Chaque fin de semaine, la rédaction de Phenixwebtv.com vous propose une sélection des nouveaux clips qui font l’actualité. Entre découvertes, coups de cœur et retours d’artistes confirmés, on vous embarque dans le meilleur de la création musicale en images.
Guilhem Valayé – Kaola
Avant de vous proposer une chronique du nouvel album de Guilhem Valayé, Mes chiens ne dorment pas, sorti vendredi, on vous fait patienter avec le troisième extrait vidéo « Kaola ». Un morceau à la fois léger et malicieux, où les rimes jouent sur les images et les sons pour peindre un amour capable de recoudre les fissures de l’existence. Entre exotisme et fantaisie, le refrain s’accroche en boucle : «Tu m’as fait koala dans un nœud calypso», répétition joyeuse qui devient presque un mantra, oscillant entre tendresse et énergie.
Le clip de Juan Sebastian Torales plonge dans un univers forain, coloré et hypnotique. Guilhem y apparaît toujours face caméra, chemise rouge, regard direct, comme pour nous entraîner dans son émerveillement. Les attractions défilent en arrière-plan : auto-tamponneuses, grande roue, Tagada, King… On sent à la fois l’amusement et la fascination, un petit vertige doux qui accompagne la chanson. Parfois en admiration, parfois sérieux, il se déplace à travers ces manèges, avant de tourner le dos au spectateur et de disparaître sous les projecteurs, laissant flotter derrière lui une atmosphère à la fois festive et un peu magique.
Clara Néville – Je ne sais pas
Clara Néville s’immisce dans l’esprit d’un enfant abîmé, sans jamais alourdir ni dramatiser. « Je ne sais pas », extrait de Liaisons, avance comme un souffle retenu dans lequel chaque mot semble peser un peu trop pour être dit autrement. Le piano feutré, la guitare frottée à l’archet, le chant fragile… tout est suspendu, fragile, à l’image d’une enfance coincée entre peur et éclats de rêves. La chanson capte cet endroit flou où l’on ne sait plus très bien quoi penser ni quoi espérer, mais où quelque chose refuse obstinément de s’éteindre.
L’animation à la gouache, imaginée par Cemre Bayza Yagiz, traduit cette même délicatesse. Les images glissent entre rigueur du réel et échappées poétiques, comme si l’esprit de l’enfant cherchait sans cesse une issue. Les mouvements, les formes traduisent une errance intérieure, plus que l’illustration d’un récit. Le spectateur se retrouve invité à ressentir, à compléter ce qui se devine dans ce clip poignant et subtil, qui accompagne la chanson sans jamais trahir sa fragilité.
Haus Of Bobbi – Validé
Après son duo avec K Sensei sur « C’est si beau », c’est en solo qu’on retrouve Haus Of Bobbi cette semaine, qui raconte avec « Validé », le quotidien d’un artiste en construction, entre petits bonheurs, doutes et éclairs de confiance. La chanson, pop et légèrement électro, reflète cette énergie feel-good, avec un mélange d’instruments organiques et de textures synthétiques. Elle parle de légitimité et de reconnaissance, mais surtout du choix de rester soi-même malgré les attentes. La voix, douce et posée, porte le texte avec naturel et conviction, sans artifices.
Le clip met en images cette simplicité et cette authenticité. On suit Haus Of Bobbi du matin au soir, entre réveil, café, travail, mails et soirées karaoké. Pas de mise en scène spectaculaire : juste le quotidien, avec ses routines, ses petites joies et ses instants de flottement. Une journée ordinaire qui raconte beaucoup sur le cheminement d’un artiste, à la croisée entre la vie réelle et le rêve d’exister pleinement.
Mihlo – Météore
Mihlo signe avec « Météore » un morceau qui pulse et fait danser, entre énergie disco et éclats de liberté. La chanson parle de ces instants où l’on se laisse emporter, où la fête devient presque une aventure risquée, mais nécessaire. On sent l’envie de vivre fort, de se jeter dans le plaisir sans compter, avec un souffle presque euphorique qui traverse le titre. Les arrangements légers mais percutants laissent respirer la voix de l’artiste à la fois sûre et pleine de nuances.
La live session garde cette énergie simple et directe. On la voit sur scène, guitare en main, accompagnée de son batteur-pianiste, capturant l’instant comme un petit concert intime. Les plans suivent son mouvement, ses allers-retours vers le micro, et montrent une proximité avec le public, suggérée par les applaudissements à la fin. Pas d’artifice, juste la musique qui vibre et la sensation de se laisser emporter par le rythme.
