Chaque fin de semaine, la rédaction de Phenixwebtv.com vous propose une sélection des nouveaux clips qui font l’actualité. Découvertes, coups de cœur et retours d’artistes confirmés composent ce nouveau rendez-vous musical en images.

Noé PreszowLes rues de l’humanité 

Après « Y a un monde », dévoilé en août, Noé Preszow nous invite à regarder ceux qui traversent les maux de la vie avec « Les rues de l’humanité ». Le Bruxellois y rassemble des fragments de vies que l’on croise sans toujours les voir : un couple agressé, une prof à bout, un exilé, des parents endeuillés, une agricultrice contrainte d’abandonner son troupeau ou encore une jeunesse gagnée par l’angoisse. Entre inquiétude et espoir, l’auteur de « À nous » raconte surtout des vies bousculées qui continuent malgré tout d’avancer.

Noir et blanc, cadre serré, presque aucun décor : Noé Preszow reste face caméra pendant que les mots prennent toute la place. La réalisation, signée avec Gaston Pépin Struye, joue surtout sur de petits déplacements du cadre, comme lorsqu’il descend vers ses mains tremblantes au moment où il évoque l’alcool, avant de revenir sur son visage. Tout repose alors sur sa présence, ses gestes et les mots qu’il déroule face à nous.

MadamBullshit

Trio toulousain formé autour d’un rock nerveux et très frontal, Madam s’était fait plus discret ces derniers mois après la sortie de Thanks for the Noise et une longue série de concerts. « Bullshit » marque aujourd’hui leur retour avec un morceau né d’une amitié qui se termine et des dégâts qu’elle peut laisser. Plutôt que de rester dans la déception, le groupe choisit d’en faire quelque chose de plus combatif, jusqu’à un refrain où tout finit par lâcher. Une manière de retrouver leur énergie sans donner l’impression de rejouer exactement la même partition.

Pour accompagner cette tension, le groupe est filmé en pleine performance pendant qu’un ensemble de danseurs et danseuses occupe l’espace autour de lui. Plus le morceau avance, plus les corps se déchaînent, jusqu’à cette pluie qui finit par s’abattre sur les musiciennes et accentue encore l’impression de lâcher prise. Chorégraphiées par Maryne Bernard, les séquences dansées donnent une autre forme à la colère du morceau, plus collective et physique.

Marie-FloreDemain 

Trois mois après sa sortie, Marie-Flore planche à nouveau sur « Demain » avec une version acoustique enregistrée et mixée par Baptiste Mathieu Homo. La chanson garde cette même peur très simple et très humaine de voir les sentiments changer avec le temps. « J’ai peur de demain, peur que tu me veuilles un peu moins… » : dans cette nouvelle version, le morceau laisse encore davantage de place à cette inquiétude intime, presque dite à voix basse.

Seule au piano dans une pièce aux airs de studio, Marie-Flore mise ici sur la sobriété. Signée Kevin Brunner, la vidéo s’attarde sur son visage, ses mains sur le clavier, puis revient simplement à l’interprétation. Il n’est pas nécessaire ici d’en faire trop, tout repose sur la voix, le piano et ce que le morceau laisse entendre.

Eddy de prettoSous influence 

Comme nous vous le présentions la semaine dernière, Eddy de Pretto ouvre la voie vers son quatrième album avec « Sous influence ». Le morceau s’intéresse à tout ce qui finit par peser sur nos choix : le regard des autres, les habitudes, l’envie de suivre le mouvement tout en prétendant rester libre. L’artiste ne se place pas au-dessus de ce qu’il décrit et s’inclut lui-même dans cette mécanique, jusqu’à faire passer le « je » au « nous ».

Deux semaines après le visualizer, Eddy donne cette fois beaucoup plus de mouvement au titre dans un clip réalisé par Lara Cochon et tourné à l’Espace Niemeyer le 3 septembre. Installé au milieu du public, il chante pendant que les danseurs tournent autour de lui, se croisent, se rapprochent et semblent parfois l’entraîner avec eux. La caméra reste au plus près de cette agitation, tandis que les spectateurs filment la scène autour. Là où le visualizer montrait une lutte figée autour d’une corde, le clip transforme cette idée d’influence en mouvement collectif, comme si chacun finissait par agir sur l’autre.

