Chaque fin de semaine, la rédaction de Phenixwebtv.com vous propose une sélection des nouveaux clips qui font l’actualité. Entre découvertes, coups de cœur et retours d’artistes confirmés, on vous embarque dans le meilleur de la création musicale en images.

HoshiBonjour Docteur 

Après son dernier album Cœur Parapluie, sorti en 2023, Hoshi ouvre un nouveau chapitre avec « Bonjour Docteur », premier extrait de son opus à venir. L’interprète d’Amour censure revient en se mettant dans la peau de quelqu’un qui arrive au bout de quelque chose sans trop savoir comment l’expliquer. Le titre tourne autour de ce moment où il faut parler, poser des mots sur ce qui déborde, même si ça sort un peu en vrac. Il y a une forme d’urgence, mais aussi ce besoin d’être entendu, enfin.

Le clip part direct dans cette idée de prise en charge, mais à sa façon. Tout commence sur ces bips froids, puis Hoshi apparaît allongée sur un brancard qui avance sans s’arrêter. Très vite, des photographes l’encerclent, les flashs éclatent, elle tente de cacher son visage pendant qu’on la pousse. Et puis les visages changent : un couple de mariés, des inconnus, des proches, des groupes qui se relaient pour accompagner ce trajet étrange. Comme si toute sa vie défilait autour d’elle, sans qu’elle puisse reprendre le contrôle. À la fin, tout se calme, et elle se retrouve assise face au médecin, après ce long passage agité, avec cette simple question : « qu’est-ce qui ne va pas ? »

Baptiste VentadourLes rivières de sel 

Comme on vous le présentait en début de semaine, Baptiste Ventadour a son retour el 13 mars dernier avec « Les rivières de sel » comme on referme doucement une histoire. Pas de clash, pas de cris, juste ce moment étrange où l’on comprend que ça s’arrête alors qu’il reste encore de l’amour. Il parle de ces séparations calmes, presque trop propres, où chacun garde quelque chose de l’autre sans vraiment savoir quoi en faire après.

Le clip part d’une image simple : lui, assis sur une chaise en pleine rue, guitare à la main. Un homme passe, lance un jukebox, et la chanson commence. La caméra recule et on comprend que ce n’est pas qu’une rue, mais une sorte de chambre reconstituée dehors. Et pendant qu’il chante, tout disparaît. Des gens viennent, prennent les objets un à un, sans s’arrêter, comme si le décor n’avait jamais été à lui. Même sa guitare finit par partir. Il reste là, un peu vidé, affalé sur sa chaise. Puis il se relève, la prend avec lui, et s’en va. Pas de regard en arrière, juste ce qu’il reste quand tout le reste a été enlevé.

Suzanne DelaubreCosmonaute

Suzanne Belaubre nous présente « Cosmonaute », premier extrait de son prochain album Feu de bois attendu le 8 mai. Dans ce morceau, l’artiste joue avec le contraste entre l’envie de s’évader et la réalité qui nous retient. Sa voix claire couplée au piano créent un univers doux et introspectif, où chaque note semble flotter comme un souffle de liberté.

Le clip, réalisé par Maxime Morin, illustre cette tension avec d’un côté, la chambre de l’artiste, refuge intime et lumineux où tout semble possible et de l’autre, l’extérieur oppressant et urbain qui pousse à se libérer. Le cerf-volant qui s’élève à la fin symbolise ce besoin irrésistible de prendre son envol, comme si la musique elle-même devenait un passeport vers l’air libre.

Premier métroSoleil Noir 

Après le très estival « Châteaux de sable », Premier Métro arrive avec « Soleil Noir » comme un réveil un peu brutal face à la banalisation de l’extrême droite. Le titre part d’un constat simple : quelque chose a changé, et pas dans le bon sens. Des tensions qui montent, des discours qui se libèrent, une impression que tout ça devient presque normal. Le groupe regarde ça en face et sans prendre de gants, pose une question assez directe : à partir de quand on décide de réagir ?

Le clip commence dans la nuit, sur des pas. Trois silhouettes avancent, chaussures noires bien ancrées au sol, comme si elles allaient quelque part sans vraiment hésiter. Puis le visage du chanteur apparaît, éclairé par la lumière qui traverse les vitraux. Il chante là, face à cette clarté un peu dure, pendant que les autres prennent place avec leurs instruments. Les images donnent parfois l’impression d’un rituel, comme si quelque chose se préparait sans qu’on sache exactement quoi. À la fin, ils arrivent dans l’église, comme sur une scène improvisée, et jouent jusqu’à épuisement. Une montée simple, mais tendue, où chaque pas semble les rapprocher d’un point de rupture.

Pauline de ParisDéjeuner du matin 

Pauline de Paris revient avec « Déjeuner du matin », en reprenant le poème de Jacques Prévert mis en musique par Joseph Kosma, autrefois interprété par Marlene Dietrich. Mais ici, elle ne se contente pas de revisiter la chanson : elle en fait le point de départ d’une histoire découpée en plusieurs regards. Ce premier chapitre pose les bases, en s’installant dans un quotidien en apparence banal, où quelque chose, pourtant, ne tourne pas rond.