Bou – Almighty
Il y a chez Bou cette manière très sérieuse de ne jamais se prendre au sérieux. « Alto Almighty », premier clip extrait de l’album Pardon my french attendu début avril, arrive comme une déclaration d’intention joyeusement bancale. Ici tout peut cohabiter, les genres, les humeurs, les élans contradictoires. Le groupe pioche partout, assemble sans hiérarchie, et transforme ce joyeux chaos en terrain de jeu. Ça déborde, ça dérape parfois, mais toujours avec une énergie communicative, comme une soupape collective où l’absurde devient salvateur.
Pensé comme une petite pièce à ciel ouvert, le clip transpose cet esprit dans une forêt qui ressemble plus à un décor mental qu’à un lieu réel. Une bande d’ami·es s’y retrouve, pique-nique au sol, cartes en main, jusqu’à l’irruption d’un chien incontrôlable qui vient semer le désordre. La promenade se mue en poursuite, le sérieux en farce : oreillers éventrés, plumes dans l’air, gestes enfantins et rires contagieux. La journée s’achève dans une douceur inattendue, face au coucher du soleil, comme un retour au calme après la tempête ludique.
Crache – Mécanique antipathique
Chez Crache l’annonce du premier album ne se fait pas à pas feutrés. « Mécanique Antipathique » déboule comme un manifeste grinçant, porté par un français frontal et une mécanique sonore qui ne cherche jamais à s’arrondir. Les synthés sifflent, la rythmique cogne, et très vite s’installe ce mélange d’ironie mordante et de tension brute qui donne au morceau son caractère presque hypnotique. Derrière l’énergie, on devine une fable déguisée : un monde de rois grotesques et de figures grotesquement héroïques, où la satire prend le pas sur toute forme de glorification.
Le clip suit cette logique farouchement artisanale avec des Masques en papier mâché, accessoires bricolés, gestes exagérés… La forêt devient un terrain de complot, le château un décor de carton-pâte, la ville un espace de dérive finale. Le roi titube, sûr de lui et déjà dépassé, les bandits surgissent et disparaissent, les rôles se renversent sans prévenir. Chaque tableau fonctionne comme un micro-théâtre où menace et dérision se mêlent, transformant cette épopée médiévale en un théâtre absurde et jubilatoire, fidèle à l’esprit du morceau.
Cœur Kaiju – Être seulx
Après une première incarnation dépouillée, presque à fleur de peau, Cœur Kaiju choisit cette fois de déplacer le centre de gravité. « Être seulx » part de la mélancolie de Seulex pour la transformer en matière mouvante, traversée par une pulsation électro qui s’installe lentement. Le morceau avance par vagues successives, sans brusquer, laissant la tension s’accumuler jusqu’à ce point de bascule final où tout s’ouvre. La tristesse ne disparaît pas, elle change de forme en devenant collective, traversable, presque lumineuse dans son excès.
Côté images, le choix est radicalement simple. Le groupe est filmé en train de jouer, face caméra, comme si rien d’autre n’avait besoin d’exister autour. Pas de décor superflu ni de récit ajouté, juste l’énergie du live, captée telle quelle. Les images captent un moment suspendu, entre concentration et lâcher-prise, où la musique fait corps avec ceux qui la jouent. Une manière simple et directe d’ancrer ce remix dans le collectif, là où le titre parle justement d’être seul… ensemble.
Fireclub – Stop the clock tomorrow is worse
FireClub suspend le mouvement et regarde en arrière, le temps d’un titre traversé par les souvenirs. « Stop the clock tomorrow is worse » se déploie comme une pensée à voix basse, une mélodie douce-amère qui accepte la nostalgie sans jamais la figer. Le duo évoque ce moment fragile où l’enfance se fissure, où le temps commence à laisser des traces, sans grand fracas mais avec une émotion sourde qui s’installe peu à peu. La chanson cherche moins à retenir qu’à accompagner ce qui disparaît, avec une tendresse lucide.
Le clip épouse cette démarche sans filtre. Des images d’archives personnelles surgissent, simples et mouvantes : des jeux dans la neige, des fêtes d’école, des scènes familiales captées sur le vif. Rien n’est enjolivé, tout respire la vie telle qu’elle était, parfois bancale, souvent joyeuse. En laissant défiler ces fragments, le groupe touche à quelque chose d’universel. Ce passé-là ne leur appartient plus tout à fait, il se mêle au nôtre désormais.