LaknaMagdalena

Mercredi dernier, nous retrouvions Lakna sur la scène de la Boule Noire à l’occasion du festival Radiance. L’artiste suisse-burkinabè, qui navigue entre pop, néo-soul et R&B, poursuit aujourd’hui la route vers son premier album Kiwi avec la peau, attendu le 23 octobre, avec « Magdalena ». Cinquième extrait du disque, le morceau parle de cette drôle de bascule qui arrive quand on sent qu’on n’est plus tout à fait la même personne. Elle y avance entre envie de se protéger et besoin de continuer à ressentir, comme si cette nouvelle version d’elle-même devait encore apprendre à trouver sa place.

Dans un décor vert presque irréel, Lakna partage l’espace avec une danseuse et laisse toute la tension passer par leurs mouvements. Elles se cherchent, se répondent, se rapprochent puis prennent tour à tour l’ascendant, sans que l’on sache toujours qui guide l’autre. La vidéo reste volontairement abstraite et fait surtout sentir ce tiraillement entre deux états, sans chercher à construire un récit classique.

Caroline RoseHello again, Jim 

Après « Chow Mein », « Yip Yip Yow » et « Calm », Caroline Rose dévoile « Hello again, Jim », quatrième extrait de son prochain album Gentling the Horse at the Walt Whitman Mall, attendu le 23 octobre. Un nouveau morceau qui confirme une nouvelle fois le goût de l’artiste pour les changements de ton, elle qui passe régulièrement d’un univers musical à l’autre sans vraiment chercher à se fixer.

Tourné en un seul plan-séquence et interprété en direct, le clip place la chanteuse au fond d’un bar. Signée Chloe Aktaş, la réalisation suit aussi un homme incarné par Jimmi Simpson, continue d’abord à ranger la salle comme si le concert ne le concernait pas vraiment. Peu à peu, il s’arrête, écoute, puis finit par se laisser emporter jusqu’à danser derrière l’artiste. Quand la caméra le retrouve seul à la fin, tout retombe d’un coup, sans savoir ce que la chanson vient réellement de réveiller chez lui.

Précipité – Driven 

Précipité est le projet mené par François Clos, multi-instrumentiste, compositeur et ingénieur du son, également collaborateur régulier de Les Marquises. Trois ans après Naufrages, il revient avec State Police L.P., attendu le 13 novembre. « Driven », premier extrait du disque, repart d’un morceau déjà existant puisque l’artiste y réinvente « Conduit », qui refermait son précédent album. Le tempo ralentit, le marimba prend une place centrale et les deux batteries de Maxime Legrand et Stan Delanoy installent peu à peu une tension, avant l’arrivée des saxophones. Au milieu de cette course, le texte interroge notre place dans une machine que l’on continue d’alimenter tout en affirmant parfois ne pas pouvoir faire autrement.

Ici, pas vraiment de récit au sens classique. L’écran est découpé en une multitude de triangles qui recomposent tour à tour des paysages, des formes, une route ou encore le visage de François. Les couleurs changent, les figures se déforment et tout semble avancer sans réellement pouvoir s’arrêter. Certains passages donnent même la sensation d’être embarqué dans un tunnel à pleine vitesse. Tout repose sur cette impression de mouvement continu, comme si « Driven » ne pouvait jamais vraiment ralentir.

Olkan & La Vipère rougeTiko tnt 

Après « Bledajonca », Olkan & La Vipère Rouge nous présentent « Tiko TNT », un morceau qui donne surtout envie de bouger et de partir ailleurs. Le duo démarre sur des rythmes afro rapides, avant de laisser davantage de place aux guitares et aux références rock qui ont marqué leur jeunesse. Derrière cette énergie, le morceau parle surtout d’envie d’évasion, de lâcher prise et de voir jusqu’où la route peut mener.

La nuit lyonnaise devient le décor d’une virée Olkan et Mattis passent d’un lieu à l’autre, croisent du monde, jouent, dansent et skaten sans donner l’impression de suivre un programme précis. Certaines séquences paraissent presque prises sur le vif, avec ce côté un peu bricolé qui colle bien à l’énergie du morceau. Plus la nuit avance, plus tout devient imprévisible, jusqu’à donner l’impression qu’ils pourraient continuer comme ça jusqu’au matin.

