Headkeyz fait partie de nos belles découvertes du Roazhon Rage Fest à Rennes au début du mois d’octobre dernier. Quelques semaines avant la sortie de leur deuxième album The Cage & The Crown : Chapter II, Edge – créateur, compositeur, chanteur et directeur artistique du projet – nous a accordé un long moment d’échange pour nous présenter le concept Headkeyz dans ses moindres détails

Il arrive parfois qu’un groupe ou un projet vienne à nous et non l’inverse. Ce fût le cas de Headkeyz puisqu’ils ont partagé l’affiche avec Ultra Vomit, deux fois en l’espace d’un mois et dans notre périmètre d’action. Quand Ultra Vomit passe dans une ville à moins de deux heures de route de chez nous, vous aurez de fortes chances de nous y croiser. Ainsi nous avons pu apprécier les prestations de Headkeyz au Liberté de Rennes et à l’Anova d’Alençon, le premier début octobre et le second début novembre. À l’issue de cette deuxième soirée, quelques mots échangés avec Edge (Adrien Girard) – le leader du groupe – au merch (après avoir fait la file pendant quelques dizaines de minutes, car oui, il y avait du monde pour Headkeyz) ont éveillé notre curiosité. La découverte de l’étendue du concept – musical et visuel – a motivé chez nous une proposition d’interview que l’artiste à gentiment acceptée.

Nous y évoquons l’évolution vers un son plus metal après le précédent projet pop ADG d’Adrien Girard, la belle tournée 2025, boostée par la signature chez Rage Tour Booking en début d’année, l’esprit de famille entre musiciens, le lien entre la musique et les images, les couleurs en noir et blanc, la connexion entre les deux premiers albums qui se reflètent mutuellement (The Cage & The Crown : Chapter I et II) et… le Polaroid.

En quelques mots, comment décris-tu, comment présentes-tu l’univers d’Headkeyz ?

Edge : Headkeyz est un projet que j’ai créé il y a quelques années, il a eu le temps de mijoter dans ma tête. Il s’agit d’un projet dans lequel je voulais réunir tous les aspects artistiques que j’aime aborder, tant au niveau du dessin qu’en termes de composition. L’idée était de créer un univers à part entière avec une DA (ndlr : Direction Artistique) très noire et blanc, très binaire. À la base c’était censé être un projet perso mais à force de travailler dessus, j’ai eu envie de le partager avec d’autres gens. C’est là qu’a commencé à naître vraiment Headkeyz, avec des musiciens qui ont aussi apporté leur touche à tout ça. On est devenu ami, on est une famille maintenant. Headkeyz, c’est un peu tout ça pour moi.

Tu composes toutes les musiques et tu écris tous les textes, mais y a- t-il une intervention des autres musiciens dans les arrangements pour certains morceaux ?

Edge : Pour les deux albums The Cage & The Crown : Chapter I et II, j’avais déjà réalisé des démos très construites et très écrites, mais c’est important de pouvoir s’adapter à chacun. Donc, si par exemple, quelqu’un sent plutôt un certain riff, une manière de jouer ou quelque chose dans le son, c’est important de pouvoir le modifier ou corriger une mise en place. Dans mon cas, mon premier instrument c’est la batterie même si je joue un peu de tous les instruments, donc, j’écris d’une certaine manière les parties batterie, mais c’est vrai que quelqu’un qui a l’habitude de jouer autrement ne va peut-être pas les ressentir de la même manière. Donc, je fais ce qui me vient instinctivement puis je lâche complètement le truc et si quelqu’un veut modifier quelque chose parce qu’il ne le ressent pas ou parce que ça ne lui parle pas, c’est important qu’il puisse apporter aussi sa personnalité à tout ça. Pour moi, c’est super important.

Depuis le début de Headkeyz, il y a eu pas mal de changements de line-up, toi qui tenais à cet esprit de groupe, comment tu l’as vécu ça?

Edge : Effectivement… D’ailleurs, on retrouve Clément, l’ancien batteur, sur les deux albums, parce qu’on avait fait toutes les prises et tout enregistré en même temps. Comme j’expliquais tout à l’heure, on ne se connaissait pas quand le projet est né, tout est allé très vite, on a appris à se connaitre en même temps que le projet naissait et certaines personnes se sont rendues compte qu’elles ne s’y retrouvaient pas forcément ou avaient d’autres visions de la façon de construire un projet, de comment on avance dans la musique.