Lionel Langlais – In extremis
Lionel Langlais dévoilera son 5e album le 20 mars 2026 comme en témoigne le nouvel extrait vidéo « In extremis ». Le titre semble parler depuis un endroit instable, comme s’il enregistrait ses pensées juste avant qu’elles ne se dérobent. Rien n’est vraiment posé, tout vacille légèrement. Venise apparaît par touches, comme un souvenir mal rangé ou un rêve trop précis pour être honnête. Les mots s’accrochent, glissent, reviennent, avec ce mélange de mordant et d’épuisement qui traverse le morceau. On sourit parfois, mais c’est un sourire fatigué, un humour qui sert surtout à ne pas tomber.
Le film ne cherche pas à raconter cette histoire, il l’enferme. Une pièce blanche, nue, presque trop propre, où Langlais tourne en rond. Pieds nus, en marcel, il semble à la fois trop présent et déjà ailleurs. Les gestes se répètent, se dérèglent, comme si le corps essayait de dire quelque chose que la tête refuse de formuler. Le matelas au sol n’est ni un lit ni un décor : plutôt un point de chute, un endroit où s’abandonner quelques secondes avant de se relever. Tout se joue là, dans cette tension silencieuse, dans cette impression d’être au bord sans savoir de quoi.
Fiona Sanjabi – Il pleut du vide
Après la rencontre de « Respire moi », « Il pleut du vide » avance à pas feutrés, comme une pensée qu’on n’ose pas dire trop fort. Fiona Sanjabi y installe une mélancolie flottante, jamais lourde, nourrie d’images intérieures et d’échappées presque cosmiques. La dream pop épouse le texte avec délicatesse, laissant respirer les silences autant que les mots. On y cherche des appuis minuscules pour ne pas sombrer : un parfum, une sensation, un arbre qui tient bon. L’aubépine devient ce point fixe, à la fois intime et symbolique, une façon de résister au chaos sans le nier.
Le clip emprunte les détours d’un conte étrange, à la fois fragile et ironique. Une femme seule s’invente un cérémonial pour remplir le vide : se maquiller, se costumer, se mettre en scène face à des convives absents. Les perruques, les silhouettes figées, les décors trop grands dessinent un théâtre de faux-semblants doucement inquiétant. Peu à peu, les apparats tombent, laissant place à un tête-à-tête plus nu, face au miroir. Entre présences fantômes, figures presque automates et glissements vers l’irréel, la vidéo cherche à faire ressentir ce moment suspendu où l’on traverse la solitude pour tenter d’en sortir autrement.
Solal Roubine – Peur de tout
Le francilien Solal Roubine dévoile « Peur de tout », premier extrait de son 3ème EP attendu le 29 mai. Un titre qui ressemble à un aveu dit à voix basse, dans lequel l’artiste s’appuie sur une guitare nylon dépouillée pour raconter ses fragilités sans détour, avec une douceur qui rassure plus qu’elle n’enfonce. La chanson avance lentement, portée par une nostalgie calme, presque chaleureuse. Reconnaître qu’on ne va pas bien devient ici un point de départ, pas une fin. Il y a quelque chose de très humain dans cette façon d’assumer ses peurs, sans pathos, avec une sincérité désarmante.
Le clip s’attache à des existences ordinaires, coincées dans des boucles qui étouffent. Les scènes se répondent : un anniversaire passé seul, un boulot pesant, une attente sans fin. Peu à peu, une décision simple se dessine : quitter l’endroit où l’on s’épuise pour rejoindre ceux qui comptent. La nuit devient un refuge, le gâteau un symbole fragile mais essentiel. Quand les bougies s’éteignent, il reste surtout l’idée qu’on peut encore se retrouver, même cabossés. Une échappée modeste, mais profondément réconfortante.
Dab Rozer – Sympa
Après l’avoir découvert sur scène aux Bars en trans, et en attendant son premier album intitulé Le personnage principal, qui sort au printemps, Dab Rozer revient avec « Sympa » comme on balance une évidence en pleine figure, mais sans jamais plomber l’ambiance. Le morceau part d’un ras-le-bol très actuel, celui des petites violences quotidiennes et de la méchanceté devenue réflexe, pour le transformer en défouloir jubilatoire. Derrière le ton bravache et l’envie de faire du bruit, on sent surtout une urgence à rappeler un truc simple, presque naïf mais vital : être sympa, c’est déjà une forme de résistance.
