Après le sublime L’Amour, véritable poids lourd émotionnel qui avait touché un large public, Disiz revient avec On s’en rappellera pas, un projet plus éclaté et audacieux, qui explore de nouveaux horizons musicaux.
Il y a trois ans, L’Amour avait créé un espace profondément touchant, accompagnant ses auditeurs, dont l’auteur de ces lignes, dans des moments importants, chaque morceau semblant viser juste avec une précision quasi thérapeutique. On s’en rappellera pas prend une autre direction, plus expérimentale, qui parle différemment. Là où le précédent opus happait d’un bloc, ce nouvel album laisse parfois au bord de certaines pistes sans offrir la même identification émotionnelle. Ce quatorzième album ne cherche pas à reproduire le précédent. Il joue des contrastes entre rap incisif, mélodies pop et touches électro, parfois rock. Les fans de « Weekend Lover » ou de « Beaugarçonne » retrouveront dans « Fin », en feat avec Prinzly, un clin d’œil à l’ancien univers, mais revisité avec plus de profondeur.
Entre sensibilité, collaborations et expérimentations
« La Rosée » ouvre l’album sur une atmosphère intimiste, guitare et voix posées, rappelant la douceur de l’opus précédent. Avec « Try Try Try, », Disiz échange avec Kid Cudi dans un dialogue bilingue mêlant rap et mélodie : espoir et sensibilité se croisent, comme une réconciliation entre force et émotion. La délicatesse revient dans « Babichou » avec IIiona, un titre court et suspendu dans le temps, tandis que « Melodrama », avec Theodora, pulse davantage : rap énergique, dialogues vocaux chaleureux, un morceau où la fragilité devient force. Le titre est devenu un tube populaire sur les plateformes.
L’humour et la poésie ponctuent les histoires de cœur légères : « Surfeur », co-écrit avec Laurent Voulzy, raconte une séduction ratée avec tendresse et drôlerie. « Paraboy » explore la solitude et la promesse avec une écriture contemplative. D’autres titres, comme « Coppola » ou « Rire de pleurer », naviguent entre sensualité et émotion brute, tandis que le morceau titre, « On s’en rappellera pas », réfléchit sur le temps, la mémoire et l’amour familial, avec une chaleur humaine traversant l’ensemble de l’album.
Nous fera-t-il s’en rappeler ?
Malgré cette dispersion, On s’en rappellera pas confirme un artiste en constante évolution, qui ose et continue de surprendre. Les Olympia de janvier 2026, remplis en quelques heures, et les dates supplémentaires témoignent de l’attachement fidèle du public à un Disiz toujours en mouvement. L’album n’atteint peut-être pas la puissance émotionnelle frontale de L’Amour, mais il explore de nouvelles textures et collaborations, offrant une écoute captivante entre intimité et expérimentation.
Ce 14e opus trouvera peut-être pleinement son écho avec le temps, Disiz est de ces artistes qui vieillissent bien dans les oreilles. Même si ce projet bouleverse moins, il conserve un intérêt et une curiosité renouvelée pour la suite.