Stella (ndlr : Stella Cristi une des deux guitariste du groupe) est arrivée cette année, elle est la dernière à avoir rejoint le groupe. Aidés par votre signature chez Rage Tour Booking, vous avez beaucoup tourné en 2025, vous avez vécu pas mal de choses ensemble. Ressens-tu, maintenant, cette cohésion de groupe que tu recherchais depuis la naissance de Headkeyz ?

Edge : Oui, oui, bien sûr ! Franchement, on rigole tout le temps. Les réels que je poste après chaque date, ce n’est pas du flan, on s’éclate, on vit une super aventure ! Il y a des moments plus difficiles aussi, parce qu’il faut tenir la route, c’est beaucoup de boulot, mais on s’entend bien. Franchement, c’est une belle équipe, c’est trop cool !

Les chapitres I et II ont été enregistrés en même temps, il n’y a pas un décalage avec l’évolution du groupe depuis tout ce temps ?

Edge : Effectivement, on n’en parle pas trop, le mix a été refait mais on a aussi réenregistré des choses. Par exemple, ce sont les lignes de basse de Sam, le bassiste actuel, sur le chapter II. C’est primordial d’avoir une évolution entre le chapter I et le chapter II dans la manière de lire le truc, la continuité entre les deux albums est importante, mais on voulait aussi retravailler le deuxième volet. Les batteries et certaines guitares sont d’origine, j’ai réenregistré toutes les voix, les basses ont été refaites, on a aussi rajouté certaines guitares par-dessus. Le mix a été fait par une autre ingé son et au niveau du mastering, c’est aussi différent.

Edge : J’ai le CD du nouvel album, je peux te parler de la pochette. À l’achat du premier album, on trouvait à l’intérieur, un petit bout de carton supplémentaire et tout le monde s’est demandé à quoi il servait. En fait, il permet de relier les deux albums et donc, ça donne un truc comme ça avec les deux yeux qui se correspondent. Dans le livret, il y a des nouveaux logos pour chaque titre, c’est globalement un miroir du premier et, tout comme le son, plus massif, plus poussé encore, plus réfléchi. Le but c’est d’aller plus vers cette direction là pour la suite, en terme de compo, plus immersif. On a prévu de sortir un vinyle, mais je ne l’ai pas encore reçu.

Pour la suite, après les deux chapitres de The Cage & The Crown, ça sera toujours toi qui écriras et composeras la base et les musiciens qui mettront éventuellement leur patte ? Ou bien la création pourrait être plus participative?

Edge : Pour l’instant, rien n’est défini. C’est parti pour être comme les deux précédents albums, mais un peu différent en termes d’écriture parce que ces deux premiers volets ont été écrits avant le Covid et finalisés pendant le Covid. Il y a des morceaux que j’ai écrits quand j’avais 19 ans et là, j’en ai 35. J’ai assimilé beaucoup de choses pendant toutes ces années et le fait d’avoir tourné avec ce projet-là m’a appris plein de choses. J’aimerais mettre un coup de neuf à tout ça, partir sur de nouvelles choses, pousser le projet plus loin. Évidemment, toute idée est bonne à prendre, je ne suis fermé à rien, il faut que ça corresponde à l’idée globale, à la DA du projet et que ça fonctionne.

J’avais compris que c’est au moment du confinement que tu étais passé d’un son pop (ADG ton précédent projet) à un son plus métal, mais ce n’est pas ce que tu m’as dit…

Edge : Disons que le confinement a fait naître d’autres choses au niveau du message, c’est plutôt là que j’ai écrit les textes des morceaux.

Ce sont les musiques que tu avais composées quand tu avais 19 ans ?

Edge : Tous les morceaux n’ont pas été composés quand j’avais 19 ans, mais Viking est un des plus vieux morceaux, c’est un des premiers morceaux que j’ai composé. Il sonnait beaucoup plus pop, je l’ai rendu un peu plus costaud mais on sent qu’il y a toujours une tonalité pop, dans les refrains notamment, mais j’y tiens, c’est ma marque de fabrique.

Il faut bien se définir à un moment mais j’ai lu que tu es ouvert à plein de styles de musique et que tu aimes bien les mélanger, que ta musique est le reflet de la façon dont tu te sens au moment de la créer. Penses-tu que la direction musicale de Headkeyz pourrait évoluer vers un style de musique différent ?

