Trois ans après 2ème Vie, Victoria Sio revient là où ça fait mal… mais aussi là où ça peut réparer. « Pardon » ressemble à une lettre qu’on n’écrit qu’une fois, quand on ose enfin regarder l’enfant qu’on a été et lui répondre.
On ne demande pas pardon quand tout va bien. On le fait quand une part de soi reste bloquée, quand quelque chose refuse de se laisser apaiser. En découvrant « Pardon », on sent que Victoria Sio n’écrit pas depuis un sommet, mais depuis un endroit fragile et ancien. Le regard fermé sur le visuel, ce mot posé sur la paupière comme une cicatrice, dit déjà beaucoup : il ne s’agit pas de se justifier, mais de revenir à l’origine. Trois ans après 2ème Vie, qui parlait de reconstruction, elle explore ici le fil du passé, prête à tendre la main à l’enfant qu’elle a été avant de continuer d’avancer. Ce nouveau titre marque l’ouverture d’un nouveau cycle, plus intime, qui accompagnera toute l’année à venir avant un album attendu fin 2026.
Se dire pardon
Le texte prend la forme d’une lettre jamais envoyée. Victoria s’adresse à cette version d’elle-même traversée par la peur, le silence, l’absence. Les images sont nettes, parfois dures : un père qui vacille, une mère émotionnellement absente, l’école vécue comme un défi. Rien n’est enjolivé, rien n’est forcé. Le pardon ne surgit pas comme une solution magique, c’est un geste lent, presque douloureux, qui demande patience et courage. Pardonner ne signifie pas oublier, c’est un accord fragile avec soi-même, pour ne plus laisser la douleur décider à sa place.
Ce qui touche profondément, c’est la cohérence du parcours. « Pardon » prolonge l’exploration commencée avec 2ème Vie, mais en retournant vers ce qui a été vécu et transmis. Ici, la voix ne cherche plus à convaincre, elle accompagne, soutient, rassure. Le texte n’essaie pas de tourner la page d’un trait, il ouvre un espace où avancer peut aussi vouloir dire se prendre dans les bras.
