Ultramoule, trio lyonnais inclassable, dévoile « La Folia », premier extrait de leur album Gros Gâteau attendu le 29 avril. Un morceau intense et habité, entre héritage baroque et urgence contemporaine, qui pose les bases d’un projet aussi engagé que sensible.
Né à Lyon en 2017, Ultramoule n’a jamais eu l’allure d’un groupe formaté. Sarah Métais-Chastanier, Marie Caparros et Juste Baguard avancent à trois, portés par le frottement du violoncelle et du violon électriques, la pulsation sèche de la boîte à rythmes, une voix qui ne cherche pas à séduire mais à dire. On les découvre presque par hasard, et très vite on comprend que leur musique ne juxtapose pas les genres : elle les traverse. Classique, punk, rap, tout se mêle sans calcul, comme si l’urgence primait sur l’étiquette.
Un manifeste vibrant
Le 4 février, le trio dévoilait « La Folia ». Le thème baroque des « Folies d’Espagne » sert de point de départ, mais très vite, la référence s’efface au profit d’un mouvement plus instinctif. Le motif à trois temps tourne, s’épaissit, gagne en tension. La voix déroule un flot continu de questions et de désirs, presque sans reprendre souffle. On sent que le morceau a été écrit dans un moment de secousse (violences systémiques, climat politique anxiogène) et qu’il fallait que ça sorte. Pas pour théoriser. Pour tenir.
Le clip, constitué d’archives personnelles, apporte une lumière plus douce à cette intensité. Lever de soleil sur une rivière, routes enneigées, répétitions, scènes partagées, fatigue, éclats de rire. Les paroles s’inscrivent à l’écran pendant que ces fragments de vie défilent. On comprend alors que « La Folia » ne relève pas seulement du manifeste. C’est une trace. Celle d’un groupe qui transforme ce qu’il traverse en élan commun, et qui choisit de répondre à la peur par le mouvement.
