Cinq chansons, quelques histoires d’amour abîmées et beaucoup de choses que l’on aurait aimé dire autrement. Pour son premier EP, Les jours de pluie, Mathis Rivière, que nous avons découvert par hasard, puise dans ses propres blessures, et certaines de ses chansons ne nous ont pas quittés depuis.

Il y a quelques semaines, le premier EP de Mathis Rivière arrivait dans notre boîte mail. On pensait simplement l’écouter pour notre sélection des sorties de la semaine. Puis « L’homme le plus triste du square » est arrivé. Le jeune artiste y parle du temps perdu à gagner sa vie, des amis qui s’éloignent et de l’enfant qu’il était autrefois. Nous avons immédiatement pensé à nos propres regrets, à ces années qui filent et à toutes ces choses que l’on remet toujours à plus tard. On a réécouté le morceau plusieurs fois, avant de reprendre le disque depuis le début. Mathis venait de nous offrir l’une de ces découvertes que nous aimons tant faire.

La mélancolie à fleur de peau

Originaire de Montpellier et partageant aujourd’hui sa vie entre sa ville natale et Paris, Mathis Rivière écrit, compose et produit lui-même ses chansons. Son premier EP, Les jours de pluie, paru le 29 octobre, est né après trois ruptures et deux déménagements. Dans le morceau qui donne son nom au disque, l’amour s’est usé au fil du quotidien. Deux personnes partagent encore le même canapé, mais ne semblent plus vraiment se retrouver. « Reprends-moi » raconte un garçon qui reconnaît ses erreurs et ses promesses non tenues, tout en espérant qu’on lui laisse une nouvelle chance. Quant à « Comment rentrer chez soi », il évoque ces histoires que la distance finit par épuiser, entre les avions, les messages et les appels qui restent sans réponse. Mathis n’essaie pas de se présenter sous son meilleur jour, il accepte aussi de raconter ses maladresses.

Dans « C’était toi », qui referme l’EP, il s’accroche au souvenir d’une personne qu’il a aimée. Il voudrait ne rien oublier de son visage, de ses gestes, de son sourire, et imagine même ce qu’il pourrait raconter d’elle à ses futurs enfants. Cette chanson nous a également touchés, tant elle rappelle cette difficulté à accepter qu’une personne puisse disparaître de notre quotidien sans quitter complètement nos pensées. « J’écris pour que ce soit plus facile de se parler », confie Mathis. Cette phrase résume assez bien ce que nous avons ressenti en découvrant ses textes. Il raconte ses propres histoires, mais certaines ressemblent étrangement aux nôtres.

Jeudi soir, l’artiste célébrait la sortie de son EP aux Trois Baudets, à Paris. Nous aurions aimé être présents pour entendre ces chansons sur scène, mais nous n’avons malheureusement pas pu nous y rendre. Ce n’est, espérons-le, que partie remise. Cette découverte nous a donné envie de rencontrer le jeune artiste, de comprendre comment il écrit et ce qui se cache derrière cette sensibilité. En attendant, nous continuerons certainement d’écouter « L’homme le plus triste du square », cette chanson que nous n’étions pas venus chercher et qui nous a pourtant arrêtés net.