Gildaa nous plonge dans un univers singulier et fascinant avec son premier album éponyme, où émotions, langues et mémoire se mêlent pour raconter des histoires à la fois intimes et saisissantes.
Ceux qui l’ont déjà vue sur scène le savent : Gildaa ne s’explique pas vraiment, elle se ressent. Quelque chose de doux, d’étrange, qui reste sans qu’on sache pourquoi. Elle chante comme on fouille dans sa mémoire, par fragments, par sensations, sans toujours comprendre ce qui remonte.
À travers son premier album éponyme sorti le 6 mars 2026, elle ne se présente pas : elle s’invente. Entre la France et le Brésil, entre mystique et absurdité, elle construit un univers libre, presque indomptable, où les mots, les langues et les émotions circulent sans frontières. C’est un disque vivant, traversé par des voix intérieures, des héritages invisibles et une mémoire qui ne demande qu’à refaire surface.
Au fil des morceaux, une idée revient : celle d’une identité fragmentée, mouvante. Gildaa chante parfois à l’envers, en français, en portugais ou en anglais, comme si une seule langue ne suffisait pas à dire ce qui la traverse.
Entre héritage, vertige et voix intérieures
« Utopiste » déjà remarqué, s’impose comme un cœur du projet. À travers le dialogue entre deux femmes séparées par 3 000 ans, elle pose une question vertigineuse : est-ce que quelque chose change vraiment ? Entre fatigue et espoir, le morceau devient un écho des luttes qui se répètent, génération après génération.
Avec « Perséphone », elle plonge encore plus loin. En s’appropriant le mythe, elle en fait une histoire intime et initiatique. Sa voix, plus grave, plus incarnée, accompagne une descente intérieure, entre dépossession et reprise de pouvoir. C’est l’un des moments les plus forts de l’album.
L’album explore aussi des terrains plus instables et intimes. « Pensées diluviennes » met des mots sur ces voix qui sabotent et brouillent tout, tandis que « Tout pour plaire » traduit le tiraillement constant entre contrôle et lâcher-prise. Plus tôt, « L’équilibre » traduit physiquement ce désordre intérieur, alors que des titres comme « Mainha » ou « Samba Velho » reconnectent à quelque chose de plus ancien, presque spirituel.
Au final, Gildaa est un premier album singulier, qui n’évite jamais la complexité. Un disque qui accueille les contradictions, les fragilités et les voix multiples, et rappelle, sans imposer, qu’on peut être traversé de doutes tout en continuant d’avancer. Rendez-vous à La Cigale le 28 mai prochain
