Chaque fin de semaine, la rédaction de Phenixwebtv.com vous propose une sélection des nouveaux clips qui font l’actualité. Entre découvertes, coups de cœur et retours d’artistes confirmés, on vous embarque dans le meilleur de la création musicale en images.
Gervaise – Journal intime
Après avoir dévoilé son premier album La Pudeur, le 30 janvier, Gervaise revient avec l’extrait vidéo « Journal intime », comme si elle acceptait enfin d’enlever la protection qu’elle portait jusque-là. Le morceau donne le ton : parler sans détour, laisser tomber l’armure, montrer ce qui tremble. Il y a dans cette entrée en matière une forme de courage tranquille. La vulnérabilité n’est plus cachée, elle devient matière première, et on comprend que l’album ne sera pas un masque, mais un espace où l’on peut tout déposer.
Le clip déploie cette confession en grand format. Tout commence au-dessus de l’eau et des rochers, la caméra glisse jusqu’à une longue traîne blanche portée par des silhouettes vêtues de clair. Au bout du tissu, Gervaise apparaît, presque mystique, comme une figure sacrée au milieu des éléments. Elle marche avec des moutons, tient un bâton de berger, chante. Les images alternent entre procession, chorégraphies dans la nature, drapeau blanc levé face au vent. Puis la scène bascule : attachée à un poteau, Gervaise prend feu, pendant qu’une autre version d’elle observe et s’éloigne. Une fin radicale, comme si pour écrire son journal, il fallait d’abord brûler l’ancienne peau.
Les agités du bocal – Papouilles en Papouillasie
Les Agités du Bocal annoncent la couleur avec ce nouveau clip extrait de leur album Super-Ordinaires, attendu le 20 mars. Le ton est donné : un pied dans la fantaisie, l’autre dans une énergie bien réelle. Cette histoire de « Papouilles en Papouillasie », ressemble à un territoire inventé pour rappeler qu’on peut encore choisir la douceur sans renoncer au bruit. Chez eux, l’ironie n’efface jamais la tendresse, ça joue fort, mais ça ne mord pas.
La vidéo les montre en configuration live, serrés autour du chanteur placé au centre, guitare en main. À ses côtés, guitare et basse encadrent le mouvement, pendant que le batteur frappe derrière une grosse caisse marquée du nom du groupe, répété en fond de scène. Les instruments résonnent dans une atmosphère nerveuse, presque électrique. Puis, au milieu de cette intensité, surgit une bataille d’oreillers, inattendue, presque enfantine. Les paroles défilent en sous-titres pendant qu’ils chantent, comme pour ne rien perdre du message de ce clip frontal, qui rappelle que l’on peut être agité et rester profondément gentil.
Jeanne Bonjour – Bal de fin d’année
Jeanne Bonjour continue d’esquisser les contours de son EP Look avec « Bal de fin d’année », un titre qui ressemble à un souvenir qu’on décide enfin de réécrire. Il y a une histoire d’amour derrière, oui, mais surtout une manière de ne plus en être la figurante. La chanson avance avec ce mélange d’ironie et d’assurance : transformer la gêne en éclat de rire, la déception en posture droite. On sent qu’il ne s’agit plus de régler des comptes, plutôt de reprendre la lumière.
Le clip s’empare de cette revanche en la déplaçant hors des murs. La boule à facettes est présente, et la fête déborde dans la rue, presque en carnaval, avant de se poursuivre sur une plage bretonne. Jeanne apparaît au milieu du tumulte, entourée de chars et de silhouettes festives, comme si la piste de danse s’était agrandie à l’échelle du paysage. Tout est mouvement, couleurs, second degré. Elle mène le cortège sans forcer, avec cette énergie communicative qui lui ressemble. Le bal n’a plus rien de scolaire, et c’est elle qui fixe désormais les règles du jeu.
CielBleu – Ongles cassés
CielBleu pose quelque chose de fragile avec « Ongles cassés ». La chanson suit une femme après la tempête, dans ces jours où tout semble banal en surface mais encore instable à l’intérieur. Il ne s’agit pas de grands discours sur la rupture, plutôt de gestes minuscules : ouvrir un frigo, tourner les pages d’un livre, remplir une baignoire. Des détails qui disent la reconstruction mieux que de longues explications. Le cœur est abîmé, mais il bat encore, doucement, sans spectacle.
Le clip installe cette intimité en silence. Une femme évolue dans son appartement, pendant que l’artiste apparaît en arrière-plan, toujours là sans vraiment intervenir. Elle se sert à manger, il reste dans l’ombre. Elle prend un bain, il se tient à distance. Elle lit sur son lit, danse seule dans une pièce, revient à la cuisine. Lui est assis sur l’évier, posé dans un coin, témoin discret plus que protagoniste. La vidéo avance ainsi, scène après scène, comme si l’on observait un quotidien traversé par une présence invisible, et où tout repose sur cette tension silencieuse entre proximité et solitude.
Maud Elka – Comment faire
Maud avance seule avec « Comment faire », comme une question qu’on finit par se poser à voix haute. La chanson parle de ces relations où l’on donne plus qu’on ne reçoit, de ce moment où il faut accepter que l’on ne peut pas tout réparer. Il y a une forme de douceur dans sa manière d’aborder le sujet, mais aussi une décision qui se dessine : apprendre à lâcher, même quand ça fait mal. Ce titre ressemble à un point de bascule, celui où l’on comprend que rester n’est pas toujours une preuve d’amour.
