Chaque fin de semaine, la rédaction de Phenixwebtv.com vous propose une sélection des nouveaux clips qui font l’actualité. Découvertes, coups de cœur et retours d’artistes confirmés composent ce nouveau rendez-vous musical en images.

LadanivaMargarita

Duo franco-arménien formé par Jaklin Baghdasaryan et Louis Thomas, Ladaniva mélange depuis ses débuts pop, folk et influences arméniennes. Après « Yasaman », le groupe revient avec « Margarita », un morceau beaucoup plus frontal dans ce qu’il raconte. Jaklin y pose une limite très claire face à quelqu’un qui parle beaucoup mais n’entend pas le refus. Le texte va droit au but, porté par un rythme dansant qui évite au morceau de devenir lourd, et annonce aussi un nouvel album attendu en novembre.

Réalisé par Artur Ustyan, le clip transforme cette tension en virée entre filles. Jaklin roule entourée de plusieurs femmes, s’arrête dans une supérette, danse autour d’une vieille voiture puis reprend la route. Les images passent d’un groupe en mouvement à des plans plus décalés, jusqu’à l’apparition d’un musicien devant une station-service. Là où les paroles posent une limite, la vidéo répond par un groupe qui prend l’espace, bouge ensemble et ne demande la permission à personne.

IzaeMini miss

Après « comment t’as pu t’en aller ? », Izae qu’on a aperçu sur scène le mois dernier au Cabaret Vert, revient avec un morceau où le doute prend presque toute la place. Dans « Mini miss », il avance avec cette impression de ne jamais vraiment savoir où se mettre, tout en gardant assez de recul pour rire un peu de ses propres angoisses. Le titre repose justement sur ce décalage entre une énergie très nerveuse et des paroles où reviennent la peur, la fatigue et cette envie de disparaître du regard des autres.

La lyric vidéo reste très simple en mettant en scène Izae qui chante seul sur une plage au coucher du soleil, marche, court au ralenti et retient sa robe tandis que la vie continue derrière lui. Les paroles apparaissent directement à l’image, comme si elles accompagnaient ce flot de pensées qu’il n’arrive plus vraiment à contenir. Le décor, immense autour de lui, accentue encore ce contraste entre ce qui se passe à l’extérieur et tout ce qui s’agite dans sa tête.

Stéfany RydelL’Avarice

Stéfany Rydel poursuit son projet autour des Sept Péchés Capitaux avec le nouvel extrait « L’avarice », qui raconte surtout ce que l’argent finit par enlever quand il devient une obsession. Son personnage possède tout, mais ne profite de rien. Il compte, garde, surveille, accumule, jusqu’à transformer sa fortune en refuge puis en prison. Le titre repose justement sur ce décalage entre ce qu’il possède et ce qui lui manque. Plus les chiffres montent, plus sa vie semble vide.

A l’image, cette solitude devient très concrète chercher à la compliquer. L’homme apparaît presque toujours seul, devant son miroir, à table, dans son bureau ou couché au milieu des billets. En parallèle, Stéfany Rydel chante entourée de ses musiciens puis partage un repas avec des proches, pendant que lui observe cette vie à distance. Peu à peu, l’argent prend toute la place, sans jamais réussir à combler ce vide.

CascadeurLes temps perdus 

Quinze ans après ses débuts, Cascadeur regarde moins le chemin parcouru que ce qu’il en reste. « Les temps perdus » parle de ces moments que l’on pensait derrière soi mais qui reviennent parfois sans prévenir. Le Français rapproche encore un peu plus la chanson de la confidence. Pas besoin d’en faire trop : il laisse simplement la mélancolie s’installer, sans chercher à la rendre plus grande qu’elle ne l’est.

La lyric vidéo prend une direction beaucoup plus graphique. Sur fond noir, rouge et blanc, son petit personnage traverse les mots, court, chute, repart et semble parfois emporté par eux. Les paroles ne se contentent donc pas d’apparaître à l’écran, elles deviennent une partie du décor. Une idée simple qui donne beaucoup de mouvement à l’ensemble et colle bien au morceau, comme si les souvenirs finissaient par prendre corps autour de lui.

Louise XIVParfum fraise 

Après leur passage remarqué au Cabaret Vert, Louise XIV revient avec « Parfum fraise », un morceau qui règle ses comptes sans perdre le sourire. Derrière son titre presque innocent, le trio parle surtout d’une relation dont il ne reste plus grand-chose à sauver. Les mots sont acides, parfois très directs, mais le morceau garde quelque chose de joueur, comme si tourner la page passait aussi par le fait de pouvoir enfin en rire.