Quentin SauvéHangover Blues 

Nouvel extrait de son album No Hard Feelings, attendu le 16 octobre, Quentin Sauvé signe son retour avec « Hangover Blues ». Habitué à mettre ses périodes les plus sombres en chansons, le musicien parle ici d’anxiété, d’insomnie, de dépression et de cette impression de tourner en rond sans trouver de sortie. Le morceau reste très intime, mais sans chercher à dramatiser. Il raconte surtout ces nuits qui deviennent trop longues, ces matins difficiles et les petites choses auxquelles on s’accroche pour continuer à avancer.

Pensée par Clara Griot et l’artiste, la vidéo enferme d’abord le morceau dans un noir et blanc assez froid, avant de laisser entrer quelques éclats de couleur. La présence du groupe ne change pas vraiment ce sentiment d’isolement, comme si Quentin Sauvé restait malgré tout seul au milieu des autres. Le clip garde cette tension jusqu’au bout, puis choisit une sortie très simple : partir, juste pour respirer un peu.

Roxane BruneauPourquoi j’écris 

Cette semaine, nous faisons connaissance avec Roxane Bruneau, artiste québécoise qui commence désormais à faire son chemin en France. Habituée à écrire sur ce qui la traverse, elle revient avec « Pourquoi j’écris », un titre où elle regarde cette fois directement son rapport à l’écriture. Derrière le succès, les salles pleines et tout ce qui s’est accéléré autour d’elle, elle raconte surtout le doute et ce besoin de poser les choses sur le papier pour ne pas se laisser emporter. Écrire n’apparaît donc pas seulement comme son métier, mais comme une manière de garder un point d’ancrage lorsque tout va trop vite.

Pour cette première partie, l’artiste et Izabelle Hamon choisissent un ton beaucoup plus léger. Le clip transforme une galerie commerciale fermée en terrain de jeu, entre concert improvisé, agents de sécurité dépassés et fuite générale lorsque tout tourne mal. L’énergie contraste franchement avec le fond plus intime du morceau et permet surtout de montrer une autre facette de Roxane, beaucoup plus joueuse. L’histoire reste volontairement en suspens : la suite arrivera dans une deuxième partie la semaine prochaine.

OmylLe jour et la nuit 

Omyl prépare son premier EP Rendez-vous et en dévoile un premier extrait avec « Le jour et la nuit ». L’artiste belge, qui navigue entre musique, théâtre et comédie musicale, s’intéresse ici à un couple que tout oppose. Les habitudes ne sont pas les mêmes, les réactions non plus, et pourtant l’envie de rester ensemble prend le dessus. Le morceau choisit donc de regarder les différences autrement, non pas comme ce qui éloigne forcément deux personnes, mais comme ce qui peut aussi faire tenir une histoire.

À l’image, Omyl et son partenaire passent leur temps à ne pas être sur la même longueur d’onde : l’un dort quand l’autre veut sortir, une fenêtre s’ouvre puis se referme, les petites tensions s’installent jusque dans la cuisine ou derrière un ordinateur. La vidéo garde pourtant beaucoup de légèreté, jusqu’aux derniers instants où ils finissent par se retrouver, s’embrasser puis danser ensemble. Malgré leurs différences, ils trouvent encore le moyen d’avancer à deux.

Lola SauvageotLes cigognes 

Lola Sauvageot dévoile « Les cigognes », deuxième extrait de son prochain EP Les Flammes, attendu début novembre. Le morceau raconte ce moment où l’on comprend qu’il faut partir d’une relation qui enferme, sans encore savoir comment s’en détacher. Derrière cette séparation apparaît aussi un désir de maternité impossible, qui ajoute une autre blessure à un texte traversé par le manque, l’emprise et la confusion. Peu à peu, le morceau laisse pourtant entrer quelque chose de plus ouvert. Les cigognes deviennent alors l’image d’un ailleurs encore lointain, mais vers lequel il devient possible de regarder.

Réalisé par Clothilde Evide, le clip mêle fond vert, animation image par image, encre de Chine et noir et blanc. Lola y apparaît aux côtés de son chat Ringo, dans un univers fermé où reviennent plusieurs signes de transformation et de départ. La métamorphose d’un escargot en papillon marque notamment un basculement, comme si quelque chose pouvait enfin changer, ou comme une personne qui cherche encore comment partir.