Edge : Oui, oui, bien sûr ! La base sera toujours très accentuée genre rock-metal, parce que c’est ce que j’aime dans tous les cas. Mais un jour, je dis ça au pif, il n’y a rien de défini, je pourrais avoir envie de faire un album acoustique ou un album très ambiant, ou bien, pourquoi pas, un album où il n’y a même pas de chant, je n’en sais rien. Pourquoi pas faire des trucs conceptuels ? On ne sait jamais, moi, je suis ouvert à tout, de toute façon.

Pourrait-on envisager, à un moment, un morceau un peu plus rap, c’est quelque chose qui pourrait t’inspirer ?

Edge : Alors justement, il y a une petite surprise dans ce style-là, sur l’album qui vient de sortir. Le métissage c’est cool de toute façon, on peut tout tenter. Pourquoi pas un album polka-metal un jour ? Non, ça, je déconne. Mais c’est en mélangeant les styles qu’on crée des choses aussi ! Si on reste cloisonné toujours dans la même chose, tout devient trop lisse et trop propre, ça ne m’intéresse pas.

Tout à l’heure, quand je t’ai demandé de décrire Headkeyz, tu as insisté sur la dualité noir et blanc. D’ailleurs, tu avais bien aimé une petite phrase que j’avais écrite dans mon live report du Roazhon Rage Fest (lire ici) : « Le rayon lumineux qui se crée un passage à travers une musique plus dense ». Encore là aujourd’hui, tu portes un t-shirt noir avec un petit bord blanc. Ta coupe de cheveux est noire avec une mèche blanche. Est-ce vraiment toi ? Tu te sens noir et blanc ?

Edge : J’adore le noir et le blanc, c’est parti du fait que je suis daltonien. J’avais deux grands pôles dans ma vie pour m’orienter, tous les deux dans l’artistique de manière générale : le dessin ou la musique. J’ai toujours voulu lier les deux, mais dans le dessin, je me suis retrouvé confronté à un problème : quand je voulais peindre ou dessiner en couleurs, je me gaufrais à chaque fois. Ça a été un blocage au départ, puis c’est comme ça que j’ai trouvé l’idée de dessiner en noir et blanc. Je ne dis pas que c’est une originalité parce qu’il y en a plein qui le font. Il y en a même qui font tout en noir, comme Soulages, par exemple, qui crée des toiles entièrement noires rien qu’avec de la matière. Je voulais aussi quelque chose d’un peu minimaliste, c’est pour ça que tout ce que je fais, c’est vraiment des traits assez simples finalement, assez lisibles.

Tu penses rester en noir et blanc au niveau de l’artwork pour la suite de Headkeyz ?

Edge : Oui ! Ou alors ça pourrait être du bicolore éventuellement, mais pas plein de couleurs parce que je vais m’y perdre et même moi, je ne verrais pas bien ce que je veux représenter, le message et tout ça.

Nous, on adore Supertartelette (Fiona Souques), vous êtes très présents sur son compte Instagram. Quand on la suit, on connait forcément Headkeyz, au moins de nom. Comment s’est faite la rencontre ?

Edge : Supertartelette nous soutient à fond, elle est géniale, on est devenu vraiment potes. On s’était rencontrés aux États Généraux du Metal – un salon de la musique métal avec différents intervenants, des master class et des concerts – qui a lieu à la salle Victoire 2 de Montpellier. Je lui avais donné l’album pour qu’elle l’écoute mais elle ne m’avait pas répondu, parce qu’elle reçoit 12 000 projets, c’est normal. Je me suis permis de la relancer, elle est allée écouter et apparemment, je parle en son nom, elle le dirait mieux que moi, elle a eu un vrai coup de cœur. Elle nous a suivis et elle nous aide beaucoup, je lui suis vraiment reconnaissant. Parce qu’elle le fait vraiment à fond, c’est trop cool, on manque de gens comme elle qui portent les projets. Notre métier de musicien/compositeur représente beaucoup de travail, beaucoup d’investissement et on a souvent peu de retours. On traverse de la pression, des doutes, mais c’est aussi très excitant, sinon on ne le ferait pas. En tout cas, quand des personnes comme Fiona (Supertartelette) nous font confiance, ça nous motive ! Récemment, on a été dans le top 10 du MIDEM des groupes rock-métal de l’année, c’est un truc énorme. Là, je me dis, « OK, c’est bon, je suis à ma place, on est tous à notre place ».

Au-delà de la musique et des dessins, l’univers d’Headkeyz présente également une dimension cinématographique. Vous avez réalisé sept clips issus des deux premiers albums, ils s’enchainent ou se reflètent et la DA de cette série est, encore une fois, issue de ton cerveau. Les vidéos se regardent dans cet ordre : Intoxicated, Viking, Killing God, Passenger, The Keys, Big Bad World, The Crown, on peut trouver la playlist sur votre chaîne YouTube. Quand on les regarde du début à la fin, on a l’impression que c’est une boucle, on cherche le message, on se pose des questions.