La lyric vidéo pousse encore ce décalage dans la même veine que celle de « Café latte ». Une assiette tourne en boucle pendant que les paroles apparaissent en rose, autour d’un croque-monsieur, d’un œuf et d’un petit mannequin articulé. C’est volontairement absurde, presque kitsch, et justement très efficace. Pendant que le texte devient de plus en plus mordant, l’image reste sage, colorée et répétitive. Un contraste simple qui colle bien à l’ironie du morceau.

TVODBottomless pit

TVOD est de ces groupes qui semblent avoir autant besoin de la scène que du studio. « Bottomless pit » en donne une nouvelle preuve avec un morceau tendu, rapide et volontairement chaotique. Tout avance sans vraiment laisser le temps de souffler, comme si le groupe cherchait à retrouver sur disque ce qui fait aussi la force de ses concerts : le mouvement, le bruit et cette impression que tout peut partir dans tous les sens.

La vidéo va justement chercher ce qui se passe autour des concerts, sans de mise en scène particulière. Le groupe rassemble des images de tournée, entre balances, trajets, coulisses, moments d’attente et salles qui finissent en pagaille. La qualité varie d’un plan à l’autre, certaines séquences ressemblant presque à des vidéos retrouvées au fond d’un téléphone. Entre fatigue, blagues et agitation, le groupe se raconte presque autant dans les à-côtés que sur scène.

Bleu SatelliteL’ancolie

Bleu Satellite construit depuis plusieurs années un univers à part, entre pop alternative, images très cinématographiques et racines caribéennes de plus en plus présentes dans ses morceaux. Sur « L’ancolie », extrait de son prochain EP, ces influences prennent encore un peu plus de place. Le titre parle de mélancolie sans chercher à l’alourdir, elle en fait quelque chose que l’on accepte, que l’on traverse et sur lequel on peut même danser.

Le clip suit cette même douceur avec l’artiste qui chante face à la mer, parfois seule, parfois auprès du guitariste qui ouvre et referme la vidéo avec elle. Des images verticales et des fleurs viennent se glisser dans le montage comme des fragments de souvenirs. Le décor reste simple, mais il suffit à créer cette impression de calme qui accompagne tout le morceau.

Jean-Paul Groove (ft Charles) – Seul.e

Jean-Paul Groove, trio bruxellois qui aime bousculer les frontières entre électronique et jeu live, prépare l’arrivée de Digital Therapy, attendu le 2 octobre. Pour « Seul.e », le groupe s’entoure de Charles et accélère le tempo sans perdre le fil émotionnel. Le morceau parle de ce moment où quelqu’un s’en va et où tout ce qui semblait tenir debout devient soudain plus fragile. La voix de Charles apporte cette tension entre peur de rester seule et besoin malgré tout d’avancer.

Le clip part lui aussi de cette idée d’isolement. Charles apparaît seule dans une pièce presque vide, puis face à un micro dans une ambiance qui rappelle un vieux cabaret, tandis que trois silhouettes restent en retrait autour d’elle. Peu à peu, l’image s’ouvre et le morceau prend une autre ampleur lorsqu’elle rejoint une configuration plus proche du concert. Ce passage de la solitude à la présence des autres accompagne bien le titre en partant d’un face-à-face avec soi-même avant de retrouver du mouvement et du collectif.

Bad Bad BirdFontaine varia

Bad Bad Bird revient avec « Fontaine varia », premier morceau écrit depuis qu’elle est devenue mère. Derrière ce titre très doux se cache une période beaucoup moins tranquille, marquée par l’attente, les rendez-vous médicaux et les inquiétudes liées à la grossesse. La plage de Fontaine Varia devient alors un endroit où souffler quand tout se bouscule. La chanson garde ce contraste entre apaisement et débordement, avec des guitares qui prennent peu à peu plus de place sans effacer la fragilité du texte.

Réalisé par Benoît Aubert, le clip retourne justement sur cette plage, où l’artiste y arrive à vélo et traverse les alentours au fil d’une journée entre mer, forêt et chemins côtiers. Rien n’est vraiment raconté au sens classique, on la voit pédaler, s’arrêter, se baigner, regarder autour d’elle. Cette simplicité fonctionne bien avec le morceau et donne surtout l’impression de retrouver un lieu devenu familier. Ce dernier prend alors une autre dimension, celle d’un endroit où revenir quand il faut respirer un peu.