Le rideau est à peine tombé sur la tournée d’Ex Æquo que Marie-Flore nous donne déjà rendez-vous ailleurs. Son nouveau single, « Demain », est disponible depuis ce vendredi et, une fois encore, elle trouve les mots là où les sentiments restent flous.
Depuis plusieurs jours, l’artiste avait semé des indices sur ses réseaux sociaux. D’abord assise derrière un piano, seule face à un micro. Puis sur scène, entourée de ses musiciens. Enfin à travers une pochette aux teintes bleutées où son regard se cache derrière un seul mot : Demain. Une sortie accompagnée d’une phrase toute simple : « Mon cœur bat très vite. »
Après plus d’une décennie de carrière, plusieurs albums salués par le public et une tournée qui s’est achevée il y a quelques jours à La Maroquinerie, là même où elle avait joué pour la première fois, cette fébrilité a quelque chose de touchant. Parce qu’elle dit beaucoup de l’artiste : derrière l’assurance de la scène se cache toujours cette envie sincère de partager une nouvelle chanson. Et quelle chanson.
Quand le cœur hésite
Marie-Flore s’intéresse ici à une émotion universelle : la peur de demain. Pas celle des grands bouleversements, ni celle des catastrophes, mais une peur plus intime, plus discrète. Celle qui s’invite lorsque l’on tient à quelqu’un et que l’on réalise que rien n’est jamais acquis. « J’ai peur de demain, peur que tu me veuilles un peu moins… »
En quelques mots, elle met le doigt sur une inquiétude que beaucoup connaissent sans toujours savoir la formuler. Comment être certain que ce à quoi l’on tient aujourd’hui sera encore là demain ? Comment ne pas vaciller face à ce qui nous échappe ? Derrière cette chanson, il n’est pas tant question de rupture que de cette fragilité qui accompagne les sentiments.
La pochette en dit déjà beaucoup. Le rouge incandescent d’Ex Æquo, celui du combat amoureux, du ring et des blessures à vif, laisse place à des nuances de bleu plus douces, presque suspendues. Comme si l’urgence avait laissé la place à la contemplation. Comme si l’on regardait enfin les choses avec un peu de recul.
Une chose est sûre : Marie-Flore continue de chanter les émotions ordinaires comme si elles étaient extraordinaires. Et à l’écoute de Demain, on se dit qu’elle n’a pas fini de nous accompagner.