Playlist sur Youtube : « The Cage & The Crown » (Full Story) :

Edge : Oui, c’est le principe, il n’y a pas une fin claire, pas de trame précise, c’est ça qui est intéressant aussi : pouvoir se faire sa propre idée. J’adore le cinéma et j’aime les beaux clips. Dans les années 2000 ou même fin 90, les clips c’était vraiment un truc de ouf, on avait MTV qui vient malheureusement de mettre la clé sur la porte, je me rappelle que je regardais les clips, je les enregistrais même, car les émissions spéciales métal passaient pendant la nuit. Les groupes et les labels faisaient un énorme effort sur la conception des clips. J’adorais les clips de Korn, de Tool, je suis un grand fan de Tool. Tout ça m’a vachement imprégné, je lie vraiment la musique et l’image, c’est indissociable pour moi. Je voulais créer un univers visuel qui emmène les gens d’un point A à un point B en passant par d’autres points pour provoquer une émotion, un questionnement, une réflexion. Même si on ne comprend rien, ce n’est pas grave, il faut se laisser entraîner par l’univers.

La réalisation des clips est vraiment qualitative, j’imagine que la production représente un petit budget ?

Edge : Oui, j’avoue, c’est un métier passion. Il y avait le réalisable et le… on n’est pas Spielberg non plus. Le plus compliqué, c’est d’arriver à se freiner sur des idées encore plus ambitieuses, quand on imagine les budgets, on se rend compte que certaines choses ne sont pas faisables. On a réussi à se débrouiller pour faire un truc cool avec un peu plus que les moyens du bord quand même j’avoue.

Mon morceau préféré, c’est The Keys, mais, je n’ai rien à dire de spécial.

Edge : Je crois que tu n’es pas la seule, même nous, je crois que c’est notre morceau préféré.

Tu gères donc tous les aspects du projet : l’artwork, les paroles, la composition et les clips. À quel moment l’un influe-t-il sur l’autre ? Dans quel ordre intervient la création des différents aspects de Headkeyz ?

Edge : Tout est connecté parce qu’on retrouve des logos, des petits détails, par exemple des petits easter eggs qui sont planqués dans les clips et sur la pochette d’album mais la création se fait plutôt de manière séparée. La première chose qui a été faite, évidemment, c’est la musique ; la deuxième, c’est la pochette et les visuels, donc les logos, puis les clips sont venus en dernier, même s’ils se sont construits au fur et à mesure.

Tu sembles attacher beaucoup d’importance au sens des textes. Pour l’instant Headkeyz se produit majoritairement en France, une certaine partie du public ne capte probablement pas le sens des paroles puisqu’elles sont en anglais, cependant, tu choisis quand même d’exprimer tes idées à travers cette langue.

Edge : J’aime les deux, j’ai déjà écrit en français, même chanté des morceaux en français qu’on peut trouver planqués sur YouTube. Là, ça y est, les gens vont commencer à chercher ! Le choix de l’anglais, c’est vraiment une histoire de musicalité. Quand je vais chanter en français et écrire en français, je ne vais pas du tout avoir la même approche. On va être sur de la chanson à texte, ce qui, selon moi, demande une musique plus épurée pour mettre le texte en avant. Je n’ai pas réussi encore à trouver la manière d’écrire pour que du français puisse coller avec une DA comme Headkeyz. J’aimerais bien, je commence à réfléchir à intégrer plus tard des petits bouts de français dans un pont, à tester le français de cette façon.

Je pense à LANDMVRKS qui se permet d’ajouter des petits bouts de français comme ça au milieu d’un morceau. J’aime beaucoup, ça fait ressortir une idée, une émotion, c’est percutant. J’aime bien avoir ton regard sur cet aspect « compréhension des paroles » parce que Headkeyz défend des valeurs. L’écologie, notamment. Quelles sont les grandes idées que tu souhaites transmettre à travers ta musique ?

Edge : Depuis le début, on essaye de limiter le plastique dans la conception de nos albums, on agit aussi sur la manière dont on fabrique le merch. On essaie de prendre toujours des textiles de qualité, si possible bio. Les textiles sont tracés pour nous assurer qu’il n’y ait pas d’esclavage moderne, qu’aucun enfant ne travaille dessus, que les gens soient rémunérés pour leur travail. C’est important pour nous de défendre les valeurs qu’on écrit, qu’on partage et d’agir en ce sens.

