C’est l’histoire banale d’un trio familial, exclusivement masculin, incarné à l’écran par Benoît Poelvoorde, Vincent Lacoste et Mathieu Capella (la révélation de ce film, il crève l’écran). Trois générations différentes soudées qui se livrent à une introspection dans une comédie dramatique. Trois êtres inséparables qui gravitent les uns à côté des autres, à la fois acteurs et spectateurs de leur vie.

Mathieu Capella, Benoît Poelvoorde et Vincent Lacoste, dans le film « Deux fils » de Félix Moati.  / Le Pacte
Mathieu Capella, Benoît Poelvoorde et Vincent Lacoste, dans le film « Deux fils » de Félix Moati.  / Le Pacte

Joseph (Benoit Poelvoorde) qui vient de perdre son frère, « déraille complètement » et décide de mettre son activité médicale de côté pour se lancer dans la carrière d’écrivain. Joachim (Vincent Lacoste), son fils ainé, vit très mal sa dernière rupture amoureuse, ce qui a une incidence sur la thèse qu’il traine depuis deux ans, lui qui se destine à devenir le plus grand psychanalyste du monde. Quant au cadet Ivan, âgé de 13 ans (Mathieu Capella), il est en colère contre son père et son grand-frère, des modèles à ses yeux qu’il voit divaguer, tandis qu’il se retrouve livré à lui-même avec l’alcool et la cigarette comme compagnons. C’est d’ailleurs autour de lui que s’organise l’intrigue du film. Une famille en déséquilibre où la mère n’est plus présente.

L’Absence

Deux fils est un film touchant, qui explore l’univers du manque et de l’absence. Des personnes en situation de manque qui courent après une place vacante, l’absence d’un amour perdu.

Des promenades sans fin d’un père et de ses deux fils, qui n’ont d’autres occupations que d’errer à travers les rues de paris et de se tenir les coudes dans une forme de nonchalance déconcertante qui rappelle des scènes de Woody Allen filmant New-york. Une comédie de la vie dans la ville des amoureux, filmée comme un film noir, qui ne l’est pas en réalité.

Des références

Félix Moati suit le rythme de ce trio fragile et attachant dans leur environnement parisien tel Arnaud Desplechin dans Roubaix. Une comédie que le cinéaste a choisi de filmer tel un film noir à la James Gray, comme il l’explique dans a nos confrères d’Allociné « Suivre Vincent Lacoste dans le film comme James Gray suit Joaquin Phoenix dans Two Lovers. James Gray est très important, Woody Allen aussi. Il y a Scorsese, dans son rapport à la ville, à la rapidité, au mensonge, la quête de puissance un peu blessée. Il y a Bergman, pour suivre les personnages. François Truffaut, pour la manière de filmer les enfants. »

Un premier long métrage concluant pour le cinéaste qui nous avait bleffé dans « Gaspard va au Mariage » d’Antony Cordier, même si parfois, la trame narrative semble bancale, la musicalité vient combler ce vide et empêche le téléspectateur de se morfondre dans son siège à l’image de ce trio qui semble ne pas savoir où il va.

Une atmosphère un peu jazzy, un film personnel où l’humour côtoie la gravité, une conjugaison des deux tons que semble préférer Félix Moati et qui nous a touché.

Plus d’infos

Deux fils, Film français de Félix Moati.

Sortie : 13 février 2019

Avec Benoît Poelvoorde, Vincent Lacoste, Mathieu Capella

Durée : 1 h 30

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