Les Clips de la semaine sont de retour après la pause estivale. Pour cette reprise, la rédaction de Phenixwebtv.com a réuni une nouvelle sélection de clips à découvrir, entre retours attendus, nouveaux visages et morceaux qui accompagneront cette rentrée.

Skip The Use – Silence 

Skip The Use revient avec « Silence », deuxième extrait de de l’album Love & Anxiety, disponible depuis le 24 avril dernier. Le morceau parle de cette fatigue qui s’installe à force de vouloir répondre aux attentes, soigner son image et chercher sans cesse la reconnaissance. À un moment, tout devient trop bruyant, il faut alors faire le tri, couper ce qui parasite et revenir à ce qui compte vraiment. Le titre pose simplement cette question : qu’est-ce qu’il reste quand tout s’arrête ?

Le clip met en scène plusieurs personnages enfermés dans leur propre quotidien : une famille absorbée par les écrans, une femme exposée au regard des autres, un homme dont le visage se couvre de mots. Chacun semble pris dans quelque chose qui l’empêche de regarder autour de lui. Les scènes restent simples, parfois presque banales, mais laissent peu à peu apparaître la solitude derrière le bruit. Le silence devient alors moins une absence qu’un moment où l’on peut enfin se retrouver.

Oria – Bella vita

Après le succès de « Soirée mondaine », Oria change de registre et s’arrête sur ce moment où une histoire d’amour arrive au bout. « Bella vita » laisse davantage de place à l’émotion et aux contradictions d’une rupture. Il reste les bons souvenirs, la douleur de devoir s’en détacher et cette difficulté à tourner la page quand l’autre a compté autant.

Le clip transforme justement ces souvenirs en décor. Oria entre seule dans une immense pièce, d’abord réduite à une silhouette, tandis que son visage est projeté en noir et blanc derrière elle. Jonathan Jenvrin (prof de danse de la Star Académie) la rejoint et leur relation se rejoue dans la danse. Ils se cherchent, s’enlacent, se repoussent, rient puis craquent, pendant que les gros plans d’Oria continuent de défiler sur les murs. Comme si tout revenait une dernière fois avant qu’il ne faille vraiment laisser cette histoire derrière soi.

Ziyad Al-Samman – The top

On retrouve Ziyad Al-Samman en cette rentrée, lui qui ne cherche plus à cacher son goût du spectacle, et en fait ici le sujet même du morceau. « The top » monte progressivement en puissance, les guitares prennent de plus en plus de place et le refrain assume pleinement son côté grandiose. Ziyad s’amuse surtout à jouer la rockstar, entre excès, poses et autodérision. Troisième extrait de Elastic, attendu le 30 octobre, le morceau semble pousser encore un peu plus loin le personnage qu’il construit autour de ce nouvel album.

Le clip, lui, tient sur presque rien : un fond blanc, un costume blanc, une guitare rouge et Ziyad Al-Samman face à la caméra. Il saute, grimace, malmène sa guitare, vient coller son visage à l’objectif avant de repartir comme s’il avait une foule devant lui. À mesure que le morceau avance, la performance devient de plus en plus physique, jusqu’aux gros plans sur son visage en sueur. Pas besoin de décor supplémentaire : toute la vidéo repose sur lui et sur cette envie manifeste d’en faire trop.

Théa (feat. Rebeka Warrior) – Létal

Après l’avoir vue retourner le Cabaret Vert cet été, on retrouve dans « Létal » cette même envie de tout lâcher. Théa y rejoint Rebeka Warrior pour parler de celles et ceux qui trouvent dans la nuit un endroit où être eux-mêmes. Electroclash, emo et hyperpop se mélangent sans chercher à se calmer, tandis que leurs deux voix donnent au morceau une vraie force collective. Un titre à reprendre en foule, à quelques semaines de la sortie de Popstar Speedrun le 2 octobre.

la mise en images reste beaucoup plus sombre. Théa et Rebeka Warrior apparaissent dans des images granuleuses, traversées de halos rouges et bleus, parfois seules, parfois dos à dos. Les silhouettes se dédoublent, les visages deviennent presque fantomatiques et la lumière finit par brouiller les corps. Peu de décor, peu d’action, mais une atmosphère qui suffit à installer tout le trouble du morceau.