Et il y a d’autres idées que tu as envie de mettre en avant, à travers le projet Headkeyz ?

Edge : Oui, dans un futur proche, j’ai quelques idées pour changer un peu de thématique. Il y a d’autres sujets que j’aimerais aborder, mais globalement, Headkeyz parle de l’humain dans ses bons côtés, mais surtout les mauvais côtés, malheureusement c’est un peu pessimiste comme résumé. Sur les deux premiers albums, les titres The Cage et The Crown vont parler de l’autorité. La cage, c’est le monde dans lequel on vit, dans lequel on essaye d’évoluer. Quasiment tout le monde, en tout cas beaucoup de personnes, ont besoin de pouvoir contrôler les choses et je l’ai imagé par la couronne, ce besoin de se représenter, que ce soit en politique ou même dans la musique. L’idée derrière tout ça, c’est que la couronne au final est une cage, c’est une autre cage, en fait c’est un cycle. On retrouve cette idée, également, à travers la série de clips.

Parmi tous les concerts que vous avez donnés en 2025, quelle est la date qui t’a le plus marquée, qui vous a le plus marquée ?

Edge : Notre concert avec Tagada Jones et Ultra Vomit à la Narbonne Arena, c’est assez impressionnant de nous produire dans cette grande salle. Et partager la scène avec Tagada Jones ! Je les écoutais quand j’étais au collège et maintenant, Niko Jones est devenu mon patron (ndlr : Niko Jones, chanteur de Tagada Jones, est le gérant de Rage Tour Booking). Ils nous ont fait confiance pour cette date-là, ils ont montré qu’ils croient en nous. C’est à la fois une pression, parce qu’on se dit qu’il ne faut pas foirer, mais c’est aussi une chance incroyable. Je ne pensais jamais me retrouver un jour sur ce genre de scène, enfin si parce que j’avais envie de ça, en tout cas, c’est génial d’y arriver et de vivre ça avec mes potes, on était comme des fous dans les loges. Il y a une petite vidéo d’ailleurs, filmée par Supertartelette (ndlr : voir partage ci-dessous) où on voit vraiment nos quelques minutes avant de monter sur scène, j’adore revoir ces images parce qu’elles retranscrivent exactement ce qu’on a vécu. On rigole parce qu’on est un peu tendu, un peu stressé et d’un coup il y a le silence derrière la salle, on sent que ça monte, on arrive sur scène et là c’est l’explosion, d’un coup tu donnes tout, c’est fabuleux !

Après chaque concert, vous venez rencontrer les gens au stand de merch, y-a-t-il un message, une attention de la part d’une personne de votre public qui t’aurait particulièrement touché ?

Edge : Oui, je crois que c’était à la Narbonne Arena d’ailleurs. Une famille est venue avec leur fille adolescente, elle vivait son premier concert ce soir là. Elle nous a découverts en première partie et ça a été une révélation pour elle, apparemment. C’est incroyable d’entendre ça, parce qu’on se rappelle quand on est allé voir nos premiers concerts, il y en a toujours un qui nous marque à vie. Mon premier concert, c’était Lofofora, j’étais content d’aller voir un truc vraiment punk et je m’en rappellerai toute ma vie, c’était génial. On lui a fait des petites dédicaces sur le pull, elle a dit qu’elle ne le laverait plus jamais, ça m’a vachement touché.

J’ai vu sur ton compte Instagram perso Edge Hdkz que tu as ressorti ton Polaroid pour l’emmener en tournée, qu’est-ce que tu aimes dans cet objet ?

Edge : Le Polaroid, c’est instantané, il n’y a pas de montage, pas de retouche, ça te donne la vérité. On ne voit pas tout de suite le résultat, il faut attendre que la photo sorte, que l’image apparaisse et on ne peut pas la modifier. Il y a aussi un côté ludique que j’aime bien.

La Release Party parisienne de The Cage & The Crown : Chapter II s’est déroulée le 16 janvier, jour de sortie de l’album, au Supersonic à Paris. Une deuxième Release Party aura lieu le 21 janvier à The O’Liver Pub à Montpellier, dans leur ville pour « une grosse fête avec le famille et les copains pour s’éclater et faire la fête toute la nuit » selon les mots d’Edge.

Nous remercions Angie de NRV Promotion pour l’organisation de cette interview.

Pour suivre Headkeyz :