Chaque fin de semaine, la rédaction de Phenixwebtv.com vous propose une sélection des nouveaux clips qui font l’actualité. Entre découvertes, coups de cœur et retours d’artistes confirmés, on vous embarque dans le meilleur de la création musicale en images.

Aya Nakamura (feat. La Rvfleuze) – Sexy Nana

À quelques semaines de ses trois dates au Stade de France, Aya Nakamura lâche « Sexy Nana » avec La Rvfleuze. Les deux artistes jouent ici la carte de l’assurance totale, sur une production nerveuse qui laisse peu de place au calme. Tout repose sur l’attitude, les punchlines et cette manière de prendre l’espace sans demander la permission.

Les images suivent exactement cette énergie. Entre les Galeries Haussmann et des scènes de nuit plus urbaines, Aya Nakamura apparaît entourée de ses proches, passant des rayons du magasin aux grosses cylindrées sans changer de posture. La Rvfleuze vient compléter cette ambiance plus brute, souvent entouré de son groupe. Tout est pensé autour de la présence et du style, sans chercher à raconter autre chose.

Camélia Jordana – On se quitte

Camélia Jordana dévoile avec « On se quitte », un morceau qui parle de ces séparations où l’amour est encore là, même si tout le reste commence à lâcher. Le titre reste très retenu, presque murmuré par moments, comme si elle essayait de dire quelque chose qu’elle n’accepte pas totalement elle-même. Le mélange des langues et des influences donne au morceau quelque chose de très personnel, sans jamais le fermer aux autres.

Réalisé par Camélia Jordana elle-même, le clip s’attarde sur une vie à deux qui semble normale en apparence. Une maison, des repas, des amis, des gestes du quotidien. Mais petit à petit, quelque chose se fissure. Les moments tendres reviennent sans cesse, mélangés aux disputes, comme si les souvenirs heureux empêchaient encore la rupture de devenir réelle. Même à la fin, rien n’est totalement tranché.

YséCoquillage 

Après notre rencontre avec Ysé autour de son premier album Pour ce qui nous attend de mieux, elle dévoile « Coquillage », un titre très personnel dédié à sa mère. Elle y replonge dans ses souvenirs d’enfance, quand elle allait la voir chanter à l’opéra et passait du temps dans les loges à l’observer se préparer. Le morceau parle autant de transmission que d’admiration, avec cette douceur un peu nostalgique qui traverse tout son univers. Il y a quelque chose de très doux dans sa manière de parler du lien à la mère, sans grands effets, juste à travers des détails et des images simples.

Les images du clip viennent directement des archives familiales retrouvées récemment par l’artiste. Filmée par son père, on y découvre Ysé enfant, fascinée par sa mère devant le miroir, essayant déjà de lui ressembler en rejouant ses gestes. Tout se passe dans cette pièce, presque hors du temps. Il ne se passe pas grand-chose, et pourtant l’émotion est partout.

Stéfany Ridel – La luxure

Après « La Gourmandise », Stéfany Ridel poursuit son projet autour des Sept Péchés Capitaux avec « La luxure ». Le morceau tourne autour du désir quand il devient plus fort que le reste, ce moment où l’on sait qu’il faudrait peut-être s’arrêter, mais où le corps décide autrement. Tout est construit autour de cette tension-là, entre attirance, abandon et perte de contrôle assumée.

Le rouge envahit chaque image du clip, comme si tout baignait dans la même chaleur étouffante. Réalisée dans une atmosphère très sensuelle, la vidéo suit Stéfany Ridel au plus près des gestes : une main qui glisse, un regard, une proximité qui s’installe peu à peu avec cet homme qui apparaît à ses côtés. Il y a peu de décor, presque rien autour d’eux. Juste leurs corps, leurs mouvements, et cette impression que plus rien n’existe vraiment en dehors de l’instant.

