Le 19 février, dans une salle discrète du 2ᵉ arrondissement de Paris, Lord Esperanza dévoilait en avant-première son nouvel EP Apprends-moi à voler. Une soirée intime entre musique, confidences et émotions, qui marque la fin d’une trilogie artistique entamée ces dernières années.

Dans l’espace mise à disposition par son label (Paramour ou Alter K) l’ambiance est déjà chaleureuse bien avant l’arrivée de l’artiste. Fans, médias et proches se retrouvent autour d’un verre, discutant du projet à venir. Sur la scène, les instruments attendent déjà leurs musiciens. Quelques bougies posées çà et là donnent à la pièce une atmosphère presque confidentielle, comme si l’on s’apprêtait à assister à quelque chose de personnel.

À 20h10 précises, Lord Esperanza fait son entrée, accompagné de ses musiciens. Devant le micro sur pied, il prend un instant pour regarder la salle. Manifestement surpris par le monde présent, il avoue ne pas s’attendre à une telle affluence. L’émotion est palpable, au point qu’il perd même un instant le fil de son texte en ouvrant la soirée avec « Bonne année ». Mais très vite, la musique reprend ses droits.

Une soirée ponctuée de confidences 

La release se transforme en véritable moment de partage. Parmi les morceaux interprétés, « Putain d’époque » résonne particulièrement dans la salle, porté par un piano sobre et un texte qui capture les contradictions d’une génération en quête de sens. Un autre moment suspendu arrive lorsque l’artiste rejoue « Les hommes pleurent », extrait de l’album Phœnix (2023). Sur scène, le saxophone vient sublimer le morceau. La salle écoute presque religieusement, portée par cette mélodie à la fois fragile et intense.

Plus tard dans la soirée, la chanteuse Olympe Chabert rejoint la scène. Un peu plus tôt, Leslie Medina était également venue partager un moment musical avec lui. Ensemble, ils interprètent « Lily Rose », dévoilé ce jour-là. Le morceau, lumineux et aérien, apporte une respiration plus douce à la soirée et illustre parfaitement la nouvelle direction musicale du projet.

La soirée réserve aussi quelques confidences. Entre deux morceaux, Lord Esperanza annonce qu’il vient d’écrire son premier roman, Big Bang Mon amour. Pour l’occasion, il en lit un extrait au public présent. Un moment inattendu qui rappelle que, chez lui, l’écriture ne s’arrête pas à la musique.

Un EP pour clore un triptyque

Disponible depuis le 20 février, Apprends-moi à voler est un EP de sept titres qui vient clôturer une trilogie entamée avec Atlas et poursuivie avec Derrière les montagnes. Trois projets pensés comme différentes étapes d’une métamorphose personnelle. Avec ce dernier chapitre, Lord Esperanza s’autorise des sonorités plus pop, tout en conservant la profondeur d’écriture qui a construit son identité artistique.

Dans un contexte souvent anxiogène, l’artiste revendique ici une forme de respiration avec une musique plus ouverte, plus légère parfois, mais toujours traversée par la même sincérité. Une manière, peut-être, d’apprendre à voler. Car au fond, Apprends-moi à voler n’est peut-être pas seulement un titre d’EP. Ce soir-là, à Paris, c’était presque une promesse.