Chaque fin de semaine, la rédaction de Phenixwebtv.com vous propose une sélection des nouveaux clips qui font l’actualité. Entre découvertes, coups de cœur et retours d’artistes confirmés, on vous embarque dans le meilleur de la création musicale en images.

Yael NaimWow 

Après des années à observer le monde avec un pas de côté, Yael Naim appuie là où ça gratte avec « Wow », extrait de son album Solaire attendu le 20 février. Le titre part d’un constat presque banal : tout devient prétexte à s’extasier, à montrer, à faire réagir. Le quotidien se transforme en vitrine permanente, et l’enthousiasme sonne parfois creux. Derrière le sourire, on devine surtout une lassitude, celle de devoir sans cesse performer sa propre vie. La chanson ressemble alors moins à une exclamation qu’à un soupir ironique, une façon de reprendre un peu de distance et de respirer hors du bruit.

Le clip réalisé par l’artiste elle-même, pousse cette idée jusqu’à l’absurde. On suit Yael Naim du réveil jusqu’au bout de la journée, dans une succession de gestes ordinaires : s’étirer, se laver, manger, sortir, rire, conduire, faire la fête. Tout est montré, sans filtre, sans hiérarchie, comme si chaque instant méritait le même niveau d’attention. L’accumulation finit par devenir vertigineuse : trop d’images, trop de moments, trop de wow. À force de tout exposer, quelque chose se fissure, et dans ce trop-plein, l’artiste révèle le vide qu’il cache et l’envie de s’en échapper.

Cyril MokaieshApproximatif

Quelques jours après la sortie de son nouvel opus Bonne chance pour la suite, Cyril Mokaiesh continue de regarder le monde droit dans les yeux. Son nouveau single « Approximatif », ressemble à une traversée un peu étourdissante de notre époque, celle où tout parle en même temps, où tout s’affirme sans jamais douter. Il ne crie pas, ne moralise pas vraiment non plus, il observe, avec ce léger sourire qui dit autant la fatigue que l’ironie. Le morceau avance comme quelqu’un qui se tient au bord, conscient du vacarme, et qui se demande simplement à quel moment on a lâché le frein.

Le clip réalisé par Tamina Manganas, installe ce vertige sans jamais quitter une seule pièce. Cyril entre dans un studio envahi de télévisions qui grésillent, posées au sol ou empilées comme des meubles trop lourds. Il en frappe une, l’image se stabilise, et le chaos devient lisible. Assis au milieu, il chante entouré de ses propres reflets, parfois adossé à un écran, parfois perché dessus. Les images défilent : lui en boucle, Donald Trump qui parle, une fausse matinale, quelques pas de danse, comme si tout se mélangeait sans hiérarchie. À la fin, ce petit signe de la main face caméra sonne presque comme un au revoir lucide ou un salut à ce monde saturé qu’on continue malgré tout de regarder.

Olivier GodfroidLa vallée des vivants 

L’auteur-compositeur bruxellois Olivier Godfroid nous emmène avec « La vallée des vivants » sur un terrain intime, presque murmuré. Le morceau parle de ce qui nous guide sans faire de bruit : une présence, un lien, parfois une force qu’on ne sait pas toujours nommer. Il y a l’idée d’un chemin à traverser, pas forcément simple, mais rendu plus supportable par ce sentiment d’être accompagné. Rien de démonstratif ici, plutôt une confiance fragile, qui se construit en avançant, un pas après l’autre.

Le clip réalisé par maxime Batter se déploie dans la forêt de Soignes, comme un lieu de passage. Un homme marche entre les arbres, pendant qu’un enfant évolue ailleurs, dans le même décor. Ils semblent reliés sans se voir, avançant chacun à leur rythme. La forêt les observe, les rapproche doucement, jusqu’à cette rencontre presque anodine. Puis ils repartent, séparément, mais le lien reste intact, invisible, comme ces présences qui nous suivent toute une vie sans jamais nous retenir.

David DelabrosseLes mots modernes 

David Delabrosse revient en prenant le temps de regarder les mots, vraiment. « Les mots modernes », extrait de l’album éponyme sorti le 6 février, donne l’impression d’un homme qui observe le langage comme on observe une époque : avec tendresse, un peu d’ironie, et cette lucidité tranquille de ceux qui ont vu passer plusieurs modes sans jamais s’y dissoudre. La chanson interroge ce que les mots disent de nous aujourd’hui, ceux qu’on emploie machinalement, ceux qu’on avale trop vite, ceux qu’on n’arrive plus à faire tenir droit.

Le clip transforme cette idée en petite fable visuelle. Dans une pièce qui ressemble à un studio, des mots écrits sur des feuilles flottent dans l’air, échappent, retombent, reviennent. David apparaît dessous, tente de les attraper, de les apprivoiser, et parfois ils tourbillonnent autour de lui pendant qu’il joue de la guitare. Il s’abrite sous un parapluie, tient des fleurs, continue malgré tout, pendant que les feuilles s’accumulent. À la fin, tout est retombé, les mots sont là, éparpillés, disponibles, et ne reste plus qu’à choisir lesquels relever.

DinahSans voix 

La chanteuse franco-anglaise Dinah ne commence pas son nouveau single « Sans voix », en cherchant à expliquer quoi que ce soit. Le morceau naît d’un endroit fragile, celui où les mots restent coincés, où parler devient un effort physique. Il y a cette sensation de blocage, de fatigue intérieure, quelque chose qui coince et qu’on ne sait plus formuler autrement. La chanson avance sans éclat, portée par une retenue qui dit beaucoup, comme si accepter le silence était déjà une forme de réponse.

