Imane Ayissi électrise la fin de la Fashion Week à Paris

Le rendez-vous a été donné au 79bis avenue Marceau, dans le très chic huitième arrondissement de Paris, à deux pas des champs Elysées, pour la présentation de la nouvelle collection Printemps-Eté 2018 du créateur Imane Ayissi intitulée « Héroes ».

L’accueil, assuré par un maitre de cérémonie entouré de jolies hôtesses, laisse déjà présager de ce que sera ce défilé qui a lieu à la fin de la fashion Week Parisienne.

Le lieu n’est pas en reste, le grand escalier qui mène jusqu’à la salle où aura lieu la présentation de la collection n’est pas en reste.

En arpentant ce majestueux bijou, vestige des temps anciens et en admirant les lustres au plafond, on comprend très vite que les choses s’annoncent bien.

En parcourant le feuillet à l’attention des invités, disposé sur chaque place, on a une idée sur l’origine de la présentation du jour.

Imane, après avoir défilé pour les plus grandes maisons tels que Dior, YSL, Lanvin… s’est mis depuis plusieurs années à son propre compte en présentant chaque année une nouvelle collection lors des fashions weeks parisiennes.

Cette année, l’inspiration qui lui a permis de réaliser cette collection vient de la lecture d’un livre de Jim Naughten intitulé « conflict and costume ».

Il est question dans ce livre de femmes « Hereros » qui arborent des robes victoriennes en patchwork faites de centaines de pièces de tissu assemblées.

On a peine le temps de lire qu’en relevant la tête on découvre une salle remplie.

Le décors en donc planté avec les photographes et caméramans qui essayent tant bien que mal, sur le podium qui leur est réservé, de trouver la bonne position pour la bonne prise de vue.

Il est 17h pile poil lorsque le premier mannequin fait son apparition sur la scène. Un silence parcourt la salle, perturbé par le crépitement des flashs de photographes et la musique de circonstance.

Vêtue d’une mini robe d’été verte, très quotidienne, le mannequin s’avance dans une démarche nonchalante qui donne du tonique à cette tenue décontractée.

La suite faite de prêt à porter, de robes en Parchwork du soir et de tenues pour l’hiver, épouse parfaitement l’identité de ce peuple de « Heroes », qui, l’histoire d’un soir de juillet 2018, électrise la fashion week parisienne.

Le créateur rend hommage ce soir, à ce peuple martyrisé, qu’il réhabilite en « Héros » de cette soirée.

Certains tissus ayant servi à la collection proviennent tout droit du Cameroun, le pays d’origine du créateur, comme cette robe teintée?violette ou ce tailleur pantalon quotidien.


32 passages au total qui laissent le public complètement sans voix.


L’apothéose se sera avec cette robe noire bustier porter élégamment par ce mannequin aux longues jambes et au crâne chauve qui parcourt la salle telle une déesse des contes de fées.


Là où beaucoup misent sur une robe de mariée conventionnelle, Imane choisit lui de terminer sur du noir.

Est-ce un clin d’œil à ce peuple tant opprimé ou une façon d’interpeler sur le côté obscur des conditions de travail de certaines petites mains ?

La réponse sera sans doute au prochain défilé, car après un bref salut entouré de ses mannequins « filles » (oui, Imane a choisi de faire défiler uniquement la gente féminine, un hommage sans doute), Imane file, comme il est apparu en backstage, certainement pour souffler et avoir les premières impressions.


Il peut se rassurer, elles sont plutôt bonnes. Le public a adoré le spectacle, « il m’a bluffé et continuera de me bluffer » me dira Éric, qui l’a connu depuis le Cameroun.
On ne demande qu’à être nous aussi « bluffé » les prochaines fois comme ce fut le cas aujourd’hui.