Chaque fin de semaine, la rédaction de Phenixwebtv.com vous propose une sélection des nouveaux clips qui font l’actualité. Entre découvertes, coups de cœur et retours d’artistes confirmés, on vous embarque dans le meilleur de la création musicale en images.
Sloń – Je ne veux plus me fuir
Après « À l’étroit dans ma peau », Sloń continue de regarder là où ça fait un peu mal. Je ne veux plus me fuir parle de ces histoires qu’on garde dans la tête parce qu’elles rassurent plus que le réel. Aimer à distance, inventer l’autre pour éviter le risque, rester juste assez près pour sentir, jamais assez pour tomber. Les mots tournent autour de la peur, de l’idéalisation, de cette fatigue à force de se protéger. Et puis cette phrase qui revient, presque obstinée, comme une décision qu’on n’est pas encore sûr de pouvoir tenir.
Le clip épouse exactement ce flottement. Un garçon tourne sur lui-même, figé comme un objet qu’on regarde sans toucher. Sloń fait le même mouvement, comme si chacun était enfermé dans sa propre bulle. Ils se rapprochent, s’imitent, se frôlent, parfois bras dessus bras dessous, parfois face à face. Tout repose sur la répétition, les gestes simples, les sourires timides, jusqu’à ce moment suspendu où leurs visages se rapprochent sans jamais vraiment basculer. Une mise en scène douce et troublante, à l’image de cette peur d’aimer pour de vrai… et de l’envie, enfin, d’arrêter de fuir.
Roulez jeunesse – Danser sous la pluie
Roulez Jeunesse signe avec « Danser sous la pluie » un morceau qui préfère l’élan au repli. Le duo aixois transforme une époque pressée et parfois un peu floue en terrain de mouvement, où l’amour devient moteur plutôt que refuge. Le morceau ne promet pas des lendemains parfaits, il propose mieux que ça : le mouvement. L’amour y apparaît comme une force qui pousse en avant, pas comme un abri. On sent une écriture directe, sans détour, qui préfère l’élan au discours et transforme l’incertitude en rythme.
Pour l’image, le duo revient à l’essentiel. Studio, noir et blanc, pas de décor qui détourne l’attention. Jordan et Kyllan sont là, en train de jouer et de chanter, presque comme si la caméra était arrivée par hasard. La guitare, la voix, les regards face caméra, les paroles qui s’affichent en sous-titres : tout ramène à l’instant présent. Un clip simple, presque fragile, qui donne l’impression d’assister à un moment vrai, et rappelle que parfois, continuer à jouer suffit déjà à éclaircir le ciel.
Ysé – Il neige sur la mer
Après « Tour du Monde », Ysé change clairement de météo. Il neige sur la mer arrive comme un moment de suspension, quand on comprend que quelque chose est déjà en train de s’éloigner et qu’il est trop tard pour le retenir. La chanson parle du deuil sans grands gestes, plutôt de cette impuissance silencieuse face à une relation qui coule doucement, loin du rivage. Il y a une froideur assumée, presque belle, une manière d’accepter l’inéluctable sans lutter. On sent que le morceau ne cherche pas à consoler, mais à rester là, droit, au milieu de la tempête, les yeux ouverts.
La lyric vidéo s’inscrit dans cette retenue. Ysé avance seule dans un paysage d’hiver, bonnet rouge vissé sur la tête, comme un point de chaleur perdu dans le blanc. Elle marche, chante, joue avec la neige, glisse parfois sur un chemin gelé, sans jamais forcer l’émotion. Les paroles s’affichent tout au long, simples, frontales, comme si elles avaient besoin d’être lues pour être pleinement entendues. Rien ne déborde, rien n’explique trop. Juste une présence, un froid qui mord un peu, et cette impression persistante que certaines histoires se terminent sans fracas, mais laissent longtemps des traces.
Catchy Peril – Astro Orbiter
Chez Catchy Peril, rien n’arrive proprement, et « Astro Orbiter » ne fait pas exception. Le morceau a l’air de rire de tout en même temps : de la fête, de la fin, du grand cirque et de ses règles absurdes. Ça brille, ça cogne, ça déborde, comme une dernière soirée dont on sait qu’elle ira trop loin mais qu’on fait quand même. Derrière les paillettes et l’énergie rock’n’roll, il y a ce goût un peu amer, celui d’un monde qui tourne à vide mais qu’on continue de traverser en dansant, bière à la main, sourire de travers.
Le clip prend ce malaise à bras-le-corps en le déguisant. Les mascottes virées errent dans Marseille sous la pluie, figures fatiguées d’un divertissement qui ne fait plus illusion. On les suit sans vraiment savoir s’il faut en rire ou s’en inquiéter. Elles avancent, tombent, repartent, coincées entre violence sourde et absurdité totale, jusqu’à ce parking paumé où quelque chose ressemble enfin à une respiration. Pas de morale, pas de rédemption claire : juste l’impression que même les bouffons finissent par chercher un endroit où exister autrement. Une épopée déglinguée, drôle et triste à la fois, exactement comme le morceau.