Le clip met en scène cette tension par le mouvement. Dinah est seule près d’un rocher, en train de danser, presque comme un exercice, répétitif, physique. Les gestes sont précis, parfois brusques, parfois plus lents, comme si le corps prenait le relais de la voix. La forêt apparaît ensuite, espace plus vaste, presque refuge, avant le retour à la danse, plus ancrée, plus décidée. Sans effets, sans discours appuyé, juste une femme qui cherche son souffle, sa place, et qui transforme le silence en mouvement.

ORPLe prix du Soleil 

ORP revient au soleil, mais pas pour se réchauffer. « Le prix du Soleil », extrait de leur album attendu au printemps, démarre comme une fable amère : imaginer un monde où même la lumière aurait un coût, où tout pourrait se vendre, jusqu’à ce qui nous dépasse. Derrière cette idée dystopique, il y a surtout une tension simple, celle d’accepter ou refuser. Refuser de baisser la tête, refuser de troquer sa dignité contre un peu de confort. Lumineuse en surface, combative en profondeur, la chanson avance comme un chant qui rappelle que certaines choses n’appartiennent à personne.

Le clip réalisé par Maelle Ruiz et Yoann Belton, prend le contrepied du noir annoncé. Il s’ouvre sur un lever de soleil, la mer encore calme, puis Gari Grèu apparaît au bord de l’eau, chapeau vissé sur la tête. Le groupe le rejoint, toujours face à l’horizon, chantant ensemble, sans urgence. Le jour laisse parfois place à la nuit, l’image bascule brièvement en noir et blanc, avant de revenir à la lumière. On voit temps qui passe, la mer qui reste, et cette impression que résister peut aussi ressembler à ça : être là, ensemble, au grand jour, sans rien céder

Tales & AhlamYa Weil

Après Boussa et une tournée qui a solidement installé leur énergie collective, Tales & Ahlam ouvrent un nouveau chapitre avec « Ya Weil », extrait de leur EP Ghamra, attendu le 13 février. Le morceau agit comme une impulsion, celle de sortir, de se rassembler, de faire corps malgré les différences. On y sent un goût intact pour le mouvement, la nuit, les moments partagés sans trop se poser de questions. Ce nouvel extrait n’explique pas, il entraîne, il parle de fête comme d’un espace libre, où les frontières se brouillent et où les élans deviennent politiques sans jamais se figer.

Le clip réalisé par Driss Lumbroso épouse cette sensation d’errance joyeuse. Un groupe bigarré, aux airs de bande des années 90, traverse Paris à bord d’un tuk-tuk scintillant. La musique circule avec eux, attire les regards, provoque des rencontres imprévues. Chaque arrêt devient une aventure, chaque visage croisé une promesse de fête. Les lumières colorées transforment la ville en terrain de jeu, presque irréel. Une célébration spontanée, où la danse devient langage commun, et où la joie, discrètement, laisse aussi place à l’idée d’espoir et de résistance.

Astral BakersMirror

Après la sortie de leur album Vertical Life, Astral Bakers continue de faire exister ses morceaux là où ils prennent vraiment sens, c’est à dire sur scène. En témoigne « Mirror », joué lors de leur release party au Point Éphémère, et qui arrive comme un instant suspendu. Un de ces titres qui parlent de ce léger décalage qu’on ressent parfois avec soi-même, quand on a l’impression de vivre à côté de sa propre histoire. La chanson avance avec cette fragilité-là, mais aussi avec l’idée rassurante que le regard des autres, notamment ceux qui nous aiment, peut servir de point d’ancrage, de surface où se reconnaître à nouveau.

La vidéo de Hugo Pillard, capte ce moment sans chercher à l’enrober. Tout baigne dans un rouge dense, presque brumeux, qui enveloppe la scène et le public. On voit le groupe concentré, habité, face à une salle attentive, comme tenue en apnée. Les corps bougent, les instruments vibrent, l’énergie circule sans filtre. La musique qui se déploie, brute et vivante, et cette sensation très précise d’assister à quelque chose d’unique, fragile, impossible à rejouer exactement de la même façon.

OrfayDopamine

Orfay arrive avec « Dopamine » comme on arrive à un moment un peu flou de sa vie, celui où l’on cherche encore ce qui fait battre le cœur pour de vrai. La chanson parle de cette course discrète mais épuisante après les sensations, de l’envie de ressentir quelque chose, n’importe quoi, même quand ça commence à sonner creux. Il y a le passage à l’âge adulte, le décalage avec ce qu’on croyait vouloir, et cette impression de tourner en rond sans savoir comment sortir de l’orbite.

Le clip s’installe dans cet entre-deux, où l’artiste apparaît souvent de profil, enfermé dans une sorte de halo sombre, comme suspendu dans l’espace. Il est allongé, puis assis, parfois presque immobile, pendant que des mains viennent toucher son visage, le guider ou le retenir. Tout joue sur l’attraction et la perte d’équilibre, sur cette sensation de flotter sans point d’ancrage. Les lumières dessinent un univers presque cosmique, intime et isolé à la fois. Tout ici raconte ce tiraillement entre vouloir s’élever, et sentir en même temps le poids qui nous ramène au sol.