Chaque fin de semaine, la rédaction de Phenixwebtv.com vous propose une sélection des nouveaux clips qui font l’actualité. Entre découvertes, coups de cœur et retours d’artistes confirmés, on vous embarque dans le meilleur de la création musicale en images.
Claïmax – Mr5h
Claïmax revient avec les images de « MR5H », un morceau qu’ on avait pris plaisir à chroniquer à sa sortie et qui avance comme un récit personnel, parfois sombre, toujours frontal. Elle y parle d’identité, de failles intimes, de ces endroits où l’on se sent partagé entre plusieurs mondes. On comprend vite que ce qu’elle raconte dépasse l’histoire individuelle, et que c’est aussi une façon d’évoquer des parcours souvent invisibles, des vies qui se construisent entre héritage, mémoire et présent.
Le clip accompagne ce chemin intérieur par fragments. Les scènes s’enchaînent comme des morceaux de souvenirs, parfois calmes, parfois plus tendus, sans chercher à tout expliquer. Claïmax apparaît au centre de ces images, entre performance et présence simple, comme si chaque geste prolongeait les mots. La vidéo ne raconte pas une histoire linéaire, elle laisse plutôt circuler les sensations, les regards et les silences, jusqu’à dessiner peu à peu le portrait d’une identité en mouvement.
Paul Roman – Rue Bichat
Paul Roman dévoile Rue Bichat, un titre chargé de mémoire qui accompagne l’annonce de son prochain album. Dix ans après les attentats du 13 novembre, il revient sur ce quartier qu’il habitait alors, à quelques mètres seulement des lieux touchés. La chanson ne cherche pas à raconter l’événement lui-même, mais plutôt ce qui reste après : les pensées qui reviennent, les visages absents, et cette phrase que beaucoup ont dû se dire un jour ou l’autre : ça aurait pu être moi. C’est une manière pudique de parler du temps qui passe et de la nécessité, malgré tout, de continuer à avancer.
Le clip met cette réflexion en images avec une grande simplicité. On voit Paul Roman sortir d’un immeuble, une rose à la main, puis marcher dans la rue. Les terrasses de café défilent autour de lui, la ville continue de vivre pendant qu’il reste un instant immobile, comme suspendu au milieu du mouvement. Il entre ensuite dans un café, commande, s’assoit, observe. Puis il se relève, toujours avec ses roses, et repart dans la rue. Les gestes sont ordinaires, presque silencieux. Et c’est peut-être justement dans cette normalité retrouvée que le clip trouve sa force.
Léo Léonard – Au revoir mon amour
Après des années au sein du duo The Pirouettes et plusieurs EP en solo, Léo Léonard ouvre une nouvelle page avec « Au revoir mon amour ». La chanson parle d’une rupture, mais pas seulement amoureuse. Elle touche aussi à ces séparations plus larges, celles qui laissent une trace longtemps après la fin. Il y a de la culpabilité, des souvenirs qui reviennent, et ces histoires que l’on se raconte pour réussir à tourner la page. Le morceau avance avec mélancolie, comme si dire au revoir ne signifiait jamais vraiment oublier.
Le clip nous emmène dans les Calanques de Marseille. Léo marche parmi un groupe d’amis, aux côtés de celle qu’il aime. Un regard mal compris, un silence de trop, et elle s’éloigne. Lorsqu’il tente de la suivre, elle a déjà disparu. Dès lors, tout semble se dérégler : les paysages deviennent irréels, les amis se figent. Les deux se croisent sans jamais se retrouver, comme si le temps refusait désormais de les réunir. Une errance silencieuse dans les rochers, où l’on assiste à l’instant fragile où un lien se brise.
Pussy Miel – Wasted
« Wasted » est le deuxième single extrait du premier EP de Pussy Miel « Bee Raged » paru, tout récemment, le 13 mars. À travers le titre de ce disque, le quatuor féminin met en avant la métaphore de l’abeille comme représentante d’une société matriarcale, ainsi que sa capacité à se battre pour exister et l’importance de son rôle dans l’équilibre de la planète. Après « Délivré », exceptionnellement chanté en français, Wasted aborde, en anglais, le sentiment de gaspiller notre vie qui nous assaille parfois, puis nous invite à balayer ce ressenti désagréable par la danse, moment simple partagé entre amis.
Le clip met en scène une salle décorée de ballons et de banderoles à l’image de nos boums dans les années 90’s, pour nous ramener, toujours, à notre adolescence, cette période pendant laquelle il était si évident de crier, affirmer nos révoltes et que nous n’avons jamais vraiment eu l’intention de quitter.
Sab – Heureux Heureux
Sab propose avec « Heureux Heureux » une chanson qui ressemble à une conversation intérieure. L’artiste y imagine un dialogue avec l’enfant qu’elle était autrefois, cette petite voix qui regarde la vie d’adulte sans détour. Le morceau parle des chemins que l’on prend, des choix qu’on assume ou qu’on subit, et de ce moment où l’on se demande si l’on est resté fidèle à soi-même. Derrière la douceur du titre, il y a une lucidité parfois brutale, celle de comprendre que l’on s’est parfois perdu en route.
