C’est en scrollant sur Instagram qu’on a découvert Claïmax, une voix qui touche et qui raconte ceux qu’on ne voit pas. À l’image de son nouveau single « Mr5h », qui suspend le temps, entre chant et observation.
On critique souvent les réseaux sociaux, à juste titre. Pourtant, il arrive qu’ils servent à autre chose qu’à faire du bruit. C’est là que Claïmax est apparue, au détour d’Instagram. Une découverte presque accidentelle, mais immédiate avec une voix, une présence, et surtout une parole qui ne triche jamais. Cette parole, elle la pose d’abord avec « Prélude », comme on entrouvre un journal intime. Un texte bref, presque incantatoire, où elle convoque ses mères, ses origines, et le courage d’écrire enfin ce qui a longtemps été tu. Une entrée en matière discrète, mais essentielle.
« Mr5h » en est la première page pleinement écrite. Claïmax s’y attarde sur une figure que la ville préfère ne pas voir. Un homme croisé chaque matin au métro Anvers, toujours au même endroit, à la même heure, carnet ouvert, canette à la main. Elle ne parle pas à sa place, elle observe, elle écrit à côté de lui. La chanson avance avec pudeur, laissant affleurer la dépression, l’errance, les addictions, sans jamais tomber dans la caricature ni la compassion facile. La voix, tantôt parlée, tantôt chantée, suspend le temps et crée une proximité troublante.
Ce nouveau single parle d’un autre, mais résonne comme une question adressée à soi-même : que fait-on de ceux qui vacillent, et de la part fragile que l’on porte en nous ? Derrière cet hommage, se dessine déjà tout ce que promet Le Journal d’une adoptée : une parole qui rassemble, qui regarde droit, et qui rappelle que l’on n’est pas seuls à se sentir déplacés dans le monde.
