Le vendredi 17 avril, à Bourges, nous avons rencontré Jasmine Not Jafar, deux jours après leur passage aux Les Inouïs du Printemps de Bourges et à la veille de la remise des prix. Encore portées par l’intensité du live, elles reviennent sur leur performance, leur univers et la suite.

Sélectionné aux Inouïs du Printemps de Bourges, Jasmine Not Jafar ne fait pas dans la demi-mesure. En clôture de la première soirée, le duo a marqué les esprits avec un set intense, avant de décrocher quelques jours plus tard le Prix Public Riffx 2026. Une trajectoire qui s’accélère.

« Notre terrain de jeu, c’est la scène. »

Chez Jasmine Not Jafar, tout commence là. Machines, voix, tension : leur musique prend toute son ampleur en live. « Un concert où cette connexion ne se fait pas, il est forcément moins bien. » Le duo cherche avant tout cette interaction directe avec le public. Quand elle opère, l’effet est immédiat :  « Une spectatrice nous a dit qu’elle ne s’était pas lâchée comme ça depuis des années. » Un retour qui résume bien leur intention : créer un espace où le public peut se libérer. Une esthétique libre, entre techno et rave-pop.

Difficile de les enfermer dans une case. Jasmine Not Jafar navigue entre techno, pop, électro ou encore hyperpop, et préfère aujourd’hui parler de « rave-pop ». « On vient du jazz, de la soul… et tout ça vient se greffer au projet. » Une hybridation assumée, nourrie par leurs parcours respectifs. Sur scène, cette identité se traduit par une configuration fidèle d’un concert à l’autre : « On a toujours cette disposition-là, ce scénario. » Seul le format évolue selon les contextes, mais l’intention reste la même.

Un engagement qui s’impose naturellement

Si leur musique porte des thématiques engagées, rien n’a été décidé à l’avance. Le projet s’est construit dans la pratique. « On ne s’est pas dit : on est féministes donc on va faire de la musique entre femmes. C’était une nécessité pour bien vivre notre métier. » Cette approche se retrouve dans leurs morceaux, où la question de la liberté revient souvent. Leur single Dancing Like a Nobody’s Watching en est une illustration : « On essaie de se libérer du regard des autres. C’est un gros message de liberté. » Sur scène, cette idée prend une dimension concrète. « Ce qu’on vit nous, et ce qu’on fait vivre aux gens, ça crée quelque chose de très fort. » Une énergie collective, portée par la danse et le partage.

Les Inouïs, une étape dans un parcours déjà lancé

Présentes dans le paysage musical depuis plusieurs années, les deux artistes connaissent déjà les dispositifs d’accompagnement. Cette sélection s’inscrit dans une continuité. « On connaît depuis un moment… on a été beaucoup accompagnées. » L’annonce reste un moment fort : « On l’attendait… et quand c’est arrivé, c’était beaucoup de joie. » Représenter la région Centre-Val de Loire n’a jamais été vécu comme une pression : « C’est plus de la motivation que de la pression. On est heureuses de représenter la région. » Et face à la compétition, le regard reste simple : « C’est déjà cool d’être là. » Le Prix Public Riffx vient aujourd’hui confirmer leur lien avec le public.

Après Bourges, Jasmine Not Jafar enchaîne. Une cinquantaine de dates se dessine, avec plusieurs festivals et de nouvelles sorties à venir. « On n’a jamais été autant portées par un projet que maintenant. » Un single est attendu dans les prochaines semaines, avant un EP prévu à l’automne. « Pour l’instant, on est bien. On savoure. » Après Bourges, une chose est sûre : le duo avance avec une dynamique solide et un public déjà au rendez-vous.