Ceux qui restent

On parle très souvent de ceux qui s’ôtent la vie, mais ceux qu’ils laissent derrière eux, très souvent sans explications qui s’en préoccupe?
C’est cet objectif que s’est assignée Marie Laberge, auteure à succès Québécoise, qui place ceux qui restent sous le feu des projecteurs…
Sylvain Côté avait 29 ans en 2000 lorsqu’il s’est donné la mort sans explications alors que tout semblait lui réussir, plongeant ainsi les membres de sa famille et ses amis dans une quête sans fin des raisons de cet acte ignoble.
C’est le début d’un roman choral ou chaque protagoniste donne de la voix dans un français Québécois qui peut dans un premier temps dérouter, mais que l’on fini vite par apprivoiser. Il s’agit ici de se reconstruire après la perte d’un être cher, de porter sur ses épaules le poids de la culpabilité et surtout de répondre à la question du pourquoi?
Tour à tour chacun des principaux personnages essayent de comprendre ce qui a bien pu poussé Sylvain à commettre l’irréparable…
Charlène est la première à ouvrir le bal, maîtresse de Sylvain et Barmaid, elle était avec lui la nuit précédant son suicide. Depuis le comptoir de son bar elle devise et continue à lui parler de sexe. Elle est sans doute la plus forte et la plus remuante de ce roman, « une battante qui résiste aux pires vents sans jamais faire d’histoires. »
La femme de Sylvain, Melanie se démêle afin que leur fils Stephane, devenu un jeune insaisissable en perte de repère, n’apprenne jamais dans quel circonstance son père est mort, préférant lui mentir et demandant à toute la famille d’en faire autant. D
Vincent Côté, Le père de Sylvain, est Le personnage le plus bluffant, celui qui sait placer chaque mot à l’endroit où il faut, sans jamais se départir de sa bonne humeur :« Combien d’écrivains, de musiciens, d’artistes qui se sont suicidés ont droit à une autre référence que ce geste final qui pèse plus lourd que l’œuvre de leur vie, au bout du compte. »

Sans jamais arriver à comprendre le pourquoi de cet acte, l’auteur place Sylvain au centre de ce questionnement des différents personnages, qui tout au long de ce roman de plus de 500 pages, se livrent, se déchirent, mais surtout n’arrive pas à comprendre le pourquoi de cet acte venant d’un homme pour qui tout allait pour le mieux dans Le meilleur des mondes.
Et le père de Sylvain nous livre à la fin, ce qui constitue l’essence même de la vie « un jour, Le plus tard possible, je mourrai. Je quitterai ceux que j’aime. Que j’aie ou non ma tête, mon coeur, lui aura toujours cet espoir insensé de retrouver Sylvain, de Le prendre de nouveau dans mes bras et de lui présenter ma vie. Ceux qui ont suivi, les jours, les nuits qui ont suivi le jour terrible de sa mort. Ces jours et ces nuits que j’ai commencé par haïr, pour ensuite apprendre à les vivre.
Et ce ne sera pas pour lui dire ce qu’il a manqué.
Ce sera pour témoigner que je suis resté, que j’ai vécu et que j’ai essayé d’honorer la vie et non la mort.
Que j’ai donné sa chance à la vie.
Ma vie. Qui est pleine de sa courte vie à lui, de sa perte, mais aussi des autres vies »
Marie Laberge
Ceux qui restent

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