Ofé – Je sais que tu m’aimes

A travers son nouveau single « Je sais que tu m’aimes », Ofé s’attarde sur ces histoires qu’on abîme soi-même, même quand les sentiments sont réels. Le morceau avance entre attirance et fuite, comme si chaque émotion était immédiatement rattrapée par la peur d’aller plus loin. Il y a quelque chose de très mélancolique dans cette manière de reconnaître l’amour tout en restant incapable de le vivre pleinement.

Le visualizer l’installe seule au milieu d’une casse automobile, entourée de voitures abandonnées et de métal froissé. Elle traverse cet endroit comme un décor familier, monte dans les véhicules, s’y arrête, repart. Le coucher du soleil adoucit un peu l’ensemble, mais l’impression reste étrange, presque vide. Cette casse finit par ressembler à ce qu’elle raconte dans le morceau : quelque chose qui a roulé longtemps, puis qui s’est arrêté là.

Lucie Antunes (feat. Louisahhh) – I Don’t Need

Avant la sortie de son album Silence le 12 juin, Lucie Antunes dévoile « I Don’t Need » avec Louisahhh, un morceau qui avance comme une montée de tension continue. Les percussions cognent, la voix répète, insiste, jusqu’à devenir presque physique. Ici, le silence n’a rien d’apaisant. Il ressemble plutôt à quelque chose qu’on garde à l’intérieur jusqu’à l’explosion.

Réalisé dans une esthétique très minimaliste, le clip repose sur deux corps et un mouvement qui se répète. D’abord cette bouche qui martèle « I don’t need », puis une silhouette qui s’approche d’une autre derrière sa batterie. L’une joue, l’autre danse, comme un dialogue sans paroles. Plus le morceau avance, plus cette confrontation devient intense, presque hypnotique.

Lucie ShameFields and Worms

Lucie Shame dévoile avec « Fields and Worms », un morceau habité, presque spectral, où elle imagine une traversée vers l’au-delà à la première personne. Entre folk sombre, piano et arrangements de cordes, le titre avance comme une lente dérive intérieure. Sa voix reste fragile mais intense, portée par des images très fortes, entre beauté et vertige. On sent autant l’influence du grunge que celle d’une musique plus classique et romantique.

Julia Giraudo accompagne ce morceau avec un clip entièrement plongé dans la nature. Lucie Shame y apparaît recouverte d’un voile blanc, comme une figure flottante perdue entre forêt et rivière. Les gestes sont lents, presque rituels : elle taille du bois, se pare de bijoux, traverse l’eau, disparaît entre les arbres. Tout donne l’impression d’assister à une cérémonie intime, suspendue quelque part entre la vie et autre chose.

Vincent ScaritoParis Paris Par ici

Vincent Scarito signe avec « Paris Paris Par ici » une déclaration très personnelle à Paris, une ville qu’il traverse depuis des années entre allers-retours, nuits improvisées et longues marches sans but précis. Le morceau ressemble moins à une carte postale qu’à un carnet de souvenirs. On y retrouve cette sensation particulière des fins de journée parisiennes, quand tout ralentit un peu et que la ville semble devenir plus intime.

Réalisé par Léna Piroux, le clip choisit l’animation pour accompagner cette balade. Depuis la fenêtre d’un train, Paris apparaît peu à peu : les ponts, les monuments, les rues, les lumières du soir. Tout défile comme un souvenir en mouvement, entre réel et imaginaire. Plus qu’une visite de la ville, le film donne surtout l’impression de regarder Paris à travers les yeux de quelqu’un qui y revient toujours.

AlpineTool

Après « Lodie », Alpine poursuit l’univers de KORDÉE avec « Tool », un morceau qui parle de transformation et de ce qu’on décide de faire de soi. L’idée du titre est simple : devenir un outil, non pas au sens passif, mais comme une manière d’agir, de comprendre et de participer au changement. Le morceau commence de façon très intérieure avant de s’ouvrir vers quelque chose de plus collectif, presque comme un appel à avancer ensemble.

