30 mars 2026. Direction le Pop Up du Label, lieu emblématique de la scène émergente francophone. Nous sommes surpris d’arriver dans une salle déjà comble ce lundi soir, et l’effusion ambiante dessine la perspective d’une belle soirée. Au programme, trois artistes : éol, command+M ainsi que Judy Bloom. Trois noms, trois univers différents et trois belles découvertes. Retour sur ces concerts qui ont rythmé ce début de semaine.

éol : le « sad bitch » club

Le premier concert a déjà commencé lorsque nous nous engouffrons dans la foule. Nous sommes alors accueillis par la voix suave d’éol, tantôt puissante et tantôt brisée, qui avoue avec une vulnérabilité déconcertante : « I like it when it bleeds ». Il nous suffit d’un titre pour plonger dans l’esthétique bien affirmée de l’artiste, celle de la « sad bitch ». Une mélancolie qu’elle arrive à insuffler dans toutes ses interprétations, que ce soit sur « Amber Eyes » qui nous rappelle l’univers de Lana del Rey, ou sa reprise de « You’re the One That I Want », le fameux tube du film Grease.

Mais l’artiste déclare qu’elle peut aussi être une « happy bitch » et l’illustre avec le plus dynamique « Rodeo ». Mais le véritable clou du spectacle, c’est lorsqu’éol, en guise de conclusion, se propose d’improviser une chanson à partir d’anecdotes du public. L’histoire choisie ? Celle d’une de ses amies qui confesse… qu’elle s’est fait poser un lapin par un fromager. Ni une ni deux, le guitariste trouve un rythme et des accords, tandis que la chanteuse illustre l’anecdote avec des paroles à la fois drôles, encourageantes et percutantes. De quoi finir ce premier concert en beauté !

command+M : entre ombre et lumière

Le temps d’une boisson et de quelques bavardages, nous retrouvons un autre artiste sur la scène du Pop Up : command+M, autour duquel s’est organisée cette soirée. Nous sommes d’abord intrigués par cet homme multi-instrumentiste, qui alterne avec une aisance étonnante entre guitare électrique, basse et console électronique. Le résultat ? Un univers qui passe d’une mélancolie pop à une obscurité aux couleurs techno, le tout mêlé à une voix planante.

Ce concert est ainsi l’occasion de découvrir en live des extraits de In the Dark we’re Thick as Thieves, le dernier EP de command+M sorti en février dernier. Nos passages préférés ? Nous en comptons deux. D’un côté, l’interprétation du très cinématographique « Reach Out », une balade indie qui résonne comme la bande-son du film de notre vie. De l’autre, « One Night », un titre qui prend le temps de progresser, débutant par des sonorités pop/rock qui se métamorphosent en synthés hypnotiques… Avant de revenir à quelque chose de quasi-maussade, soulignant ainsi l’influence évidente de Radiohead (entre autres) sur l’univers de l’artiste. Une chose est sûre une fois que la performance de command+M s’achève : nous nous empresserons d’écouter son dernier projet !

Judy Bloom : rock’n’mélo

C’est sous le signe de la nostalgie que nous concluons cette soirée, grâce à un artiste qui nous replonge dans nos souvenirs d’adolescence bercés par le rock et la Britpop des années 90 et 2000 : Judy Bloom. Il ouvre son concert avec son dernier single « Fly », un hymne au libre arbitre. Mais quand cette envie de liberté tarde à se concrétiser, nous pouvons seulement attendre le bon moment pour tracer notre propre chemin. C’est justement le thème de « FROZEN PIZZA », extrait de son premier projet, où Judy Bloom chante sa patience : « I’ll stay still / Hiding till the path can look a bit like my own ». Et le public, conquis, se transforme en une chorale de lalala pour accompagner la fin du morceau.

Plus le concert progresse, plus nous assistons à l’expansion de Judy Bloom sur scène. Il brille particulièrement lorsqu’il interprète « Nude » de Radiohead ou lorsqu’il s’amuse avec ses musiciens sur les riffs et les kicks effrénés de « Hope ». La foule du Pop Up bouge la tête avec la même ferveur, comme hypnotisée. Dur de conclure la soirée alors que tous les esprits sont aussi échauffés, alors Judy Bloom nous offre un titre acoustique avant de nous dire au revoir… ou du moins, nous l’espérons, à bientôt !

Une salle, trois ambiances

Ce concert au Pop Up du Label a eu le mérite de nous avoir fait découvrir trois artistes aux palettes bien différentes : éol, entre indie folk et pop ; command+M, entre mélancolie et euphorie ; Judy Bloom, entre folk indé et rock alternatif des années 90-2000. Un rappel, ou une confirmation, s’est imposé à nos esprits ce soir-là : c’est dans les petites salles, auprès des artistes émergents ou indépendants, que nous sentons nos coeurs vibrer et que nous prenons vraiment le pouls de la musique contemporaine.