L’idée du clip est aussi simple que radicale. Tout passe par un judas, ce petit trou censé protéger mais qui devient une scène à part entière. Mis à la porte, Dab Rozer transforme l’attente en performance. Il occupe l’espace comme il peut, à l’arrache, avec ce qu’il a sous la main. Tout devient prétexte à exister : chanter, provoquer, appeler un pote, foutre le bazar. Les gestes débordent du cadre, tandis que les paroles s’incrustent à l’image comme un mantra obstiné. On en ressort avec le sourire, un peu sonné, et surtout convaincu que la gentillesse peut aussi se hurler très fort.
Coraline Gaye – La lame
Auteure d’un premier EP sous le nom de Brèche de Roland en 2021, Coraline Gaye revient avec « La lame », premier extrait de son album, La couverture des choses, à paraître fin février. La chanson ne crie jamais, elle tranche avec retenue, elle avance avec une mélodie qui accroche là où on ne l’attend pas. On sent l’écriture vibrer, entre intimité, relations et résistance, et la voix claire de l’artiste devient le fil qui nous guide dans ce mélange étrange d’apaisement et de tension.
Le clip, minimaliste mais saisissant, installe la forêt comme un terrain mental. Coraline s’y déplace avec une lenteur rituelle : adossée à un arbre, marchant à reculons, laissant tomber des graines, courant, s’allongeant sur une branche morte. Chaque geste est simple mais chargé de sens, comme si chaque mouvement semait quelque chose ou transformait le temps. Sobre et organique, le film laisse respirer la musique, et invite à se perdre avec elle dans cette atmosphère singulière.
Amay Laoni – D’ici
La quebecoise à succès Amay Laoni signe avec « D’ici » une déclaration pleine de souffle, à la fois intime et conquérante. La chanson avance avec une énergie contenue, portée par des mélodies pop accrocheuses et des paroles qui appellent à suivre son propre chemin, à écouter ses envies. La voix d’Amay oscille entre fragilité et assurance, donnant au morceau ce flottement maîtrisé qui touche directement.
Le clip live-session choisit la sobriété pour mieux révéler la force de l’interprétation. Dans l’intimité feutrée du Musée Carnavalet, à Paris, elle évolue avec son batteur, sous une lumière douce qui capte chaque geste, chaque souffle. La caméra se concentre sur les détails comme un regard, un mouvement de main, ou encore le jeu des instruments. Entre la mémoire du lieu et la modernité de la performance, le film crée un espace suspendu où la musique s’incarne pleinement, avec sincérité et poésie.
Chaton Laveur – La source
Chaton Laveur revient avec «La Source», un morceau lumineux qui cherche à éclairer les instants les plus sombres. Deuxième extrait de l’album Labyrinthe attendu le 13 mars, la chanson explore la richesse intérieure et le foisonnement des émotions avec une énergie à la fois douce et aérienne. Les paroles, simples et répétitives, se transforment en véritables mantras, rappelant que chacun possède en soi une force capable de créer, d’aimer et de résister.
Le clip réalisé par Chaton Laveur & Julien Trousson installe un dialogue poétique entre deux versions d’une même personne. Une protagoniste évolue seule face à un grand écran ouvert comme un livre, lançant des bouquets à son double de l’autre côté. Elle ramasse des branches, compose patiemment les bouquets avant de les envoyer, et reçoit en retour la réciprocité de son double. Ce ballet de gestes répétitifs matérialise les cycles de la chanson et la circulation de l’émotion jusqu’au dernier instant suspendu qui clot cette séquence.
Enrika – En cavale vers nulle part
Il y a quelque chose d’un peu trouble qui s’installe dès les premières secondes d’« En cavale vers nulle part », le nouveau single d’Enrika, extrait de son album Désirs Urgents, attendu le 27 mars. Une sensation d’élan mal maîtrisé, comme si la chanson avançait avant même d’avoir réfléchi. L’artiste ne raconte pas une fuite spectaculaire, plutôt ce moment précis où rester devient plus difficile que partir. On sent l’urgence dans la voix, mais aussi le doute, cette tension permanente entre l’envie de disparaître et celle d’être suivie.
Tourné en noir et blanc, le clip réalisé par Seb Antoine accentue ce sentiment d’errance. On découvre Enrika seule, perdue dans des paysages ouverts et secs, réveillée au milieu de nulle part. Elle marche, puis court, sans savoir exactement ce qu’elle cherche. On assiste à une errance instinctive, physique, qui laisse planer l’idée qu’au bout de la course, il n’y a peut-être pas une destination, mais une rencontre possible.