Le clip plonge immédiatement dans une ambiance dystopique où le feu occupe tout l’espace. Réalisé avec Kenton McDougall, on y voit les musiciens jouer au milieu des flammes, comme si chaque instrument devenait une arme ou un prolongement du corps. La basse brûle, les torches tournent, les silhouettes apparaissent puis disparaissent dans cette lumière orange permanente. Tout semble sous tension, mais jamais gratuit. Derrière le spectacle, il reste surtout cette idée que la vraie puissance vient de ceux qui tiennent les flammes, pas des flammes elles-mêmes

Monty Picon – Sale ta banque

Monty Picon règle ses comptes sur « Sale ta banque », un titre qui vise directement le système financier et ses dérives. Pas de détour ici, le groupe parle d’inégalités, d’argent roi et de cette sensation d’être réduit à un chiffre dans une machine qui écrase tout. Le refrain cogne vite et reste en tête, porté par une colère assumée du début à la fin.

Plutôt que de raconter une histoire précise, le clip replonge dans vingt ans de vie du groupe à travers des images d’archives. Concerts, scènes en plein air, moments sur la route ou face au public : tout s’enchaîne comme un grand souvenir collectif. On sent autant l’énergie des lives que le lien construit avec le temps. Une manière aussi de rappeler que leur engagement ne date pas d’hier.

Kampa – Des trous dans mes sweatshirts

Kampa ouvre un nouveau chapitre avec « Des trous dans mes sweatshirts », premier extrait d’un EP à venir. Le morceau tourne autour de ces nuits qui se ressemblent toutes un peu, quand on traîne pour éviter de penser au reste. Il parle d’angoisses, d’habitudes qui collent à la peau, mais sans tomber dans le discours plombant. Il y a surtout cette idée de continuer à tenir, même quand tout fatigue.

Réalisé par Sous Pellicule, le clip suit Kampa et son groupe entre une supérette et les rues la nuit. Ils traînent, boivent, fument, parlent fort, occupent l’espace comme pour repousser le vide quelques heures de plus. La caméra de surveillance, les néons, les regroupements dehors donnent au film quelque chose de très brut, presque documentaire. On a l’impression d’assister à une vraie nuit entre potes, avec ce mélange de désordre et de solidarité qu’on retrouve souvent au petit matin.

AcquinBise

Acquin ouvre son prochain album attendu en septembre 2026 avec « Bise », un morceau très dépouillé, presque fragile dans sa manière d’exister. En duo avec Inès Del Valle, il laisse beaucoup de place aux silences, aux images, à quelque chose de très contemplatif. On a l’impression d’écouter une pensée qui se promène plutôt qu’un titre construit pour aller quelque part. Tout reste léger, suspendu, comme une rêverie d’été.

Derrière la caméra, Nicolas Comment accompagne une nouvelle fois cet univers très poétique. Le parc Jean-Jacques-Rousseau devient un décor presque irréel, rempli de verdure, d’eau et de lumière. Une femme traverse les jardins avec son chien pendant qu’Acquin apparaît un peu plus loin, sans que leurs trajectoires ne se croisent vraiment. Le clip avance ainsi, entre promenades, regards perdus et nature omniprésente, comme si chacun évoluait dans sa propre rêverie.

CordeExtase des nations humaines

Corde poursuit son exploration entre électro, folk et post-rock avec « Extase des nations humaines ». Le trio lillois construit ici un morceau très mouvant, porté par le violon de Maxime Szczepanek, les textures électroniques de Nîm et les frappes plus brutes de Steve Peuvrel. Tout avance par vagues, entre tension et envolée, comme une longue montée qui ne cherche jamais vraiment à s’arrêter.

Réalisé dans une esthétique presque irréelle, le clip enchaîne des images qui oscillent sans cesse entre poésie et malaise. Une femme évolue dans un immense jardin où apparaissent des serpents, des lapins, du feu ou encore un liquide noir qui envahit peu à peu son visage. Rien n’est expliqué frontalement. Les scènes s’enchaînent comme des visions, laissant surtout une sensation étrange, hypnotique et parfois dérangeante.