Le visualizer installe cette introspection dans un décor épuré. Maud apparaît dans une maison blanche, lumineuse, presque silencieuse. Elle chante face caméra, assise près d’une bibliothèque, puis sur des marches, parfois allongée sur un lit. Rien ne distrait, tout ramène à elle. Les gestes sont mesurés, le regard direct, comme si chaque mot devait trouver sa place. La maison devient un espace intime, un refuge où elle peut enfin dire ce qu’elle retient depuis trop longtemps. Une mise en images simple, qui laisse toute la place à sa présence et à cette assurance nouvelle.
Gyslain. N – Pays idéal
l’artiste lyonnais Gyslain.N ne signe pas simplement un nouveau clip avec « Pays Idéal », il retourne là où tout a commencé. Le titre, extrait de Rois de France, ressemble à une lettre ouverte adressée à ses origines. Il y est question de mémoire, d’attachement, de ce lien qui ne se rompt jamais vraiment, même à distance. Plus qu’un décor, le pays devient un point d’ancrage, une manière de comprendre qui l’on est devenu. On sent que la chanson avance avec respect, presque avec gratitude.
Le clip nous emmène au Cameroun, entre rues animées et paysages ouverts. Gyslain marche, béret sur la tête, foulard noué au cou, les mains dans les poches, comme s’il laissait les lieux parler avant lui. Il s’arrête dans un bar où les corps dansent, observe une jeune femme se mouvoir devant lui, puis reprend la route. On le voit gravir une colline, traverser des champs, longer l’eau, approcher les falaises. Il n’y a pas de démonstration, juste une présence qui circule entre ville et nature. Une errance douce, presque méditative, comme si chaque pas rapprochait un peu plus de ce « pays idéal » qu’on porte en soi.
Lysandre – L’odeur de la pluie
Lysandre poursuit l’histoire de Portrait de l’invisible avec « L’odeur de la pluie », une chanson qui ressemble à ces trajets qu’on fait pour se remettre les idées en place. Il est question d’amour, oui, mais d’un amour auquel on ne croit plus vraiment. Celui qu’on regarde s’éloigner sans faire demi-tour. Le morceau avance comme une route droite après la rupture : pas de grand fracas, plutôt une décision calme. Continuer. Mettre de la distance. Laisser derrière ce qui ne tient plus.
Le clip épouse ce mouvement sans détour en mettant en scène Lysandre est au volant, concentrée, les mains posées sur le cuir, vêtue de rouge comme un point de chaleur dans le paysage. La caméra alterne entre son visage et la route qui défile. Par moments, elle laisse sa main flotter hors de la fenêtre, geste simple qui dit la liberté retrouvée autant que l’absence. Elle ne s’arrête pas, ne parle pas, elle conduit. Puis, à la fin, elle sort de la voiture et s’enfonce dans la nature. Comme si la route n’était qu’un passage, et que le vrai départ commençait à pied, loin du moteur et des souvenirs.
Crache – Ces oiseaux
Après « Mécanique antipathique », Crache revient avec « Ces oiseaux », comme un coup d’épaule dans la routine. Le morceau imagine un homme qui voudrait s’arracher au sol, suivre le vent, vivre sans règles ni plafond. Derrière l’élan punk, il y a surtout cette frustration très humaine, celle de se sentir à l’étroit dans un monde trop balisé. Rêver d’air, d’altitude, d’un ailleurs moins contraint, l’envie de fuite devient presque physique, urgente.
Le clip prend cette idée au pied de la lettre. Un homme déguisé en oiseau traverse des lieux on ne peut plus ordinaires : il conduit son utilitaire, fait le plein, s’arrête au café, déambule dans une grande surface. Son costume contraste avec la banalité des décors, il ne plane pas, mais piétine. Il observe les rayons, les néons, les parkings, comme s’il découvrait une civilisation étrange. Les scènes oscillent entre absurde et ironie, jusqu’à donner envie de tout envoyer valser.
Abyr – Rêver
Abyr poursuit son chemin avec « Rêver », un titre qui lui ressemble profondément. Chez elle, l’imaginaire n’est pas une fuite, mais une façon de tenir debout. Rêver devient un réflexe, presque un refuge, une manière de traverser le quotidien sans s’y laisser enfermer. La chanson parle de cette capacité à s’absenter un instant, à se glisser dans un ailleurs intérieur quand le monde devient trop lourd. Ce n’est pas un retrait, plutôt une respiration, une façon douce de reprendre le contrôle.
Le clip adopte cette légèreté en mettant en scène Abyr dans une robe à fleurs, sous les arbres, baignée par une lumière qui efface parfois les contours. Le soleil envahit l’image, la rend presque blanche par moments, comme si un voile flottait entre elle et nous. On ne voit jamais vraiment ses pieds : elle semble suspendue, ancrée mais insaisissable. Elle chante simplement, sans décor imposant, entourée de nature et de clarté. L’ensemble donne l’impression d’un rêve éveillé, fragile et lumineux, où la réalité se dissout juste assez pour laisser passer l’imaginaire.
