No Money kids, Art Rock 2019. ©: @st_xsl1

No Money Kids confidentiel au festival Art Rock

Samedi 8 et dimanche 9 juin dernier, JM Paletan et Félix Kazablanca du duo No Money kids étaient invités par le festival Art Rock, à jouer sous le chapiteau installé sur la place du village. Si samedi, le public était plus familial à l’heure du diner, dimanche c’était plus Rock’n’Roll, avec un public déchainé prêt à camper sur place, pendant qu’à l’extérieur la tempête faisait rage.

La dernière fois qu’on a assisté à un concert du duo, c’était lors de la release party de leur dernier Album « Trouble » à la Maroquinerie à Paris. Une soirée Sold Out où les riffs de guitare se voulaient électriques.

No Money Kids sur la scène de La Maroquinerie à Paris. ©️: phenixwebzine
No Money Kids sur la scène de La Maroquinerie à Paris. ©️: phenixwebzine

Lire aussi : No Money Kids trouble la Maroquinerie

Vers une heure du matin, lessivé par ce show que d’aucuns qualifieront de la soirée qu’il ne fallait pas manquer au festival, Félix a bien voulu répondre à nos questions, pendant que son acolyte JM s’occupait à ranger leur materiel de rock qui cingle.

Un Kid les yeux dans les yeux

Salut Félix, merci de nous accorder cet aparté. Fin 2018, vous sortiez votre 3ème album « Trouble » et ce soir vous êtes sur la scène du village à l’occasion du festival Art Rock, qu’est-ce que ça fait ?

Félix : Ça nous a fait plaisir parce que ça fait longtemps qu’on n’était pas revenu jouer en Bretagne. Là on revient d’Italie, c’est marrant parce que l’album est sorti en novembre mais on ne commence à le travailler sur scène à partir de janvier. Du coup on est encore dans une phase où on apporte de nouvelles choses à chaque fois sur le set. Là on a découvert d’autres parties des chansons, c’est vraiment intéressant, parce que les gens étaient bien dedans et ça nous a permis d’aller un peu gratter de l’énergie.

S’il fallait comparer les deux soirées ?

Félix : Hier c’était plus familial, l’ambiance était plus bon enfant et ce soir c’était plus rock’n’roll. Ce soir c’était une bonne fin. Je pense que si on avait fait l’inverse on serait déçu, mais le faire dans ce sens-là, avec une bonne entrée en matière et d’arriver sur un dernier concert bien rock’n’roll, on a juste envie de dormir après, c’est mieux dans cet ordre-là.

Après « I Don’t Trust You » en 2015 et « Heart The Silence » en 2017, vous avez sorti « Trouble » en 2018. On sent une certaine continuité dans vos titres d’albums, est-ce l’effet recherché ?

Félix : Ce n’est pas conceptualisé pour le cheminement voulu, ce qui est sûr c’est qu’on reste quand même les mêmes personnes qui faisons la musique avec une essence qui est la même. Du coup c’est vrai qu’il y’a une continuité dans nos albums et peut être que malgré nous ils se retrouvent aussi dans les titres. On cherche le titre une fois qu’on a fini l’album, c’est souvent soit le mot qui nous vient, soit l’atmosphère qui en découle qui détermine le titre. À chaque fois c’est des choses soit de l’introspection, soit qui donnent à réfléchir.

Pochette de l'album "Trouble" de No money Kids.
Pochette de l’album « Trouble » de No money Kids.

Comment est-ce que vous vous définissez ? Dans l’album on a des parties plus pop, jazz… on se situe la frontière ?

C’est très dur de mettre des frontières vraiment claires parce que même nous, je pense qu’on a beaucoup d’influences. JM et moi avant on a eu beaucoup de groupes avec différents styles, je pense qu’on a cette faculté une fois qu’on est attaché à un style de musique d’être à fond dedans. Ça va durer peut-être un ou deux mois, mais on sera à fond dedans, ce qui fait qu’on va en retirer une petite décence. C’est vrai que c’est dur aujourd’hui dans notre musique de faire le tri entre tout ce qu’on a eu pendant notre parcours. Là les influences qu’on a sont très diverses, ça peut aller de Mike Davis à Robert Johnson. C’est des trucs qui sont souvent à l’opposé de nous, comme on est assez ouvert sur plein de trucs c’est vrai qu’on pioche parfois des choses.