Le clip met en scène cette confrontation. Une petite fille apparaît d’abord face caméra, tandis que Sab rentre chez elle au petit matin, sac de livraison à la main. Devant le miroir, son reflet devient celui de l’enfant. Les deux se répondent à distance, comme si le passé venait lui parler. La nuit suivante, Sab livre encore, épuisée, tandis que la petite joue de la guitare. Ce son finit par la réveiller et les deux chantent ensemble. Mais la réalité reprend vite sa place : les messages d’un propriétaire impatient s’accumulent, la colère éclate. La fillette reste calme et tend une guitare à l’adulte, comme si la musique restait le seul moyen de se retrouver.
Virgile Martini – Un homme ça ne pleure pas
Virgile Martini met à nu quelque chose de très simple avec Un homme ça ne pleure pas. La chanson tourne autour de cette idée que l’on répète souvent aux garçons : encaisser, ne rien montrer, garder tout à l’intérieur. Lui prend le chemin inverse. Le morceau suit un homme qui tente de tenir debout face à ce qui déborde. Pas de grandes déclarations, juste cette tension entre ce que l’on ressent et ce que l’on croit devoir cacher.
Le clip s’ouvre dans une chambre d’hôtel où Virgile tourne en rond, assis sur le lit, la tête entre les mains, comme s’il cherchait une issue. La nuit tombe et il finit par sortir marcher seul, écouteurs dans les oreilles. Les images alternent entre cette errance nocturne et le silence de la chambre. Au petit matin, on le retrouve sur un banc, baigné par la lumière. Plus tard, chemise et cravate sur le dos, il semble prêt à reprendre le cours de la journée. Un regard vers le ciel, une respiration… et l’on comprend que cette nuit était peut-être simplement le moment où il s’est enfin autorisé à ressentir.
Dab Rozer (feat Nerlov) – Coucou les potes
Dab Rozer qu’on avait découvert aux bars en trans en décembre, poursuit l’aventure de Le personnage principal avec « Coucou les potes », un morceau qui tourne autour de l’amitié, la vraie comme celle qui tient parfois à des circonstances étranges. Il s’amuse de ces liens qui se créent par hasard, de ceux qui durent malgré tout, et de cette petite part d’intérêt qu’on retrouve parfois dans les relations. Le ton reste léger, presque moqueur, mais toujours avec une forme d’affection pour ces compagnons de route. Et quand son ami Nerlov apparaît pour un couplet, la conversation s’élargit naturellement.
Le clip choisit de pousser cette idée jusqu’à l’absurde. Dab Rozer prépare son concert… sauf que son public n’est autre qu’un groupe d’amis qu’il a littéralement capturés. On les retrouve attachés sur des chaises devant la scène, spectateurs un peu malgré eux. L’ambiance reste pourtant bon enfant, presque complice. Au fil des images, la situation devient de plus en plus drôle, comme si la musique finissait par désamorcer le côté improbable de la scène. Puis Nerlov débarque, et tout bascule : la petite prise d’otages improvisée se transforme en vrai moment de fête. Une mise en scène décalée qui rappelle qu’avec les bons amis, même les idées les plus absurdes peuvent finir en soirée réussie.
Jeanne Bonjour – Finir par en rire
Jeanne Bonjour poursuit l’histoire de son EP Look avec « Finir par en rire ». Le titre s’attaque à ces moments où l’on se retrouve face à ses propres failles. Au lieu de s’y noyer, elle choisit de les regarder autrement, avec un peu de distance et beaucoup d’autodérision. La chanson parle finalement de ce moment précis où l’on comprend qu’il vaut parfois mieux rire de ses blessures que les laisser nous définir.
Le clip joue justement avec cette idée de recul. On y voit Jeanne évoluer sur des échasses, grande silhouette blonde qui domine la scène comme si elle observait tout d’en haut. Face à elle, une autre version d’elle-même semble traverser ses doutes et ses émotions. Les deux figures cohabitent dans un décor qui oscille entre rêve et réalité. La Jeanne perchée regarde l’autre trébucher, hésiter, se débattre avec ses pensées. Ce décalage crée quelque chose de drôle et de touchant à la fois : comme si prendre un peu de hauteur permettait enfin de dédramatiser ce qui semblait insurmontable. Une manière malicieuse de rappeler qu’avec le temps, certaines douleurs finissent par devenir des histoires qu’on raconte en souriant.
Dolce – La lettre W
Avant la sortie de son nouvel EP prévue en avril, le rappeur mosellan Dolce dévoile « La lettre W ». Le titre part d’une image tirée du film Le Cinquième Élément, lorsque le personnage de Leeloo découvre l’histoire humaine et s’arrête sur la lettre W, celle de la guerre. À partir de là, le rappeur déroule une réflexion sombre mais lucide : celle d’un monde qui semble répéter les mêmes violences, les mêmes impasses. Plutôt que de sombrer dans le fatalisme, le morceau invite à regarder cette réalité en face, comme une manière de rappeler que l’histoire dépend aussi des choix que l’on fait aujourd’hui.
Le clip reprend directement cette idée en s’appuyant sur les images du film. Des séquences de Le Cinquième Élément apparaissent tout au long de la vidéo et viennent dialoguer avec le morceau. Les scènes deviennent presque un décor mental dans lequel la chanson résonne autrement, comme si la fiction éclairait ce que les paroles cherchent à dire sur notre époque. Ce mélange entre rap et cinéma fait partie de l’univers de Dolce, lui qui aime détourner les références de films pour construire ses propres récits, déjà visible dans un précédent titre inspiré de L’Arme fatale. Ici encore, les images servent de passerelle entre mémoire collective et regard contemporain.