Suzanne Belaubre – A Mon Rythme
Suzanne Belaubre revient avec « À mon rythme »comme on entrouvre une porte pour respirer. Loin de toute démonstration, la chanson « parle de la difficulté à se construire et assumer qui l’on est, à l’époque de la surexposition. » Ne pas courir après les injonctions, ne pas se plier à ce qui s’impose partout, mais avancer à sa manière, même si ça détonne. Il y a quelque chose de très calme, presque têtu, dans cette façon de dire qu’on n’a pas à se justifier d’être différent.
Le clip se construit dans cette même douceur en installant Suzanne seule dans un intérieur chaleureux, comme mise à l’abri du reste du monde. Elle rêve, dessine, observe, puis vient découpe des yeux dans son carnet et les place sur les siens. Ces yeux colorés deviennent un passage, une permission. Lorsqu’elle monte ensuite vers la bibliothèque,on assiste à une élévation tranquille, comme si apprendre, se construire, pouvait aussi se faire en douceur. Un clip discret, intelligent, qui fait exactement ce qu’il promet, celui d’avancer sans brusquer.
Virgile Martini – Un homme ça pleure pas
Après l’explosion de « Un homme ça pleure pas », devenu presque malgré lui un point de ralliement pour toute une génération, Virgile Martini choisit de ralentir. Cette version acoustique arrive comme un pas de côté, loin du tumulte des chiffres et des réseaux. En une prise, sans effet ni détour, Virgile laisse apparaître ce qui faisait déjà la force du morceau avec cette émotion tenue, jamais démonstrative, mais impossible à ignorer.
La vidéo live capte ce moment sans chercher à l’habiller. On devine l’artiste assis, cadré avec pudeur, la guitare serrée contre lui, le micro juste à hauteur de souffle. Derrière, une fenêtre voilée laisse passer une lumière douce, presque domestique, comme un matin calme après trop de bruit. Tout se joue là, dans cette retenue assumée, où pleurer n’est plus un aveu de faiblesse mais un geste profondément humain.
Bibi Club – Washing Machine
Le duo Bibi Club s’enfonce encore un peu plus dans une zone trouble, là où le chagrin ne fait pas de bruit mais pèse longtemps. Leur nouveau single « Washing Machine », première chanson enregistrée pour leur album, est née d’une disparition, et ça se ressent sans que rien ne soit appuyé. Il n’est pas question de dramatiser, plutôt de regarder ce qui reste quand quelqu’un s’en va : des sensations diffuses, des images qui reviennent, une présence qui continue autrement.
Le clip d’Anna Arrobas prend ce parti de l’abstraction. Sur fond noir, des objets apparaissent, disparaissent, bougent lentement. Ils semblent venir d’un autre temps, comme exhumés d’une mémoire collective ou personnelle. Chaque élément flotte, isolé, chargé d’un sens qu’on devine plus qu’on ne comprend. La vidéo accompagne ce mouvement lent, cette traversée silencieuse, et laisse au spectateur l’espace de reconnaître ses propres souvenirs dans ces formes suspendues.
Lueurs – Grain de sable
Un détail suffit parfois à tout faire basculer. Grain de sable part de là, de ce minuscule point d’appui qui permet d’avancer. Lueurs ne cherche pas l’effet, il préfère l’élan intérieur, celui qui naît quand on accepte de faire quelque chose de beau avec peu. La chanson prend son temps, respire, puis s’ouvre progressivement, comme une confiance qui revient sans bruit. Rien de démonstratif : juste l’envie d’agir, doucement, et de croire que l’instant présent peut déjà contenir beaucoup. Une manière discrète d’annoncer l’EP attendu en février 2026.
Sur les plages landaises, Lueurs se met en scène sans distance. On le voit allongé sur le sable, marcher, courir, entouré de visages familiers. Le décor n’impose rien, il accompagne cette mer toujours mouvante, jamais spectaculaire, presque complice. Elle rythme les gestes, rappelle que tout est fragile mais vivant, à l’image de ces châteaux de sable qu’on construit sans garantie, juste pour le plaisir de les voir tenir un moment.
Sienna Spiro – Die On This Hill
À travers son nouveau single « Die On This Hill », Sienna Spiro met en scène cet amour auquel on s’accroche alors même qu’on sait qu’il ne tient plus vraiment. Celui qui demande de rester, coûte que coûte, par loyauté ou par peur du vide. Rien de spectaculaire ici : plutôt une forme d’entêtement silencieux, presque mécanique. À 20 ans, elle parle déjà de ce moment précis où l’on comprend, mais où l’on ne part pas encore.
Le clip repose sur une image simple, presque dérangeante. Dans une pièce nue, Sienna fait face à un mannequin en toile, immobile, sans visage. Elle danse avec lui, lentement, comme si ce simulacre suffisait à maintenir l’illusion. Les gestes sont retenus, répétés, sans débordement, jusqu’à ce que tout se délite. On la retrouve au sol, entourée de tissus arrachés, restes d’un lien qui n’existe plus que par habitude. Le noir et blanc accentue cette sensation de vide, de dépossession tranquille.