Après j’avoue bien écouter la musique sans me prendre la tête et c’est vrai qu’il y a des musiques qui me font du bien. J’adore écouter Al Green alors que je n’en fait pas du Al Green

Quand on écoute les titres de l’album, on a l’impression que vous prenez position sur les sujets de société ou c’est plutôt un témoignage de votre quotidien ?

Félix: En fait, nous, à chaque fois c’est plus dans la situation de témoignage, c’est plus des personnages qui ne sont pas dans le processus de réflexion mais dans le témoignage de la vie quotidienne. C’est moi qui écrit les textes, j’essaie de pas prendre position moi-même par rapport à ce que le personnage vit dans la chanson. Mais de fait, je prends position en parlant de telle ou telle chose. On prend position, mais par le biais de personnage en action du coup c’est une prise de position au second degré.

Comment se passe le processus de composition dans votre duo ?

Félix: Moi en fait je compose tout le temps, même sur la route, je compose des guitare sons, la mélodie et les accords à la guitare sèche. Généralement après on va en studio avec JM, on enregistre une guitare voix, je le laisse réfléchir sur comment il voit l’ambiance etc. Il me fait une proposition sur la grosse direction du titre, après on retravaille les textures ensemble. Du coup la partie composition c’est plus moi et la partie arrangement c’est plus JM.

Félix et JM du duo No Money Kids
Félix et JM du duo No Money Kids

J’ai lu quelque part que nous êtes presque voisins, c’est vrai ?

Félix: Oui (il en rigole)

Ce n’est pas chiant d’être tout le temps ensemble ?

Félix: Non… en fait c’est pratique. Avant on n’était pas du tout voisins, il y avait paris qui nous séparait, sans parler du trafic, c’est une horreur. Pour bosser ensemble j’étais obligé de rester trois jours chez lui sinon je passais mon temps dans les transports. En gros là je viens d’avoir une petite fille, ce n’est pas ça qui a déterminé le déménagement de JM, mais en tout cas c’est vrai que ça nous a aidé le fait d’être voisins pour pouvoir travailler et avoir une logique de travail plus saine. Dans le sens où on pouvait se voir juste dix minutes pour travailler ou parler d’un morceau après moi je repartais chez moi. On avait l’esprit un peu plus libre qu’avant ou il fallait absolument qu’on termine la session studio avec une chanson. Là on a plus de recul, on est plus tranquille.

Le duo est appelé à évoluer ou vous restez sur ce format ?

Félix: Pour l’instant on reste ainsi… On n’est pas fermé à l’évolution, après ça restera toujours un duo puisque ça sera toujours JM et moi au devant de la scène, sinon ça n’aura pas de sens. Après pourquoi pas un autre musicien ou autre chose ? On pense à plein de choses, un Dj pourquoi pas. Il va peut-être évoluer sur le prochain album, il faut que ça ait un intérêt musical pour nous sinon ça ne marchera pas.

Pour JM ce sont les lunettes de soleil et pour toi le bonnet, d’où vient ce look ?

Félix : Comme tout le monde quand on monte un groupe, on se prend la tête sur le look, et c’est vrai qu’on a essayé plein de truc, parce qu’on sait très bien que le spectacle a une part particulière, du coup il faut un peu soigner son look. En fait on est revenu à ce qu’on était au départ, les lunettes de JM c’est ce qu’il met dans la vie et moi j’ai toujours été avec un chapeau ou un bonnet, du coup on a juste gardé ça. On préfère être bien avec nos fringues et se dire voilà, que de tester des trucs qui ne nous vont pas.

D’où vient le nom du groupe No Money Kids ? C’est un traumatisme d’enfance ou un coup de gueule de votre part ?

Félix: À la base c’est une chanson que j’avais écrit, elle parlait de ma grand-mère qui est espagnole et qui a connu la guerre civile en Espagne avec le Franquisme. Elle a fui en traversant l’Espagne à pied. Ma famille vient d’Andalousie, au bout de l’Espagne, mon arrière-grand-père est mort de faim sur la route. A l’époque en Espagne, il y avait beaucoup de mines un peu partout dans lesquels ils ont travaillé. C’est l’histoire de ma grand-mère No Money Kids, pour lui rendre hommage à la base. Après quand on a travaillé sur le projet ensemble il a fallu trouver un nom. On a eu plein de nom durant notre carrière qui ne voulaient rien dire et donc là pour le coup, on s’est dit qu’il fallait quelque chose qui fassent sens et voilà on a pris ça.

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