Goncourt : À qui le tour?

Qui succèdera à Éric Vuillard sur le podium de Drouant le 7 novembre prochain ?

C’est sans doute la question à laquelle personne ne peut répondre avec exactitude en cette rentrée littéraire tant la première sélection annoncée par le jury du prix Goncourt depuis le salon du livre de Nancy est surprenante. Aucun des favoris qui sortaient du lot n’a été retenu dans cette liste de quinze dont on saura l’heureux gagnant le 7 novembre prochain.

Premiers Romans : Quatre femmes et un homme

Le jury du prestigieux prix littéraire composé de Bernard Pivot, Paule Constant, Pierre Assouline, Françoise Chandernagor, Didier Decoin, Philippe Claudel, Patrick Rambaud, Tahar Ben Jelloun, Virginie Despentes et Eric-Emmanuel Schmitt a jeté son dévolu cette année sur pas moins de cinq premiers romans pour composer cette liste, où quatre femmes font face à un seul homme. On peut citer entre autres :

Le Malheur du bas d’Inès Bayard (Albin Michel).

La Vraie vie d’Adeline Dieudonné (L’Iconoclaste)

Ça raconte Sarah de Pauline Delabroy-Allard (Editions de Minuit)

La vérité sort de la bouche du cheval de Meryem Alaoui (Gallimard)

Nos coups de cœur

Frère d’âme, David Diop (Seuil)

Maitre de conférences à l’université de Pau et d’origine Sénégalaise, David Diop se glisse dans la peau de son personnage principal Alfa Ndiaye qui perdit la raison après avoir laissé son frère d’arme Mademba Diop, agonisé dans ses blessures sur le champ de bataille un matin de Grande guerre, alors que ce dernier le suppliait de l’achever pour mettre fin à ses souffrances. Mais Diop n’en fit rien, il écouta plutôt la voix de Dieu, qui interdit de tuer et regarda son ami âgé d’une vingtaine d’année comme lui mourir. Ce fut le début de la fin pour lui.

Un roman où déborde la culpabilité du survivant, le traumatisme de la Grande guerre et une ode à l’Afrique qui perdit beaucoup de ses fils dans cette bataille sanglante.

la Vraie vie, Adeline Dieudonné (L’Iconoclaste)

C’est l’histoire d’une violence familiale racontée sous le prisme d’une enfant surdouée, vivant avec sa famille dans un préfabriqué à la pointe de la technologie surnommé Demo. Usant volontiers d’un humour noir, la jeune romancière Belge nous plonge dans l’univers de cette petite fille qui se bat pour faire diversion entre un père (le monstre) violent, adepte de whisky, une mère qui n’est plus que l’ombre d’elle-même et un petit frère (Gilles) qu’elle parvient à faire rire jusqu’à ce qu’un accident ne vienne bouleverser cet équilibre qu’elle s’était donné tant de mal à mettre en place.

Dix-sept ans, Eric Fottorino (Gallimard)

Dans la baie des Anges, à Nice une ville où il n’a vécu que les trois premiers jours de sa vie, Éric (le narrateur) revient sur les traces de son passé en quête d’identité, après la révélation faite par sa mère (Lina) à ses deux frères et à lui qu’elle avait eu un autre fils juste après sa naissance et qu’elle avait été obligé d’abandonner.

Éric retourne dans cette ville pour une introspection très personnelle, où au gré des chapitres le lecteur découvre la douleur qui habite cet enfant de la « honte » qu’il fut et de la relation étrange qui s’est nouée avec sa mère.

Touchant, personnel et bouleversant, dix-sept ans n’est pas très éloigné de l’homme qui m’aimait tout bas, un précédent ouvrage du même auteur.

Le malheur du bas, Ines Bayard, (Albin Michel)

« Au cœur de la nuit, face au mur qu’elle regardait autrefois, bousculée par le plaisir, le malheur du bas lui apparaît telle la revanche du destin sur les vies jugées trop simples. »

Dans ce premier roman suffoquant, Inès Bayard dissèque la vie conjugale d’une jeune femme à travers le prisme du viol. Un récit remarquablement dérangeant.

La guerre des maisons d’éditions

Il ne reste plus qu’à attendre l’annonce du verdict le 7 novembre prochain depuis le restaurant Drouant à Paris où sortira un (e) gagnant(e) et derrière ce verdict, se cache aussi la guerre des maisons d’éditions pour qui cette récompense vient donner un peu d’éclats à sa réputation. A ce jeu, Gallimard se place en tête, avec pas moins de 36 lauréats depuis la remise du premier prix Goncourt en 1903.

Et vous quel est votre pronostic ? Vous avez lu l’un des quinze livres sélectionnés ?

En attendant, on vous laisse avec la liste des 15 romans sélectionnés.

Meryem Alaoui, La vérité sort de la bouche du cheval (Gallimard)

Inès Bayard, Le malheur du bas (Albin Michel)

Guy Boley, Quand Dieu boxait en amateur (Grasset)

Pauline Delabroy-Allard, Ça raconte Sarah (Editions de Minuit)

Adeline Dieudonné, la Vraie vie (L’Iconoclaste)

David Diop, Frère d’âme (Seuil)

Clara Dupont-Monod, La révolte (Stock)

Eric Fottorino, Dix-sept ans (Gallimard)

Paul Greveillac, Maîtres et esclaves (Gallimard)

Nicolas Mathieu, Leurs enfants après eux (Actes sud)

Gilles Martin-Chauffier, L’Ere des suspects (Grasset)

Tobie Nathan, L’évangile selon Youri (Stock)

Daniel Picouly, Quatre-vingt-dix secondes (Albin Michel)

Thomas B. Reverdy, L’Hiver du mécontentement (Flammarion)

François Vallejo, Hôtel Waldheim (Viviane Hamy)

Chrislin NR

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2 réflexions sur “Goncourt : À qui le tour?

  1. Matatoune dit :

    Deux lus : le malheur du bas et L’ère des suspects. Complètement différents ! Il me faut découvrir L’hôtel Waldheim, Frère d’âme, et peut-être Dix sept ans ! Qui sera le Goncourt ! J’en sais fichtre rien …Suis pas forcément en phase ! Alors…. Attendre et voir venir ! Merci .

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