Le clip reste entièrement centré sur une table de petit déjeuner où Monsieur lit la presse, boit son café, enchaîne les gestes sans vraiment lever les yeux. En face, Madame observe, immobile, comme coincée dans ce moment qui n’avance pas. Il n’y a presque pas d’échange, juste une présence silencieuse, un décalage qui se creuse. Puis il se lève, met sa veste et s’en va, comme si de rien n’était. Tandis que, elle, elle reste là, seule, les mains sur le visage, figée dans ce qui vient de se passer. Une distance qui laisse cette impression que l’histoire ne fait que commencer.

Joe la PanicCréature moyenne 

Joe la Panic nous tend un miroir sans prévenir avec son nouveau single « Créature moyenne ». À travers ce morceau, elle liste, observe, se parle autant à elle-même qu’aux autres. Rien de glorieux ni de dramatique, juste ce mélange de petites contradictions, de pensées piquantes qui font sourire. Une manière pour l’artiste d’assumer ce qu’on est, sans chercher à enjoliver.

Le clip la suit en mouvement constant, comme si rester en place était impossible. Entre barres d’immeubles, ponts, métro ou escalator, elle avance, court parfois, traverse les gens sans s’arrêter. Elle fixe la caméra, comme pour s’adresser directement à nous, avant de repartir ailleurs. À vélo, dans un taxi, assise par terre… les plans se répètent, reflétant ce flot de pensées qui tourne en boucle. Une errance urbaine nerveuse, pleine de vie et de rythme, qui colle parfaitement à l’énergie du morceau.

ElanTout va bien je vais mal

Elan dévoile « Tout va bien je vais mal », un titre qui agit comme une phrase qu’on lâche un peu trop vite, presque pour éviter d’expliquer. Derrière ce titre un peu anxiogène, il y a cette sensation étrange d’être à deux sans vraiment l’être, de partager un quotidien qui sonne creux. La chanson parle de ce moment où quelque chose se fissure sans bruit, où l’on commence à douter sans trop savoir pourquoi, et où l’amour ne suffit plus à rassurer.

Le clip choisit de rester au plus près de ça en plaçant Elan seule dans un espace presque vide. Elle apparaît tour à tour assise sur une chaise, face à un fond blanc, puis dans une pièce rouge, toujours pieds nus, souvent dans cette chemise trop grande qui glisse un peu sur elle. Par moments, elle semble faire face à une autre version d’elle-même, comme un dialogue intérieur qui ne trouve pas de réponse. Tout repose sur son regard, sur ces face-à-face répétés avec la caméra. Le décor change, mais le malaise reste, comme si peu importe l’endroit, on ne pouvait pas vraiment fuir ce qui se joue à l’intérieur.

BT93Love Vanessa 

BT93, qu’on connaît aussi pour son travail avec Hum Hum et Stupeflip, nous présente un morceau sous forme de déclaration à Vanessa Paradis. « Love Vanessa » ne cherche pas à tourner autour du pot, c’est une chanson qui prend l’admiration au sérieux, mais sans jamais se prendre trop au sérieux. Il y a quelque chose de très direct, presque enfantin dans cette manière de dire j’aime, version adulte, sans filtre.

Le clip suit un personnage qui bascule d’un coup. Tout commence dans un bureau où il lance un CD de Vanessa Paradis, enlève son costume… et tout déraille. Le voilà qui danse, sans retenue, comme si plus rien d’autre n’existait. Dans un wagon-bar de TGV, au milieu des passagers, dans la rue, au supermarché, même en pleine séance de sport… impossible de l’arrêter. BT93 apparaît par moments, mais le vrai cœur du clip, c’est cette danse incontrôlable qui déborde partout. Une sorte de contamination joyeuse, où la musique devient prétexte à lâcher prise, peu importe le regard des autres.

SolamourTrèfle à 4 feuilles 

Solamour avance avec « Trèfle à 4 feuilles » comme on cherche quelque chose qu’on n’est pas sûr de retrouver. La chanson part d’une perte, celle de sa mère, et de cette question qui reste en tête : est-ce que la chance existe encore après ça ? Il y a cette idée qui revient, presque obsessionnelle, de signes à guetter, de petits repères pour continuer à y croire malgré tout. Une manière de tenir, de ne pas laisser le vide prendre le contrôle.

Le clip suit ce mouvement intérieur, mais en ville, la nuit. On la voit courir dans une station de métro, toujours de dos au début, comme si elle poursuivait quelque chose qui lui échappe. La lumière tire vers le vert, et donne une impression un peu irréelle. Elle apparaît sur les quais, dans les couloirs, puis dehors, entre deux rues, entre deux moments. Une machine à sous affiche des trèfles, comme un clin d’œil à cette idée de hasard qu’elle traque sans vraiment y croire. Elle chante face caméra, danse parfois, monte dans un taxi, repart ailleurs. Tout s’enchaîne sans pause, surtout la nuit, comme si le repos n’était plus possible.