doucement, guitare et voix d’abord, puis le cœur s’emballe. La batterie apporte une tension plus physique, un passage électronique trouble l’équilibre, avant un retour à quelque chose de plus calme. Une chanson fragile, mais tenue, qui dit la peine sans chercher l’effet.
Visuellement, tout tourne autour de l’entre-deux dans ce clip qu’elle a co-realisée. On la voit évoluer sous un grand voile blanc, comme suspendue, puis Paris apparaît : l’île aux cygnes, la Seine, la Statue de la Liberté, la Tour Eiffel, filmés comme des souvenirs un peu flous. Les images ont parfois l’air d’archives, comme si le temps avait déjà passé. Tout de rouge vêtue vers la fin, elle danse, puis revient marcher sur l’île. Un va-et-vient constant entre l’intérieur et l’extérieur, entre ce qui déborde et ce qui reste silencieux.
Clement Visage (feat. Vonfelt) – Auto-Pilote
Avant de le retrouver le 23 janvier à la maison de la radio où il est annoncé à l’affiche de l’Hyper Weekend Festival, Clément Visage continue d’affiner sa pop électronique, à la fois douce et légèrement trouble. En duo avec Vonfelt, il signe un morceau qui avance tout droit, sans à-coups, comme ces moments où l’on roule longtemps sans vraiment s’en rendre compte. La musique est fluide, répétitive juste ce qu’il faut, la voix calme guide plus qu’elle ne dirige. On est là, mais déjà ailleurs.
Réalisé par Clément Visage lui-même, le clip reste dans cette zone flottante. Dans une pièce tapissée de miroirs, les deux artistes, en costume-cravate, se font face, se croisent, se regardent ou s’évitent. Une mallette circule de main en main, comme un objet sans réelle destination. Les reflets se multiplient, la trajectoire semble claire mais le sens reste trouble. Une mise en images simple et efficace de cet état sous pilote automatique.
Hippocampe Fou – ASMR
Rappeur au vocabulaire particulièrement riche et varié, Hippocampe Fou explore continuellement de nouveaux concepts tout en conservant son style marqué par l’autodérision, un flow très reconnaissable et une diction impeccable. Après L’Odyssée d’Hippo en 2022, album et spectacle pour enfant puis le disque Présent auquel l’artiste a convié sa famille proche à participer pour un résultat des plus authentiques, Hippo a distillé quelques singles au cours des derniers mois. Chômeur Showman et ASMR (sortis respectivement est novembre et en décembre dernier) portent un regard ironique sur son statut d’intermittent du spectacle, alors que Une année de plus, paru il y a quelques jours, aborde avec un sérieux habillé de douceur, les cycles qui habitent nos vies et le vide laissé par les personnes aimées disparues.
Nous souhaitons apporter un coup de projecteur au clip d’ASMR qui nous était passé sous le nez, rien d’illogique finalement puisque cette vidéo met en valeur des chorégraphies de bouches (celle-ci se situant, comme vous le savez, sous le nez, tout s’explique). Une réalisation participative, puisque les followers étaient invités à collaborer en envoyant leur propre danse de bouche. Porté par l’envie d’explorer toujours de nouvelles choses et par l’élan de partager sa passion, Hippo Fouvous donne rendez-vous chaque mardi de 12h à 14h sur sa chaîne TW!TCH (ici) pour L’Atelier Rap depuis le 18 novembre dernier.
Dajak – Hâte de vivre
Avant de revenir sur la soirée que Dajak nous a offert vendredi dernier, à l’occasion de la release party de son nouvel album Solar Stéréo, on vous propose l’extrait vidéo qui accompagne cette sortie .« Hâte de vivre » porte bien son nom. L’artiste y capte ce moment précis où l’on a besoin de bouger, de respirer, de s’éloigner un peu pour se sentir à nouveau vivant. Il y a quelque chose de très simple là-dedans, presque instinctif, une énergie calme mais déterminée.
Le clip d’Étienne Renollet suit ce mouvement. Des images de nature, de route, de montagne, d’amitiés partagées dans un chalet. Rien n’est spectaculaire, tout est fragmentaire : un chien qui court, une guitare posée, un visage collé à une vitre, la neige, la nuit. On sent le besoin de ralentir autant que celui d’avancer. Jusqu’à cette fin, seul face à la route, guitare en bandoulière, éclairé par les phares. Un instant suspendu, entre départ et arrivée.
k Sensei (feat. Haus of Bobbi) – C’est si beau
K Sensei redonne une nouvelle respiration à « C’est si beau » avec cette version acoustique partagée avec Haus of Bobbi. Ici, tout est dépouillé, à fleur de peau. La voix se fait plus fragile, presque chuchotée, portée par un piano discret et un violon qui vient souligner l’émotion sans jamais l’alourdir. Cette version acoustique donne l’impression d’entendre la chanson pour la première fois, comme si elle était dite plutôt que chantée. Le morceau gagne en intimité et laisse les mots respirer.
La vidéo accompagne cette douceur sans en faire trop, en se déroulant au bord de l’eau, dans une atmosphère calme et salée. D’un côté, le chanteur allongé dans le sable, le visage frôlé par les vagues ; de l’autre, le violoniste sur les rochers, face à la mer. Deux lieux se répondent, entre paysages marins et traces laissées par le temps. Les images prennent leur temps, s’attardent, laissent planer une sensation de suspension. Les corps se relèvent, se rapprochent, jusqu’à ce moment simple et fort : les deux hommes face à face, s’embrassant sur la plage. Une mise en images épurée, sensible, qui accompagne la chanson sans la surcharger.
Claire Days & Celia Kameni – Mauvais voyage
Claire days propose ici une lecture radicalement différente de « Mauvais voyage », un titre qui ne cherche plus l’explosion, mais la retenue. L’angoisse est là, toujours présente, mais elle se glisse dans les silences, dans les respirations, dans la façon dont les voix se frôlent. Le duo avec Célia Kameni apporte une tension douce, presque fragile, qui rend le malaise encore plus palpable. Tout est plus lent, plus posé, comme si la chanson avançait à pas feutrés dans un terrain sensible.
La session, réalisée par Elliot Sebbag, a été captée dans un intérieur calme, presque ordinaire. Trois musicien·nes, peu de mouvement, pas d’effet inutile. Les instruments se font discrets, laissant les voix prendre toute la place. La caméra observe sans intervenir, au plus près des visages et des échanges. On a moins l’impression de regarder un clip que d’assister à un instant volé, un moment de musique partagé, simple et profondément humain.
Pussy Miel – Délivré
La quatuor féminin Pussy Miel est encore très jeune, puisqu’il a sorti son premier morceau en mars 2024. Si les musiciennes sont techniquement sorties de l’adolescence, elles ont choisi de prolonger celle-ci comme une acte militant afin de préserver leurs capacités de révolte et leurs rêves de liberté, de sortir du cadre selon lequel l’âge adulte devrait faire de nous des gens sages et rangés. Cosmic Girl, notamment bassiste aux côtés de Lucie Sue (live report), investit ici le rôle de guitariste. Délivré, le troisième single de Pussy Miel, annonce la sortie de leur premier EP Bee Raged prévue pour le 13 mars prochain. Une fois n’est pas coutume, le texte est en français pour mieux porter le message, le cri de douleur qui résulte de la perte d’un proche, hurlé à travers une musique grunge/punk frontale.
Les images, session live filmée en plan séquence au Circus à Capbreton (berceau du groupe), invitent le spectateur à goûter à l’énergie brute délivrée par les quatre éternelles adolescentes en concert.
