Eddy de Pretto, le nouveau Stromae?

Distingué lors de l’édition 2017 du Printemps de Bourges par le prix des Inouis récompensants les talents émergents de la scène française, Eddy de Pretto âgé de 24 ans et avec un seul album à son actif, Cure, s’est installé en tête des meilleurs ventes de disques avec des textes percutants qui parlent à tous mais se refuse à être le porte parole d’une quelconque génération.

En tête d’affiche jeudi 26 avril 2018 dans la grande salle du Palais d’Auron, Eddy, dégage une énergie qui enflamme le public dès la reprise de son premier titre, Jimmy. l’excitation est maximale et le public transforme la fosse en piste de danse géante.

Mais qui est ce nouveau prodige que le public n’hésite pas à comparer à Stromae?

Il est difficile de ne pas penser à Stromae quand on l’entend chanter, lui qui joue sur les codes musicaux entre le rap et la pop. sa différence séduit, tout comme sa discrétion et sa timidité.« fête de trop » visionné plus de 10 millions de fois sur Youtube a fait de lui une star, lui qui fuit la célébrité.

A 24 ans, avec son physique atypique, il est inclassable, 80.000 exemplaires de son premier album Cure ont été écoulé en deux mois.

Il n’a pas une réelle influence, lui qui a grandit dans un univers où sa mère écoutait Barbara, Brel et surtout Aznavour, mais pour lui c’était Diam’s, Booba, Sinik qu’il écoutait avec les copains au foyer en bas de chez lui.

Il y’a de l’intime et de la sincérité dans ses textes et ses clips épurés, où il aborde son homosexualité dans un paysage musical souvent formaté et qui tolère difficilement la différence sexuelle.

« Quand j’étais chez moi, je dansais sur les Spice Girls. Mais quand j’étais en bas, avec les gars, j’allais brûler des poubelles et je galbais les épaules en faisant le coq. Tout cela m’allait très bien. Mais j’avais bien conscience qu’à un moment il allait -falloir assumer totalement qui j’étais. Cela s’est fait en grandissant, en assumant ma part de féminité. Plus jeune, le modèle viril me pesait, mais je n’avais pas de porte de sortie, je n’avais pas d’autres exemples.» confiait-il à Paris Match au début du mois.

La banlieue, l’homosexualité, la virilité, tout y passe durant sa prestation au Printemps de Bourges avec pour accompagnement seulement un smartphone et un batteur. Un écorché vif qui reprend Kid, la chanson qui a fait son succès et avant de disparaitre il lance au public « quant à moi, je m’appelle Eddy de Pretto et je suis sur tous les réseaux sociaux ».

 Eddy sera sur plusieurs festivals cet été et à l’Olympia les 6 et 7 novembre 2018

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Crédit photos : Denoual Coatleven, Eddy de Pretto, PQR/Le Parisien