Trois semaines avant la sortie de leur album Insomnie, Colours In The Street nous emmène avec « Seul » dans un univers intime, où la solitude cesse d’être un fardeau pour devenir un espace de retrouvaille.

Impossible de ne pas replonger immédiatement quand Coulors In The Street revient avec « Seul ». Le groupe touche à nouveau cet endroit précis, celui que « Aux étoiles » avait laissé ouvert. Mais ici tout est plus retenu, presque à nu. Les mots sont simples, mais accrochent autrement avec cette impression de regarder les autres avancer sans réussir à entrer dans leur rythme. Puis, sans prévenir, quelque chose bascule. La solitude change de visage, jusqu’à devenir un refuge où l’on se retrouve enfin, sans tricher.

Sur la pochette, il y a cette distance. On y aperçoit une silhouette qui regarde au loin, comme si le monde continuait sans elle, sans bruit ni urgence. Dans la live session, tout change subtilement : le groupe est en cercle, entouré de cordes, mais la sensation d’isolement reste, se partage même. Le piano d’Alex pose les premières pierres, la voix s’y accroche sans démonstration, et autour, tout vit doucement.

Et il y a aussi ce moment où tout se resserre : « j’ai tout perdu pour me retrouver ». Une phrase qui s’imprime durablement, éveillant des images et sensations qu’on pensait rangées. Le morceau avance sans brusquer, il respire, et dans le silence entre les notes, quelque chose d’exceptionnel se produit : on ne subit plus la solitude, on l’accepte, presque on s’y reconnaît.