13 h d’avion. 7 h de train. 20 minutes de concert. Le 15 avril dernier, Super Plage débarquait au Printemps de Bourgesavec Grosse Maison dans les valises. Nous sommes allés à sa rencontre.

Quelques heures avant de monter sur scène au Printemps de Bourges, Super Plage découvre encore Bourges avec un enthousiasme presque enfantin. « Ça fait longtemps que je n’ai pas vu du soleil et que je n’ai pas pu me promener en tee-shirt », sourit-il. Le Québécois, arrivé après « 13 heures d’avion et 7 heures de train », découvre aussi une ville dont il ne connaissait finalement pas grand-chose : « On m’avait dit que c’était assez médiéval. Tout ça reste un peu inconcret jusqu’à ce qu’on y mette les pieds. »

Bienvenue dans sa Grosse Maison

Depuis la sortie de Grosse Maison le 16 mai dernier, Super Plage continue de faire évoluer son électro-pop solaire vers quelque chose de plus frontal, plus club. « J’ai essayé d’y aller dans une optique un peu plus house, un peu plus spontanée et un peu plus éclatée », explique-t-il. Une direction qui prend tout son sens sur scène.

Au Triangle, il apparaît veste jaune sur le dos, guitare en bandoulière, vernis rose au bout des doigts. En chaussettes devant le public, détail discret mais révélateur d’un concert sans distance ni artifices. À ses côtés, une batteuse et une musicienne qui alterne guitare et chant. Un trio qu’il défend avec conviction : « Quand il y a la possibilité de le faire en trio, je trouve que ça donne une meilleure idée de ce que le spectacle peut être. »

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Entre La Femme et l’Imperatrice

L’album, pensé pour les DJ sets autant que pour l’écoute, garde en live cette énergie mouvante. « C’est tout le temps un peu des remixes », raconte-t-il. « Moi je joue de la guitare, du synthé et un petit clin d’œil de thérémine. » Puis il cite spontanément deux influences qui éclairent immédiatement la proposition : « Ça se déploie un peu comme La Femme en formule réduite, dans une espèce d’hybride avec L’Impératrice. »

Sur scène, Grosse Maison perd un peu de son vernis électronique pour gagner en proximité. Les morceaux respirent davantage, les voix circulent naturellement entre les musiciens, et cette volonté de spontanéité traverse tout le concert. Pas de grande mise en scène ni de discours interminables. Juste des chansons qui avancent simplement, portées par une vraie sincérité.

Quelques jours plus tôt, Super Plage nous confiait avoir voulu construire Grosse Maison « comme une playlist », avec l’envie de varier les textures et les ambiances sans perdre le fil. House, disco, drum and bass : tout cohabite sans jamais donner l’impression d’un exercice de style. « Je voulais quelque chose d’un peu plus adapté aux dancefloors, aux DJ sets », expliquait-il encore.

Au Printemps de Bourges, cette intention devient concrète. Et même dans un format court, Super Plage réussit à installer son univers : lumineux, un peu fragile parfois, mais profondément vivant.