Chaque fin de semaine, la rédaction de Phenixwebtv.com vous propose une sélection des nouveaux clips qui font l’actualité. Entre découvertes, coups de cœur et retours d’artistes confirmés, on vous embarque dans le meilleur de la création musicale en images.
Jyeuhair (feat. Barry15) – Sapristi
Jyeuhair revient avec « Sapristi », un morceau plus frontal où il laisse davantage de place au rap pur. Sur une rythmique en ternaire qui tourne presque comme un jeu, lui et Barry15 se répondent sans arrêt, chacun essayant de prendre le dessus sur l’autre. Ça va vite, ça rebondit constamment, avec cette envie évidente de montrer l’énergie autant que la technique.
Le clip mise entièrement sur le face-à-face entre les deux artistes. Filmés en noir et blanc, ils occupent l’écran comme dans un duel permanent, alternant les premiers plans et les jeux de placement. Tout repose sur leur présence, leurs regards, leur manière de se répondre. Puis, au milieu de cette esthétique très froide, le rouge surgit brièvement à la fin, comme une montée de tension qui éclate avant de disparaître aussitôt.
Naumaur – Le meilleur de mes potes
Naumaur referme son premier EP Le Chemin avec « Le meilleur de mes potes », un morceau qui avance sous des airs très légers avant de révéler quelque chose de plus mélancolique. Derrière la mélodie sifflotée et l’ambiance estivale, il parle de ce rôle qu’on endosse parfois sans le montrer : celui de celui qui écoute tout le monde, répond toujours présent, mais finit par s’oublier un peu lui-même.
Le clip joue justement sur ce contraste. Entouré de ses amis dans un jardin où flotte une ambiance de fête improvisée, Naumaur semble constamment au milieu du groupe sans jamais être totalement dedans. Les images alternent avec des moments beaucoup plus solitaires, dans un champ ou seul dans sa chambre. Petit à petit, le décalage apparaît. Et cette dernière image sur le banc, quand les autres s’éloignent, résume finalement tout ce que le morceau essayait de cacher depuis le début.
Maddy Street – Rat
Maddy Street balance avec « Rat » un morceau impossible à ranger dans une seule case. Entre gabber, trap et énergie punk, iel transforme sa colère en quelque chose de presque ludique, mais jamais léger. Le titre parle d’un monde absurde dirigé par des rats, figures grotesques et inquiétantes à la fois. Ça cogne, ça répète, ça déborde dans tous les sens, comme une pensée qui finit par tourner à l’obsession.
Le clip pousse encore plus loin ce côté étrange en mettant en scène Maddy Street entouré·e de personnages en costumes portant des masques de rats, qui semblent la suivre partout. Dans un parc ou en pleine campagne, ils dansent, tournent autour d’iel, surgissent derrière son épaule comme des visions impossibles à ignorer. L’ensemble garde quelque chose de volontairement absurde, presque dérangeant, comme un mauvais rêve qui finirait par devenir drôle.
Al.Hy – Où
Révélée lors de la première saison française de The Voice, Al.Hy continue de développer un univers très singulier avec « Où », un morceau suspendu entre doute et recherche de soi. La chanson parle de cet endroit flou où plus rien n’avance vraiment, quand toutes les directions semblent possibles mais qu’aucune ne paraît juste. Sa voix, toujours aussi habitée, donne au titre quelque chose de très intérieur, presque fragile.
Réalisé par Al.Hy elle-même, le clip la montre immobile au centre d’un espace épuré, les pieds et les paupières recouverts de bleu. Autour d’elle, des traces apparaissent, des silhouettes passent, comme différentes versions d’elle-même qui continueraient de circuler sans jamais disparaître. Peu à peu, des paysages défilent derrière elle (routes, mer, montagnes, villes) comme autant de chemins qu’elle pourrait emprunter. Tout le film repose sur cette sensation d’être à la croisée des possibles, sans savoir encore vers quoi avancer.
Vincent Prémel – Coquillage
Premier extrait de Cafe Campesino, attendu le 19 juin 2026, « Coquillage », est né d’un long voyage à travers l’Amérique latine entrepris par Vincent Prémel avec sa famille. Le morceau s’adresse directement à ses enfants, comme une manière de leur transmettre le goût du départ, de la découverte et des rencontres. Derrière sa douceur, la chanson porte surtout cette idée simple : ne jamais laisser la peur empêcher d’aller vers les autres.
Le clip mélange images du voyage et scènes du quotidien. Entre paysages traversés en Amérique du Sud, routes infinies et visages croisés en chemin, Vincent Prémel partage avec ses enfants les souvenirs rapportés de cette traversée. Peu à peu, ces images nourrissent leur propre imaginaire et le monde autour d’eux devient à son tour un terrain d’aventure. Le film garde ainsi quelque chose de très vivant et spontané, comme un carnet de route qu’on feuillette en famille.
Palo Alto – La ville est à nous !
Né de la rencontre entre Palo Alto et l’univers d’Alain Damasio autour des Furtifs, « La ville est à nous ! » transforme l’émeute imaginée dans le roman en décharge électronique tendue et abrasive. Remixé par Herb Duncan, le morceau puise autant dans l’EBM que dans les sonorités industrielles pour créer quelque chose de très physique, presque oppressant. Tout y semble en mouvement permanent, comme une foule qui déborde et une tension prête à exploser.
Réalisé par Kiki Picasso, le clip assemble des images de manifestations et d’affrontements urbains dans une esthétique volontairement brute et brouillée. Forces de l’ordre, foules en colère, gaz lacrymogènes, charges et mouvements de panique se succèdent sans véritable respiration. Les images paraissent parfois presque fantomatiques, comme des souvenirs ou des archives déformées par la violence du moment, permettant ainsi au film de garder quelque chose de frontal et chaotique, à l’image du morceau.