H-Burns – Blue rose

Vingt ans après ses débuts, HBurns revient avec « Blue rose », premier extrait d’un nouvel album attendu début 2027. Le titre emprunte son nom à l’univers de Twin Peaks, où la rose bleue désigne ce qui reste impossible à expliquer. L’artiste s’en sert ici pour renouer avec cette Amérique qui traverse son travail depuis toujours, entre cinéma, grands espaces et souvenirs. Le morceau prend son temps et installe une ambiance très contemplative, presque irréelle par moments.

Réalisé par Adam Neustadter, le clip suit H-Burns à travers plusieurs lieux liés à cette mythologie américaine, de la tombe de David Lynch au Hollywood Forever Cemetery à Mulholland Drive, Joshua Tree ou Laurel Canyon. Les paysages baignés de lumière alternent avec des images plus étranges, comme sorties d’un rêve. Le résultat ressemble autant à un road movie qu’à un hommage, et pose déjà les premières images de ce futur album.

Daysy – Comme toi

Daysy ne cherche pas à faire taire ses doutes dans « Comme toi », mais elle les laisse parler. Après « Par Cœur » et « Je pense à toi », elle met des mots sur cette petite voix qui pousse à se comparer, à se juger et à vouloir ressembler aux autres. Ici, son nouveau single sonne moins comme un compliment que comme l’envie, parfois, de ne plus avoir à être soi.

Dans le clip, Pierre-Louis Miclo et Mathieu Berger la placent d’abord seule au milieu de décors immenses. Daysy paraît minuscule au pied d’un poteau, puis son lit se retrouve perdu dans un hangar. Peu à peu, elle sort de cet isolement : elle tire sur des ballons, vide un extincteur, puis rencontre une autre jeune femme. Elles partent en voiture, dansent, s’occupent de plantes et font flotter une toile au vent. Le clip raconte alors quelque chose de très simple : aller vers l’autre peut parfois aider à sortir un peu de soi.

Sab – Quai du départ

En cette rentrée, Sab nous propose de se retrouver sur le « Quai du départ » avec cet extrait de son dernier album qui parle moins du moment où l’on part que de celui où l’on comprend qu’il faut avancer alors qu’une partie de soi reste encore attachée à ce qui vient de finir. Le morceau garde beaucoup de douceur malgré le sujet, porté par une pop lumineuse qui évite de faire de la rupture une plainte. Deuxième titre de son premier album Plus peur de rien, cet extrait regarde la séparation comme une étape à traverser, entre souvenirs encore présents et besoin d’aller de l’avant.

Le clip d’Adrien Rourer reprend cette idée de départ en mettant en scène Sab qui prend la route, mais garde avec elle les traces de cette histoire : une bande de photomaton, un carnet, des pages qu’elle écrit puis arrache, une silhouette qui semble revenir lorsqu’elle ferme les yeux. La voiture, les chemins, la tente ou les bancs donnent malgré tout le sentiment qu’elle avance vraiment. Et cette photo qu’elle garde près d’elle rappelle simplement qu’on ne laisse pas tout derrière soi au moment où l’on décide de partir.

Cassien – Oublie ça

À quelques semaines de la sortie de son nouvel EP, prévue le 2 octobre, Cassien en dévoile un dernier extrait avec « Oublie ça ». Le morceau parle de ce moment où l’on arrête enfin de lutter contre soi-même. Celui où l’on accepte ses pensées, ses complexes et ses contradictions pour leur laisser moins de place. La danse et le chant deviennent alors une manière de relâcher la pression et de reprendre un peu d’air.

Cette idée est reprise dans le clip à travers un décor très visuel, dominé par un champ de fleurs et la couleur rouge. Cassien y apparaît parfois seul, parfois démultiplié, parfois réduit à une silhouette ou à quelques fragments de son corps. Les images jouent sur ces différentes facettes de lui-même et sur l’écart entre ce que l’on ressent et ce que l’on montre. Une façon simple de mettre en images ce besoin de lâcher prise et de faire un peu de paix avec soi-même.

Daphné Dauvillier – Je ne veux pas d’enfant !

Parolière, compositrice et interprète, Daphné Dauvillier construit une chanson française nourrie de folk. Dans « Je ne veux pas d’enfant ! », elle part d’une certitude qui finit par vaciller. La maternité est ici abordée autrement, à travers la naissance d’un lien de belle-mère et cette place que l’on n’avait pas forcément imaginé occuper un jour. Le texte reste pudique et sans grands effets. Ce nouveau titre ouvre une série de sorties avant un album attendu en janvier 2027.

Le clip choisit lui aussi la discrétion. Aucun personnage ne vient occuper le centre de l’image : on traverse plutôt un jardin où apparaissent des statues, de l’eau, une table dressée, une piscine ou encore un petit bateau. Celui-ci passe d’un point d’eau à l’autre comme un fil conducteur, jusqu’à cette statue d’enfant qui apparaît à la fin. L’enfance est donc bien présente, mais toujours par petites touches, sans jamais être montrée directement.

The Amber Day – American Dream

The Amber Day est un groupe franco-américain qui aime mélanger pop, folk et couleurs plus électriques. À l’approche de son nouvel album Acronym, attendu le 30 octobre, le groupe dévoile « American dream », un titre qui s’intéresse à cette idée de réussite qu’il faudrait atteindre coûte que coûte. Besoin de validation, pression sociale, manque d’argent, recherche permanente d’un petit shoot de dopamine : sous ses airs lumineux, le morceau parle surtout de tout ce qui finit par peser. Et comme il reste entraînant et chaleureux, le décalage avec le fond fonctionne encore mieux.

Ce rêve américain est ramené dans le clip à une journée très ordinaire. Rachel Baum se lève, hésite devant ses vêtements, mange en regardant son téléphone, se brosse les dents, travaille sur son ordinateur, fait ses courses ou arrange quelques fleurs. Tout est coloré, propre, presque trop bien rangé, mais à force de répéter les mêmes gestes, une certaine lassitude finit par apparaître. Derrière l’image d’une vie qui semble parfaitement fonctionner, le quotidien tourne surtout en rond.

Fervents – #1

Le trio liégeois Fervents prépare la sortie de son premier album Service For The Sick, attendu le 9 octobre. « #1 », qui ouvre le disque, s’attaque à cette course permanente qui pousse à vouloir être le meilleur, aller plus loin et finir devant les autres. Le morceau monte peu à peu en tension avant de devenir plus pressant, comme si cette envie d’être « numéro un » finissait elle-même par tourner à vide. Une bonne manière d’entrer dans l’univers nerveux du groupe.

Pour la lyric vidéo, Fervents choisit au contraire de ralentir. Les trois membres apparaissent seuls au milieu de grands paysages, marchant sur des sentiers ou s’arrêtant face à l’horizon. Les paroles de la chanson viennent ponctuer les images et jouer sur la place que l’on pense occuper. Au milieu des montagnes et des forêts, la course au classement semble tout de suite beaucoup moins importante.

Almost Rose – What you feel 

Almost Rose s’attarde sur ces relations qui attirent autant qu’elles abîment. Dans « What you feel », le doute et le désir finissent par prendre toute la place, jusqu’à faire perdre le recul nécessaire pour comprendre ce qui se joue. Le morceau garde cette tension du début à la fin, sans chercher à rendre la situation plus douce qu’elle ne l’est.

Réalisé par Leonora Schlünz, le visualizer reprend des images du court-métrage Act Normal, attendu le 18 septembre. Plans serrés, visages tendus, bar baigné de lumières chaudes et paroles incrustées à l’écran reviennent tout au long de la vidéo. Les mêmes images semblent revenir encore et encore, comme cette relation dont il devient difficile de sortir.